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RECUEIL
DE
VOYAGES ET DE MÉMOIRES
PUBLIÉ
PAR LA SOCIÉTÉ DR GÉOGRAPHIE
PARIS
CHEZ ARTHUS BERTRAND, LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ
RUE HAUTE FEUILLE, N° 21
V . ■ * • i
MDCCCLXVI
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RECUEIL
DE
VOYAGES ET DE MÉMOIRES
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OUVRAGES PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE.
RECUEIL DE VOYAGES ET DE MÉMOIRES.
( Chaque volume se vend séparément .)
Tome l ar , contenant les Voyages de Marco Polo : un volume in-4 a (épuùé).
Tome II (i re et 2 a parties), avec 18 planches. Prix, 18 fr.
Contenant : 1° Une Relation de Ghanat et des Coutumes de ses habitants ;
2° Des Relations inédites de la Cyrénaïque ;
3° Une Notice sur la mesure géométrique de quelques sommités des Alpes ;
4° Résultats des questions adressées à un Maure de Tischit et à un Nègre de Walet ;
5° Réponses aux questions de la Société sur l’Afrique septentrionale ;
6° Un Itinéraire de Constantinople à la Mecque ;
7° Une Description des ruines découvertes près de Palenqué *, suivie de Recherches
sur l’ancienne population de l'Amérique ;
8° Une Notice sur la carte générale des pachalicks de Hkaleb, Orfa et Bagdad ;
9° Un Mémoire sur la Géographie delà Pgrse|
10° Des Recherches sur les ftntiqtités ém Êtats»Ufti9 de l'Amérique septentrionale.
Tome III, contenant l’Orographie de l’Europe, par M. L. Bruguière, ouvrage couronné par la
Société dans sa séance générale du 31 mars 1826, avec une carte orographique.
15 tableaux synoptiques, et vues des principales chaînes de montagnes. Prix, 20 fr.
Tome IV. Avec une carte et plusieurs fac-similé . Prix, 30 fr.
Contenant : 1° Description des merveilles d’une partie de l’Asie, par le P. Jordan, de Sévérac ;
2° Relation d'un voyage à l’tle d'Amat, d’aprèe les manvscrits de M. Henri Ternaux ;
3° Vocabulaires de plusieurs contrées de l’Afrique, d'après M. Kœnig ;
4° Voyages en Orient de Guillaume de Rubruk ;
5° Notice sur les anciens voyages de Tartane en général, et sur celui de Jean du
Plan de Carpin en particulier; avec une carte, par M. D’Avezac ;
6° Relation de la Tartarie de Jean du Plan de Carpin ;
7° Voyage de Bernard et de ses compagnons en Égypte et en Terre-Sainte ;
8° Relation des voyages de Sævulf à Jérusalem et en Terre-Sainte.
Tome V et VI, contenant la géographie d'Edrisi, traduite de l'arabe en français, d'après deux
manuscrits de la Bibliothèque du Roi, et accompagnée de notes, par P. Amé-
dée Jaubert, membre de l’Institut, etc., avec 3 cartes. Prix, 24 francs chaque
volume.
Tome Vil. Avec 5 cartes. Prix, 24 fr.
Contenant: 1° Grammaire et Dictionnaire delà langue berbère, de Venture de Paradis, revus
par P. Amédée Jaubert ;
2° Mémoire sur la partie méridionale de l'Asie centrale, par Nicolas de Kbanikof ;
3° Recherches sur Tyr et Palœtyr, par P. A. Poulain de Bossay ;
4° Essais de restitution et d’interprétation d’un passage de Scylax, par P. A. Poulain
de Bossay.
BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ.
Ce Recueil parait tous les mois, par numéros de cinq à six feuilles : les douze cahiers forment,
à la fin de l’année, deux volumes in-8o, avec planches.
Prix : pour Paris, 15 fr. ; pour les départements, 18 fr. ; pour l’étranger, 20 fr.
l re série, 20 vol., de 1821 à 1833.
2 a série, 20 vol., de 1834 à 1843.
3 a série, 14 vol., de 1844 à 1850.
4 a série, 20 vol., de 1851 à 1860.
5 a série, 10 vol., de 18G1 à 1866.
Pari». — Imprimerie de Ë. Martinet, rue Mignon, 2.
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MÉMOIRE
SUR
L’ETHNOGRAPHIE DE LA PERSE
NICOLAS DE KHANlKOf*
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MÉMOIRE
SUR
L’ETHNOGRAPHIE DE LA PERSE
NICOLAS DE KHANIKOf
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MÉMOIRE
SUR
L’ETHNOGRAPHIE DE LA PERSE
INTRODUCTION
Igyofttihüité sehoraar au Khorasaan pour établir la caractère ethnographique des
populations qui l'habitant. — Néoessité d’étudier la question ethnographique de la
Perse dans toute l’étendue de la région occupée par la race iranienne. — Nouveauté
da sujet. — Insuffisance des réeuftata obtenus par les auteurs qui ont traité' cette
question. — Causas principales de ostto insuffisaace : a.) Manière erronée d ’ea-
viaager les relations de voyagea; 6.) difficultés réelles du sujet; c.) rapports qui
existent entre les voyageurs et la science ethnographique. — Critique des appareils
employés dans les recherches ethnographiques. — Difficultés de représenter exac-
tement par as dessin lait » lsmai», le type d'une nalioasltté antre que eaUe du des-
tUateuc. — Néeeaak&da remplacer ces, dessins par des moulages ou par des photo-
graphies. —Immense avantage de la méthode héliographiqne sur le moulage direct.
— Conclusion générale.
Je terminais mon mémoire sur la partie méridionale de l'Asie
centrale (i\ par la promesse de traiter, dans un second travail, la
question de l’ethnographie du Khorassan j mais en coordonnant
les matériaux que j’ai recueillis à ce sujet pendant mon voyage,
j’ai bientôt reconnu L’impossibilité de ma renfermer strictement
dam l’espace de cette seule province de l’empire persan. Le
tableau de sa population clair-semée ne présenterait, pour l’étude
des races du continent asiatique, rien de complet ni d’intéressant.
(4) Voyez Recueil de voyages et de mémoires t publié par la Société de Géographie,
t. VII, p. 237 et 8uiv.
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A l’ethnographie de la perse.
Les différentes tribus qui parcourent ses vastes plaines et ses
montagnes arides, les habitants de ses villes et de ses villages anti-
ques, ne forment qu'une fraction minime d’une grande popula-
tion, maîtresse, depuis des temps immémoriaux, du sol où nous
la trouvons actuellement, et où son passé, tantôt glorieux, tantôt
triste, a laissé des traces ineffaçables. Ainsi, ce n’est qu’en con-
sidérant la nation iranienne dans son vaste ensemble, que nous
pouvons espérer de reconnaître quelques faits généraux qui nous
permettront de classer exactement chacun de ses membres dans la
grande famille humaine.
Malgré le nombre considérable d'ouvrages où des chapitres
entiers sont consacrés à la description delà population delà Perse,
je crois pouvoir dire , sans exagération, que l’ethnographie de la
race iranienne est un sujet complètement neuf (1). La raison en
est facile à reconnaître. L’empire persan, déchu de son antique
splendeur, a gardé un vaste territoire peu accessible aux voyageurs
européens, tant à cause de son étendue qu’en raison de l’aridité
des déserts qui le traversent. Aussi jamais aucun étranger ne
l'a-t-il visité dans toutes ses parties , et parmi les indigènes eux-
mêmes il en est seulement un petit nombre qui ont eu l'occasion
de le faire; de sorte que les conclusions ethnographiques des
voyageurs, comme Chardin, Dupré et autres, qui ont essayé de
tracer un tableau général des populations de l’empire, n’ont été
basées, la plupart du temps, que sur des inductions, sur des géné-
ralisations d’observations partielles, faites sur un nombre d’indi-
vidus comparativement restreint. Quelquefois même, ces déduc-
(t) Depuis que j'ai écrit cette introduction, M. Spiegel a publié ses importantes re-
cherches sur la Perse, sous le titre de Eran, dai Land xwischen dtm Indus und Tigris.
Dne grande partie de cet ouvrage est consacrée à l'ethnographie du pays ; mate le
savant professeur d’Erlangen traite cette matière en historien et en philologue, en sorte
que même après cet excellent travail, la Iacone qui existait dans nos connaissances des
caractères physiques de la race iranienne demande beaucoup ie recherches poor être
comblée, et ouvre un vaste champ à l’activité de toute une génération de voyageurs et
d'observateurs.
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l’ethnogbaphie de la perse.
5
tidns étaient fondées uniquement sur des relations orales qui
partout, mais surtout en Orient, doivent être acceptées avec beau-
coup de réserve. D’un autre côté, l’uniformité apparente de la
langue, du costume , des usages et de la religion, a fait que les
voyageurs ont conclu peut-être trop légèrement à l’unité absolue
de race, et la possibilité même de rechercher des différences
d’origine parmi les habitants des diverses parties de l’empire, se
présentait rarement à leur esprit.
Pour donner une idée approximative de la valeur des résultats
ethnographiques obtenus par tes voyageurs , nous empruntons à
quelques traités généraux de cette science l’exposé des traits princi-
paux dont on se sert pour caractériser les peuples de race iranienne.
Nous les prendrons d’abord dans l’ouvrage sommaire , mais riche
en dodnées essentielles, de M. d’Omalius d’Halloy, intitulé : « Des
races humaines , ou Éléments d'ethnographie, et dans les Grundzüge der
« Ethnographie » de M. Perty, publication qui jouit en Allemagne
d’une réputation très-solide et justement méritée.
M. d’Omalius , ayant rapporté la famille persique au rameau
araméen, dit page 36 : Caractères généraux. « Les peuples que nous
» réunissons sous la dénomination du rameau araméen ont géné-
» râlement des cheveux et des yeux noirs, un teint plus suscep-
» tible de brunir à l’action du soleil que celui des Européens, une
» figure expressive, une taille moyenne. » Plus loin ( page A3 ), il
dit : « Les peuples de la famille persique avaient, de même que
» ceux de la famille sémitique, atteint dans l’antiquité une civili-
» sation qui a plutôt reculé qu’avancé. Nous avons déjà fait con-
» naître que leurs langues appartiennent au groupe que les lin-
» guistes ont nommé tndo^uropéen et que l’on considère comme
» originaire des plateaux.de la Perse et du Turkestan , d’où elles
» se seraient répandues dans l’Hindoustan et en Europe; mais
» nous sommes porté à croire que ces langues auraient, au con-
» traire, été introduites en Asie par des Européens qui auraient
» fait des conquêtes dans cette partie de la terre avant les temps
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l’ethnographie de la perse.
» historiques, et qui seraient parvenus à modifier fortement la
» langue des peuples conquis tout en se fondant dans ces der-
» nier s. » Enfin, page /t/l, nous lisons Les Tadjikssent, en géaé-
» ral, bien faits ; leur barbe est noire et très-fournie, ils sent gais,
» spirituels, actifs, mais légers, aimant le luxe et le cérémonial. »
M. Perty place les Persans dans la race arienne-océanique dont
les caractères généraux, selon lui, sont (page 70) : « Tête ovale ,
» front ouvert, nez proéminent, pommettes des joues peu ou point
» saillantes. Yeux placés horizontalement, souvent bleus, cheveux
» blonds, bruns et noirs, barbe trèl-fournie. Couleur de la peau
» plus eu moins blanche, joues rougeâtres;» à la page 82 et 88, noua
lisons: a Les Persans ou Tadjiks, comme ils se nomment eux-
» mêmes, forment une population très-répandue en Asie. Elle
» occupe le plateau de l’Iran jusqu’à l’indus; on la trouve même
» dans le Touran et dans la partie occidentale de la haute Asie.
» Ils ont formé en Russie et en Sibérie des colonies... Les Tadjiks
» de la Perse moderne sont de taille moyenne ; la couleur de
» leur peau est claire, leur esprit est vif et irascible. Leurs ma-
» nières sont polies, mais leur caractère, sous l’influence d’un
» gouvernement despotique, est devenu faux, rampant , sensuel
» et fourbe. » Pour faire mieux ressortir l’insuffisance de ces des-
criptions, empruntons le portrait de L’Hindou tracé par la main
magistrale de W. Schlegel dans son mémoire : On ihe origine of
the Hindous ( Trans . of tkt R. S. of littérature, vol. IL, part. 11
18â/»). « Le visage d’une forme ovale , le front élevé et dominant
» les parties inférieures, les pommettes des joues efiacées, les
» yeux placés horizontalement , grands , quoique voilés, par
» d’épaisses paupières, et surtout bien fendus; un nés saillant et
» souvent aquilin» dont l’arête est bien marquée, les ailes rappro-
» cbées et s’élargissant peu, l’ouverture des narines tournée vers
» le bas; les deux rangées de dents placées verticalement l’une
» au-dessus de l’autre, la bouche petite, délicatement tracée et
» bordée de lèvres modiquement gonflées;, le menton arrondi;
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t’ETnNOGBAPIHE DE T.A PERSE.
7
» enfin les cheveux noirs, longs, soyeux et ondoyants , mais non
» crépus ; diez les hommes k l’âge viril , une barbe touffue , qui ,
» si elle u’ert pas coupée, pousse jusqu’à une grande longueur j
» ajoutez à cela une taille svelte, surtout chez les femmes, une
» belle propevtion entre la hauteur des jambes et des cuisses, et
» lu partie du corps comprise entre les épaules et les hanches, des
» mains et des pieds «L’une élégance remarquable. » Plus loin , il
observe lui-même que ce portrait ferait classer les Hindous dans
la race blanche, tandis qu’ils sont noirs , et il tourne cette diffi-
culté, en disant que la couleur noire des habitants de l’Inde n’est
pas celle des races noires proprement dites. U propose , en con-
séquence, d’appeler la race blanche, race à peau transparente,
sujette à se modifier facilement sous l’influence fies différents
milieux.
Ainsi nous voyonstrois juges très-compétents employer presque
les mêmes termes, pour décrire des Persans et des Hindous, c’est-
à-dire deux peuples qu’il est tout aussi impossible de confondre,
quand on les a vus, qu’il est difficile do les distinguer d’après
leur signalement ethnographique. Cela ne tient pas à quelque
imperfection particulière aux savants auteurs que je viens de citer.
On aurait beau parcourir tous les traités d’ethnographie, partout
on trouverait les mêmes expressions vagues, quoique exactes par
leur grande généralité , mais ne donnant aucun détail exclusive-
ment propre à la race qu’ils ont pour but de décrire. Cependant,
si un tel fait prouve clairement l’insuffisance des moyens dont
dispose la science pour distinguer les différents peuples entre
eux, il serait injuste de rendre les etlyiographe* seuls respon-
sables de cette imperfection. Bien plutôt c’est aux voyageurs
qu’il faudrait adresser oes reproches, car c’est dans leurs rela-
tions que l'ethnographe va chercher des détails morphologiques
dont si a besoin, et c’est leur faute s’ils n’observent pas avec assez
d’attention les différences essentielles qui existent entre les carac-
tères extérieurs des différents peuples qu’ils visitent.
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8
l'ethnographie de la perse.
Mais s’il en est ainsi, il serait intéressant de relever plus en
détail les raisons principales du peu de services rendus par les
voyageurs en Perse à l’ethnographie de la race iranienne. Ces
raisons, selon moi, peuvent être ramenées à trois chefs dis-
tincts. Le premier dépend de la manière défectueuse d’envisager,
en général , la forme des relations de voyages ; le second tient
aux difficultés réelles inhérentes à un sujet compliqué et peu
étudié ; le troisième dépend des imperfections de la science
ethnographique elle-même, trop nouvelle encore pour être par-
faite. "
Les relations de voyages , depuis Hérodote jusqu’à Alexandre
Dumas, n’ont guère été considérées, par la grande masse du public,
que comme lies productions littéraires occupant le milieu entre
le roman et les ouvrages sérieux. Leur succès dépendait pres-
que exclusivement de l’art déployé par le voyageur en vue
d’instruire le lecteur, en l’amusant. Voilà pourquoi tant de livres
de ce genre ne sont remplis que de récits émouvants, de détails
sur les aventures personnelles des voyageurs, de descriptions
pittoresques, bref, de choses d’une valeur scientifique assez mé-
diocre, et où les génératiqns futures chercheraient en vain quel-
ques renseignements utiles, pour établir une comparaison entre le
présent et le passé d’un pays. On a tâché même de prouver que
cette méthode d’écrire les voyages était sérieuse et instructive.
On a prétendu que pour tracer un tableau exact des mœurs et du <
caractère d’un peuple, il fallait le surprendre, pour ainsi dire,
sur le fait de son activité quotidienne. Mais, dans cette appréciation
trop bienveillante d’une méthode évidemment erronée, on n’a pas
fait attention à ceci : c’est que dans un pays éloigné commelaPerse,
par exemple, les rapports qui s’établissent entre les indigènes et
le voyageur européen ne sont pas du tout des faits habituels aux
premiers. Presque jamais un étranger, parcourant plus ou moins
rapidement une contrée, n’a le bonheur de nouer des rapports
naturels avec l’indigène. Cent fois sur dix, il risque de rencontrer
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. •*
L’ ETHNOGRAPHIE DE U. PERSE* 9
ou un individu qui lui présente lps choses sous un faux joigr. pour
Iqj donner une haute idée de «a patrie, ou, ,ce qui est p$ encore,
* un malveillant qui la considère <$mme un ennemi venu pour
épier, <Jans un but hostile., les côtéq faibles de sa terre natale, et que
par consésment il croit q/dle de dérouler dans ses investigations.
Aussi jeelcjk avouer qu’ayant lu le plus attentivement que je l’ai pu
f tmite%les relations j}es voyageurs anciens et modernes spr^p Perse,
j’ai constaté que leur intérêt véritable et scientifique esê toujours
en jraison inverse de leur richesse en anec^dBp et en. récits d’aven-
ture^erVonn elles. 11 est incontestable quedfes relations du genre
». de celles de Scoresby et du baron de Humboldt ne peuvent guère
compter sur un succès éphémère du moment, tandis que des tissus
,djjpéripéties plu^ç.u moins extraordinaites^obtien^hront à leur
début un plus grand nombre de lecteurs j mais d’on peut être sûr
dÜjtti que les premières dureront plus longtemps dans la mémoire
jÉflbmmes. Ta postérité studieuse ne se lassera pas de les con-
sulter comme des recueils ^ faits authentiques, tant que.llétude
• de notre globe intéressera ses. habitants. 11 est clair que cette ma-
nière d’envisager la tâche du voyageur doit exercer une influence
fâcheuse-sur les recherches ethnographiques comme sur tout autre
genre de recherches sérieuses, qui, après de pénibles labeurs, ne
fournissent que quelques chiffres isolés, quelques résultats où la
s personnalité de l’explorateur disparait presque entièrement.
4£jÿasson8 maintenant .à l’examen des difficultés qui entourent
toute recherche ethnographique en Perse. Placé dans un milieu
complétaient nouveau pour lui |pus tous les rapports , le
voyageur est exposé, à chaque pas, à interpréter d’une manière
e erronée les faits qu’il observe. Quoi de plus simple, au premier
a£prd, T que de dresser une liste exacte des peuplades ou des tribus
qu’oq a rencontrées dans son voyage? il semble iju’il suffise, de
noter exactement leurs noms, pour que la liste en soit fai£e. Mais
911 en Orient une pareille liste serait pleine d’inexactitudes, si en la
composant on ne prenait pour.guidçs constants les annales na-?
vm. % 2
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-10
E’tTHHeGEâPHB Bft IA PERSE.
tion aies. Les exemples ne manquent pas ; mais peur lemoment je
me bornerai k n’en citer qtf unsedl, formant, pour ainsi dire, afae
«rreur stéréotypée . Jeveire'pmflerdesC’ftafcjeeen*. tribu nomade fes
environs d’Ardébil. On les considère presque toujours comme re-
présentant une peuplade distincte, tandis qu'il est bien avéré
■que oettetribu étant composée de familles appartenant à toutes les
tribus ‘turques nomades del’Aderbeidjan, sa formation ne remonte
qu’à l’époque de Chah-Ismaïl , le premier Séfévide régnant. 'Ces
capriees ethnographiques, inhérents à T état nomade des popula-
tions d’une grande partie de l’Asie centrale, méritent une atten- .
tion toute particulière, fis nous expliquent naturellement corn- *
ment les listes des penales mentionnés dans les inscriptions de
Darius, celfts qui sont - rapportées par Hérodotéet parles géogra-
phes anciens, de -même que les nomenclatures que l’on peut tirer
des auteurs arabes et persans antérieurs k l’invasion des
gbols, celles que donnent les ouvrages des écrivains postérieurs
à la conquête de la Perse par flalacou, et enfinles listes composées
par lés "voyageurs européens, ont tant de dissemblance entre*
«lies.
*La difficulté très-réelle que je viens de signaler, dans une re-
cherche tout à fait ‘élémentaire , prend on caractère encore plus
grare quand il s’agît de déterminer les habitations originaires des
différents groupes de la population persane. (Partout où l'homme i
a au -se placer en dehors des caprices de ses sembMHes , l’mfflÉtt
tion prédise de la localité occupée par une race quelconque pré-
sente un 'véritable intérêt ethnographique, tandis qu’en Asie dlle
ri'est intéressante qu’a ‘la condition d’être accompagnée d’un 'long
.^Commentaire historique. La volonté despotique des souverains y *
détermine -souvent des déplacements et de véritables trâiftmdfr-
tions de populations, presque impossibles ailleurs. L’historre de
l’Asie centrale nous fournira dans tous les sièdles des exemrplesde
ces changements ethnographiques. Au surplus, *on comiaît'l’habi-
tude des Arabes des premiers siècles de l’hégire, de transporter des
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O-
L’^MOGBAPHE DE tk PERSE. 11
tribus* errantes jusqu'alors- ror le sol ingrat de leur patrie, dan»
lefchelles provinces, des vastes patys qu'ils envahirent bientôt après
«IqilAontde leur prophète. Le» khat^pt» de Khi va -et de Boukhara
nous ont conservé jusqu! à présent des spécimens de ces colons
nomades.. Les souverain* monghols sfétdfolissaient très-loin de
leur pajs„a.veG les clansqui formaient leurs apanages. Les khans
Ouzbèks forcèrent à plusieurs reprises les habitant» de Merv de
venir se fixer à§armacande. ChafhriVbbas-le-GranflbHnplantnib des
populations arméniennes à lspahan, et transportait des Géorgiens
aux. environs de Kaadahar. Nadir— Chah, peuplait d’À%han» les
plaines du Mazandéran, transférait de» tribu» nomades de fibiraz
dans le Séistan, forçait des Géorgiens à s’établir dans le Khorassan ,
et. les successeurs- de. ce» vois imitent leur «temple- jusqu' à nos
^ *j5aurs. Ainsi, il est évident que l'indication isolée de l'habitation
d’une peuplade ou d’uae tribu, bous offre-peu d’intérêt, car nous’
ne pouvons, jamais âbrobirh swr» que cette- population se trouve
dans un. endroit donné pac-L’expansién naturelle de la raco dbnt
|| elle fait partie,, ou par Üaveugle caprice: d’un despote absolu.
Cette indication, ne commence a^avens-det L’importance qpe lorsque
lu voyageur prend la- peine ^l'entourer de quelque» détails chro-
nologiques et historiques «pi’on ne- pouezait attendre que de lui,
car les faits intimes de ht société orientale laissent peu de traces
dan» la» annale» écrites , et il faut aller les chercher dans les tra-
ditions orales des peuples, qui- le» conservent religieusement pen-
dant des séries de siècle». "
Tout, signalant le* difficultés qu’il s’agit de vaincre dans
ce geptffc de. reaherofta», je suis, loin de nier fubitité des listes
• ethnographiques^ meme sous-une forme imparfaite. Car s’il est
vqp cgtt l’humeur capricieuse des souveraine orientaux pfeut faci-
lement créée dans les, pays soumis, à leurs volonté» des éléments
nouveaux d& population- portant des nom» inconnus jusqu’alors,
eta’il est vrai qu’elle peut groupée aes trihus d ; une manière arbi-
traire, iliui est beaucoup plusdiffietle, sinon impossible, deles faire
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.12
L’ETHNOGRAPHIE DK LA PEME.
disparaître du nombre des peuples existants. On connaît la haine
violente et implacable que Tamerlan, dans tout l’éclat de sa puis-
sance, a voué k- la petite tri|u turque du mouton noir. t II l’avait. 1
pourchassée del’Aderbeidjan jusqu’en Égypte, il en tuait les repré-
sentants partout où il pouvait les atteindre, et néanmoins il n’a
jamais pu la détruire complètement; de nos jours, encore elle
existe dans les environs de Khoï. Combien de fois les souverains
de la Perse n’ont- ils pas pris les mêmes mesures contre les Louris,
et sans plus de succès. Dans le siècle actuel, Mouhammed-Rahim,
khan de Khiva, employa tousses efforts pour anéan tirla malheureuse
peuplade des Karakalpaks; il les força k venir camper sur les
îles de la mer d’Aral, situées en face de l’embouchure de l’Oxus,
et là, où toute fuite paraissait- impossible, il les extermina avec
une énergie féroce. Néanmoins, un demi-siècle de repos a suffi
pour que les descendants de ces mêmes Karakalpaks puissent de
nouveau figurer «vec honneur parmi les tribus nomades de l’Asie
centrale. L’extermination perfide des Bilbas, tribu kourde, par
Ahmed-Khan gouverneur de Maragha et contemporain du khan
de Khiva que nous venons de'mentionner, n’a pas mieux réussi.
Ce clan, fortement ébranlé, n’en existeras moins dans les plaines
fertiles de Sououdj-Boulaq. Ces exemples prouvent assez que les
listes des populations d'un pays sont très-importantes par les
résultats que peut fournir leur comparaison ; mais malheureuse-
ment, parmi les nombreux voyageurs en Perse, il n’y en a que
très-peu qui aient songé k dresser de telles listes. Le manque d’at-
tention touchant les indications de l’histoire d’un peuple a souvent
été funeste non-seulement aux conclusions ethnographiques
‘des voyageurs, mais encore k celles de savants distingués, tels
que Prichard, qui ont voulu résumer les observations puisée*
dans les relations des voyages, et les ériger en doctrines
scientifiques. Ainsi Prichard, frappé par la différence que pré-
sente le type tatare, k l’occident de l’habitation de cette race,
avec celui des régions orientales des pays qu’elle occupe, a eu
3
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l’bthnogiaphie de la perse.
13
l’idée de l’attribuer à la différence de leur nourriture et à celle de
leur genre de vie. Je n’aurats pas relevé cette erreur, si tout der-
nièrement un savant de premier ordre, M. de Baer, bien autre-
ment compétent 'dans les questions ethnographiques que l’infati-
gable auteur anglais, ne l’avait soutenue de tout le poids de son
autorité scientifique. A la réunion des anthropologues à Goët-
tingue, le 24 septembre 1861 , l’illustre physiologiste s’exprimait
ainsi : « Pour ce qui est de la grande influence du genre de vie
' » et surtout de la nourriture (sur la forme extérieure de l’homme)
«les Tatares semblent nous offrir un exemple frappant. Les
» Tatares de Kasan n’ont pas du tout des faces larges ni des
» pommettes saillantes , mais au contraire ils ont des faces
. » étroites, très-souvent, longues, avee un nez très-proéminent,
» ayant souvent la forme recourbée des becs des oiseaux de proie.
» Leurs crânes présentent une forme moyenne sans dimension
» dominante dans aucun sens. J’ai trouvé les Tatares de la vallée
» du Kour encore plus beaux ; chez eux disparaît même cette
» expression de vaurien qu’on croit devoir reprocher à la figure
b du Tatare du Volga. D’où vient donc que d’autres Tatares, qui
• * » habitent les steppes du Volga et de l’Oural, voisins de ceux de
» Kasan et parlant la même langue que ces derniers, ont des faces
«plus larges, un nez moins proéminent, plus épaté, et qu’en
» général, ils ont un aspect plus rude ? J’en cherche la cause, tout
» comme Prichard, dans la différence de leur manière de vivre,
» car j’observe expressément qu’il ne s’agit pas ici de nationa-
» lités différentes, réunies par un ethnographe sous un nom collec-
b tif, mais d’un peuple qui se considère lui-même comme un et
» indivisible, b Puis, M. de Baer fait observer que les Tatares
de Kasan et de la Transcaucasie sont agriculteurs, tandis que les
autres sont nomades, et il croit pouvoir expliquer la différence
de leur extérieur par leur nourriture animale et leur habitude de
vivre sous des tentes. Si l’illustre savant de Pétersbourg avait
jpoussé ses excursions un peu plus à l’est chez les Bachkires et un
14 L’ETHNOGHAPRIE DE LA PESâfi»
peu plus au sud chez le» Tatares de l’Adbrbeid)Mi,.U aurait ren-
contré des Tatares nomade*,, avec les memes traite que ceux de
Kasan. et de la vaüéa du Kour, et il aurait vu que L’explication de
Prichard manque de fondement. Il aurait été frappé, en combinant
ses observations, avec Les indications de l’histoire, que le type pri-
mitif du TatareY améliore partout où il se rencontre avec des races
différentes de la sienne. Nous Le constatons chez les Tatares du.
Volga et d’Orembourg qui se sont mélangés avec des races
finoises; nous le voyons dans la Transcaucasie et dans l’Aderbeid-
jan, où ils se sont rencontrés avec la raaa iranienne; nous, le
trouvons enfin chez Les Tatarés de l’Asie Mineure, qui se sont
croisés avec les peuples de race sémitique. Si ce changement
n’est pas un effet pur et simple du croisement des races, dans tous
les cas il n’a rien à faire avec la manière de vivre de ces peuple»,
car, je le répétâtes Bachkires nomades, et les Tatares nomades de
l’Aderbeidjan, ne diffèrent en rien des Bachkires agriculteurs et des ■
Tatares villageois. Ces transformations s’opèrent assez vite dan6 *
beaucoup de races ; ainsi, en 1816, plusieurs csat ai nés de familles
du Wurtemberg sont venues s'établir près de Tiflis et dan» le dis-
trict d’ElisabethpoL Les premiers colonsétaient des houotnead'une %
laideur peu commune, avec des faces larges et carnées, des cheveux
blonds ou roux et des yeux bleus j la seconde génération s’était
déjà visiblement améliorée et les cheveux comme les> yeux noirs
n’étaient pas rares parmi «ux ; mais la troisième était, tellement
transformée, qp’on avait peine à admettre son origine wür-
tembergeoise. Presque tous le» jeune» gens de cette troisième gé-
nération ont des yeux noirs, des cheveux châtains,, leursfaces sont
allongées, leur stature n’a rien perdu de sa hauteur, mai». il» sont
sveltes et bien» faits, et L’épaisseur des formes de leurs aïeux »
complètement disparu. le ne saurais expliquer ce changement
extérieur, tout considérable qu'il soit, que par L'influence dut
milieu,, car Les femmes sont chastes, Les celona. allemands dan» le
Caucase, ne ae marient qu’cntre.eux, et je u& ceanaispa* un seul
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, l'ethnographie de la perse. 15
exemple de mniage entre un’Würteirtbergeois et une Géorgienne.
Luconnajusarnee imparfaite des mœurs et des coutumes du pays
est pour l'ethnographe une nouvelle source d'erreur , d’autant
plus dangereuse qu’elle porte presque toujours sur les qualités
physiques du peuple qu’il décrit, La manière dont «un peupl
apprécie la beauté, dont 4 comprend l’hygiène et conçoit les
plaisirs de la vie; ses occupations quotidiennes, sa nourriture, son
ameublement, ses vêtements, sa chaussure, etc., influent sur les
Tormes ultérieures du corps qui sont plus sujettes à éprouver des
variations. Ain silat aille, la coloration de la peau, l’abondance des
nheteux, l’embonpoint, la forme des pieds et des jambes, celle du
crâne, etc., peuvent et doivent servir, sans le moindre doute, d’in-
dices précieux pour distinguer une race d’une autre; mais évidem-
ment c’est à la condition, d’être observés dans leur état de nature,
et non pas sons un aspect factice, résultant des transformations
artificielles déterminées par l’influence des coutumes du pays. *Or,
pour discerner dans la conformation des individus d’une nation,
ce qui «St naturel de ce qui ne l’est pas, il faut nécessairement
oonnàttre leshabitudesdecette nation. 'Leplussouvertt les pratiques
employées pour changer 'les formes -de certaines parties du corps
sont as sec connues pour ne pas -échapper b l’ Observation ta plus
vulgpire. Personne n’acceptera les petits piieds des Chinoises, ou
■les jambes arquées des Turcomans, peur des formes naturelles.
Mais il n’en eBt pas toujours de même : les sourcils Téunis qu’on
rencontre assez souvent en Perse, et phrtôt dhez les femmes que
chez les hommes, l’allongement extraordinaire des mamelles
observé dhez les •Groenlandaises , et qu’on retrouvevrussi en Perse
chez les femmes nomades, qui allaitent leurs enfants deboüt, en
mardhant et a cheval, la forme allongée du crâne chez les Lou-
rîs, etc. , sont des caractères faciles à confondre avec des phéno-
mènes naturels, La connaissance des détails de ht vie intime du
peuple fait surtout défaut chez les voyageurs en Perse, quand par
hasard ils veulent expliquer la fréquence de certaines maladies «u
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14) ' l’ethnographie de la perse.
*
de certaines difformités. Ainsi le teint mat et cadavéreux des vil-
lageois, dans quelques localités de ce pays, est souvent attribué à
tort à l’influence du climat, tandis qu’il provient simplement de
la fâcheuse habitude qu’ont quelques Persans de se faire copieuse-
ment saigner à chaque nouvelle lune. Les cas extrêmement nom-
breux de calvitie et de teigne ne viennent pas tant, comme le
croient certains voyageurs, de la malpropreté des enfants, que
de l’habitude de leur faire garder constamment sur la tête des
bonnets de laine adhérant exactement à la peau du crâne. Les
maux d’yeux ne tiennent pas non plus, autant qu’on le croit, à la *
qualité saline du sol, mais, à ce qu’il me parait, à la fâcheuse cou-
tume des villageois orientaux de dépiquer leurs grains non en les
vannant, mais en les secouapt à l’aide d’une pelle dans un forP
courant d’air, après les avoir fkifr préalablement fouler aux pieds
des chevaux. Cette opération remplit l’atmosphère de brins de
paille imperceptibles, qui irritent les paupières des villageois
beaucoup plus que les poussière^ salines transportées par le vent.
Non-seulement cette maladie augmente d’intensité en automne
après la moisson, mais les nomades, établis sur le même sol salin, '*
en sont moins affectés que les populations rurales.
Souvent ces deux sources d’erreurs , c’est-à-dire l’ignorance de
l’histoire du pays et l’ignorance de ses mœurs, se commuent
ensemble et en produisent une troisième, qui porte le voyageur
soit à chercher des points de repère fictifs entre l’ordre de choses
établi en Europe et celui qu’il observe en Asie , soit à se tromper
sur la valeur et la signification des faits ethnographiques qu’il est
à même de recueillir. Ainsi un observateur consciencieux et à qui
l’ethnographie de la Perse doit beaucoup, M. Dupré , a été induit
en erreur par une notion incomplète de l’organisation militaire
des tribus nomades de l’empire persan. Frappé parla classification
officielle de ces peuplades, soi-disant d’après les langues qu’elles
parlent, ifa cru trouver dans cette orgânisation une analogie avçc
un usage suivi dans l’ordre de Malte , où les éhevaliers étaient
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17
L'ETHNOGRAPHIE DE I.A PERSE.
rangés d’après les langues : de France, de Languedoc, de Pro-
vence, de Castille, etc. Une plus grande connaissante des us et
coutumes des chancelleries persanes où il a puisé ces renseigne-
ments, l’aurait mis en garde contre quelques inexactitudes ethno-
graphiques figurant sur sa liste. Tels sont, par exemple, le clas-
sement des familles kourdes parmi les populations nomades de
langue turque ; la transformation de tribus persanes d’origine et
de langue, en nomades de langue arabe, « ne parlant plus, comme
« il le dit lui-même (page Ù66), l’idiome de Leurs pères, et s’expri-
« mant en persan commun. » 11 se serait facilement aperçu que les
employés du fisc persan, en classant sous une rubrique commune
peux de leurs contribuables dont les habitations se touchent, ont été
bien moins préoccupés de la rigueur d’une classification scienti-
fique, que du besoin de pouvoir retrouver rapidement les détails de
leur service, llaurait pu savoir, de pliis,que le respect religieuxin-
spirépar les premiers conquérants arabes de la Perse suffit pour
expliquer le désir des chefs de clans de rattacher leur origine à
l’un de ces zélés musulmans; et qu’ainsi, très-souvent, les secta-
teurs d’un santon célèbre prennent son nom pour celui de leur
tribu, sans appartenir le moins du monde à la nationalité de leur
premier chef. C’ésl donc a tort que Dupré classe les Bestamis
parmi les tribus arabes, car même en admettant que le cheikh
Bayazid de Bastam fut Arabe d’origine, ce qui est fort douteux, il
est incontestable que les descendants actuels de ses premiers sec-
tateurs du troisième siècle de l’hégire, qui portent son nom, n’ont
pas une goutte de sang sémitique dans les veines.
L’ignorance de la philologie, chez la plupart des voyageurs qui
ont visité la Perse, a exercé, sans le moindre doute, une influence
fâcheuse sur leurs recherches ethnographiques dans ce pays.
Cette science est trop moderne pour être introduite même dans
l’instruction secondaire ; si l’étude des langues étrangères est
assez répandue en Europe, il n’en est pas de même de l’étude
comparéedes idiolhes.Lc temps n’est paséloïgné où, par exemple,
vin. 3
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18
l'ethkogkaphie de la perse.
on considérait les patois comme des déformation» barbares de la
langue littéraire et qu’ils ne méritaient en aucune façon l’attention
des érudits. En effet, il y a cinq ans a peine que l’éloquent auteur
de l’Histoire de la langue française prenait la peine de prouver aux
lecteurs du Journal des savants (septembre, novembre et décembre
1857 et janvier 1858) que le patois n’est pas « une corruption de.
« l’idiome cultivé, qui, tombé eu des bouches mal apprises, y subit
» tous les supplices de la distorsion, » mais qu’au contraire c’est
un tout organique, riehe en faits de langue et très-utile pour la
connaissance du passé d’un peuple; Les dialecte» mêmes ne sont
pas plus tenus en honneur que les patois, et il n’est pas étonnant
que parmi tant de voyageurs anciens et modernes de laPerse, il n’y
en ait que trois, MM. Chodzkm, Berezinc et Dora, qui rient songé
à étudier les dialectes de ces pays. Quant aux patois iranien», il»
n’ont été jusqu’à présent l’objet d’aucune recherche.
L’importance de cette matière m’oblige à m’y arrêter un instant;
je citerai quelques passages deTexeira et de Chardin, deux explo-
rateurs connus pour l’exactitude et l’étendue des renseignement»
qu’ils ont fournis sur la Perse, et l’on verra combien Us sont pau-
vres en détails philologiques. Texeira se borne à dire qu’on peut
distinguer dans le persan trois dialectes principaux, le chirazi, le
rouslaki et le hurmouzi ; que le premier est une langue polie et élé-
gante, usité surtout à Chiraz ; que le second est vulgaire et rude, et
que le troisième est impur, plein de locutions étrangères et impro-
pres ; que de plus, il y a des provinces de l’empire persan où l’on
parle des idiomes tout h fait différents.
Plus explicite sous certains rapports, Chardin en dit encore
moins sur les dialectes du persan. Je crois bon d’extraire du se-
cond volume de son voyage les observations les plu» essentielles
qu’il donne sur la langue du pays : « Les Persans se servent de
» trois langues du persan proprement dit, qui est la langue natu-
» relie de leur empire; du turques que, et de l’arabe. On n’en connaît
» point d’autres en Perse... Le persan est la langue de la poésie, dés
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I,’ ETHNOGRAPHIE DE LA PERSE.
19
» belles-lettres et du peuple en général. Le turquesqne est la bm*
t gue des années et de la coor, on n’v parle que turc... J’ai ob-
» servé dans mon premier volume qu’on parle plus le turc que le
» persan dans le royaume de Perse, depuis les frontières occi-
» dentales et méridionales jusque bien avant dans la Parthide, et
» persan dans le reste de l’empire... La langue persane est une
✓ » langue moderne, née depuis le grand changement de religion
» arrivé en Perse... Quant à l’ancien persan, c’est une langue
» perdue, on n’en trouve ni livres ni documents... Les Guèbres,
» qui sont les restes des Perses ou Ignicoles, q.ui se perpétuent de
» père en fils depuis la destruction de leur monarchie, ont un
» idiome particulier, mais on le croit plutôt un jargon que leur
» ancienne langue. Ils disent que leurs prêtres, qui se tiennent à
» Yezd, ville de la Caramanie, qui est leur pyrée et leur princi-
» pale place, se sont transmis cette iangrue jusqu’ici par tradition. »
Enfin ayant observé que le persan est une langue très-douce,
Chardin dit : « Je parle du persan des grandes villes, et non des
i jargons de la campagne, qui sont rudes en Perse comme dans les
» autres pays du monde, et que les gens des villes ont peine à en-
» tendre. Ce patois persan a, outre ses défauts, l’usage excessif des
» particules copulatives, avec lesquels ils lient toutes les périodes
» des plus longs chapitres, quelques variétés de matières qu’ils
» contiennent. C’est un des caractères k quoi on reconnaît le
» style bas. » L’éminent voyageur a été frappé aussi de l’ana-
logie que présenteledictionnaire persan’àvec celui de quelques lan-
gues de l’Europe, surtout àcause de sa ressemblance avec l’anglais.
11 explique cette particularité par une phrase remarquable pour
une époque oè personne n’avait songé encore aux migrations dé
la race arienne : « La raison de cette identité de mots dans des
» langues de pays si éloignés et si opposés est vraisemblablement
» que les mêmes débordements, qui ont répandu ces mots dans
» la Perse, les ont répandus dans l’Europe. » Mais, selon moi,
Inobservation capitale de Chardin, est celle où il parie de la stabi-
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20
l’ethnographie de la perse.
lité des formes de la langue persane, sans se douter combien celte
remarque, si juste, est contraire à l’opinion qu’il venait d’émettre
sur l’origine, relativement moderne, du persan actuel. Je ne trans-
cris pas ce passage important ici, car j’aurai l’occasion de le citer
et de le commenter ailleurs.
Depuis le temps où l'enseignement des langues orientales a
pris en Europe un développement considérable, les observations
des voyageurs sur les idiomes parlés en Perse ont disparu pres-
que complètement de leurs relations sur ce pays; et il est assez éton-
nant qu’un orientaliste distingué et si bien préparé pour éluci-
der cette question, \V. Ouseley, se soit borné, comme Chardin,
h dire quelques mots de l’idiome des Ignicoles de Yezd, sans
faire aucune mention ni du dialecte du Manzandéran, ni de ceux
d’aucune autre partie dit pays qu’il a visité.
A toutes les difficultés scientifiques qui entourent les recherches
ethnographiqueseri Ori ent vient s’en joindre une autre purement
matérielle, mais très-importante, et bien faite pour empêcher le
voyageur derecueiilir be aucoup de données à ce sujet. Les recher-
ches ethnographiques, par leur nature même, exigent des rapports
beaucoup plus intimes entre l’explorateur et les habitants du pays
que toute autre investigation qui ne s’adresse qu’à la nature du
sol. Même dans les pays les plus avancés, un étranger trouverait
des difficultés à prendre des mesures directes sur les coi^ts d’un
grand nombre d’individus du peuple, à recueillir des crânes ou
des squelettes, à se faire Renseigner sur les traditions, les chan-
sons populaires, etc. En Perse, toutes ces difficultés se multiplient
à l’infini, car non-seulement on n’est pas accoutumé à ce genre
de recherches, mais la religion même y est contraire. 11 faut
que le voyageur soit extrêmement prudent et qu’il se mette bien au
courant des mœurs et même des préjugés populaires, pour ne pas
les choquer et ne point s’exposer à quelque aventure désagréable,
souvent même dangereuse. C’est surtout aux médecins et aux
officiers instructeurs de l’armée persane que ce genre de rechpr-
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l’ethnographie de la perse.
21
ches serait plus facilement accessible. Les premiers, par leur pro-
fession, examinent chaque jour un grand nombre d’individus des
deux sexes, et ils peuvent tout naturellement recueillir beaucoup
de données sur la conformation physique du peuple. Les officiers
instructeurs ne sont en contact qu’avec des militaires, mais comme
actuellement presque toutes les provinces de l’empire fournissent
leur contingent aux armées du Chah, il leur est facile d’examiner
à loisir beaucoup de représentants mâles et valides des popula-
tions les plus diverses, et de réunir des données qu’un voyageur
ne pourrait recueillir qu’en nombre très-limité, et au prix de
très-grandes peines. Quant au recueil des données philologiques,
ce n’est qu’un orientaliste zélé qui peut se charger de cette recher-
che laborieuse et absorbante. Elle exige beaucoup de patience et
une ferme volonté, pour ne pas se laisser rebuter tantôt par le
manque d’intelligence, - tantôt par le mauvais vouloir des indi-
vidus questionnés, et surtout par l’opposition qu’on rencontre,
de la part des Persans, k répondre à des questions qui leur pa-
raissent peu sérieuses et presque extravagantes.
Tout cc que nous venons de dire expliquerait d’une manière
incomplète l’absence totale des voyages entrepris èn Perse spé-
cialement au profit de l’ethnographie, si nous ne parlions pas des
rapports qui unissent celte science aux voyages.
Le progrès de toutes les scieuces naturelles descriptives, ou
plutôt de toutes celles qui ont pour but l’étude des phénomènes
terrestres, dépend plus ou moins des explorations faites à la
surface de notre globe, de même que dans ses profondeurs et
dans son enveloppe gazeuse, en tant qu’elles sont accessibles aux
hommes. Cependant toutes n’en dépendent pas également. Je n’ai
pas besoin d’insister sur l’inégalité de cette dépendance, car per-
sonne ne contestera que la botanique descriptive, par exemple,
est plus intimement intéressée au succès des voyages que la géo-
graphie mathématique, dont presque tous les éléments peuvent
être obtenus par le calcul. L’ethnographie, science de l'homme
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22
l’ethnograprie de la perse.
observé sur tonte la surface de la terre, est intimement liée au
progrès de la géographie, et par conséquent les voyages et les
voyagenrs l’intéressent essentiellement. Mais, pour être secondée
par ces derniers d’nne manière rationnelle, cette science, par ses
indications, doit faciliter aux explorateurs la tâche laborieuse et
compliquée qu’ils s’imposent à son profit ; d’autant pins que
l’homme entreprenant qui s’éloigne de sa patrie pour explorer
une contrée peu connue, est rarement un savant de profession. Il
sert la science à sa manière, et de ses lointaines pérégrinations il
rapporte au centre de la civilisation européenne des matériaux
solides, dont les savants profitent pour agrandir et orner l’impo-
sant édifice des connaissances humaines. Mais tout en sacrifiant
son temps et souvent sa vie au profit de la science, il est juste
qu’il lui demande l’indication de deux choses : que faire? et com-
ment faire? Aussi toutes les sciences qui profitent des travaux des
voyageurs répondent plus ou moins catégoriquement à ces deux
questions. Chacune lui signale les points intéressants qu’il peut
éclaircir; chacune lui recommande l’emploi d’instruments et
d’appareils d’une application facile, au moyen desquels il peut
répondre a ces questions. Mais l’ethnographie traite-clle le voya-
geur aussi favorablement que les antres sciences? Je ne m’arrê-
terai pas h examiner la divergence d’opinion des ethnographes
eux-mêmes sur le but et les limites de la science qu’ils cultivent;
je n’insisterai pas sur le peu d'accord dec savants quant à l’impor-
tance des mesures des différentes parties du corps humain ; ce
n’est pas au voyageur à décider de ces subtilités scientifiques.
Pour lui, l’ethnographie doit être une branche des connaissances
humaines qui lui demande des données suffisantes pour résoudre
cette question : A quelle race, à quelle famille de peuples appar-
tient la nation qu’il a visitée ? 11 s’agit donc de bien s’entendre sur
le sens et la valeur des données propres à la solution de ce pro-
blème ; mais lk commence la difficulté.
Un grand penseur de l’Allemagne, l’illustre Kant, a cru pouvoir
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l’ethnographie de la perse.
23
baser uniquement sur la coloration de la peau le classement
scientifique des peuples de la terre; mais les voyageurs sont venus
le réfuter victorieusement. Forster , le brillant compagnon de
Cook, a eu surtout les honneurs de cette latte glorieuse. Blumen-
bach, dans son importante publication De variektie generis
hvmani natéva, qui a fait époque dans la science ethnographique,
a pris pour base de la distinction des races la structure et la di-
mension du crâne et son agencement aux vertèbres du cou. Celte
importance du crâne, fondée sur l’intimité de ses rapports avec
le cerveau dont il traduit la forme, a prévalu pour donner à
l’indice proposé par Blumenbach la place principale. Mais bientôt,
on u cru reconnaître que son application au genre humain ne
permettrait guère de subdiviser la grande famille humaine qu’en
cinq classes au plus, et que pour pousser la division plus
loin il fallait faire intervenir beaucoup d’autres attributs de
l’homme. Ainsi, peu à peu on a demandé des secours k la physio-
logie ; on a fait entrer dans l’ethnographie presque toute l’ana-
tomie du corps humain, en y comprenant même la coupe trans-
versale du cheveu. Après uvoir épuisé tout ce qui suffirait
complètement à un zoologue pour distinguer rigoureusement
entre eux les êtres qu’il examine, on a vu qu’on n’avait aucun
droit de s’arrêter lk, et de faire de l’ethnographie un simple
chapitre de zoologie. La perfection de la nature humaine,
surtout la voix articulée de l’homme, était un indice trop pré-
cieux, quand il s’agissait de distingner les races entre elles,
pour qu’on pût k négliger dans une recherche ethnographique,
et ne pas accepter les secours de la philologie. La meilleure
preuve que ce nouvel instrument était d’une application tout
aussi certaine que celui des sciences naturelles, c’est que les
classifications basées sur les études philologiques se sont assez
bien accordées avec celles des naturalistes ; mais il a permis de
pousser les subdivisions de la famille humaine beaucoup plus
loin. Cette vérité, contestée par quelques savants éminents tels
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2U
l'ethnographie de la perse.
que feu Gratiolet et d’autres, me paraît pourtant assez évidente.
La philologie, de même que les sciences naturelles, étudie
des êtres organiques portant leur histoire avec eux et indépendants
des annales écrites. Jamais un peuple n’a perdu sa langue mater-
nelle sans qu’elle ait laissé des traces ineffaçables sur la langue de la
nation envahissante. L’anglais du Canada doit se ressentir de sou
contact avec le français, tout comme le turc de l’Aderbeidjan porte
des traces évidentes de sa lutte avec le persan. De plus, rien ne
peut nous donner une mesure aussi exacte des véritables aptitudes
intellectuelles d’un peuple que l’usage qu’il fait de sa langue, dont
l’origine peutêtre commune avec les idiomes de beaucoup d’autres
familles humaines. M. Bréal a très-bien indiqué cette application
importante de la philologie à l’ethnographie, en traçant, dans son
discours d’ouverture, quelques modifications que le génie des
Grecs fit subir aux racines zendes. M. Oppert a cru devoir pro-
tester contre l’abus de cette application j mais l’abus est mauvais
en tout, et si l’on peut citer des peuples qui ont complètement
oublié l’idiome de leurs ancêtres, cela n’empêche pas d’établir la
généalogie des races humaines sur une base philologique, dans les
cas où la filiation des langues peut être suivie avec certitude. Basée
ainsi sur l’anatomie, la physiologie et la philologie, l’ethnographie
ne pouvait ignorer qüe de tous les êtres vivants l’homme est le
seul chez lequel on a reconnu la faculté de conserverdes traditions
de son passé. L’examen de ces traditions chez les différents peu-
ples a signalé certains faits qui se reproduisent avec une grande
persistance chez les uns, tandis que chez d’autres ils manquent
complètement ou figurent sous une forme passagère. La réunion
de ces faits constants, presque aussi tenaces que le caractère des
types extérieurs, et non pas ses vices ou ses vertus sociales variant
dans les différentes époques, constitue le véritable caractère moral
d’un peuple, et fournit un nouvel indice important pour distin-
guer entre eux les groupes humains. Maintenant on a tout aussi
peu le droit d’exclure de l’étude ethnographique d’un peuple
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, l’ethnographie de la perse. 25
. ■ 1
son 'portrait historique, que de se passer de l’exposé de ses qua-
lités physiques ou naturelles, comme les appelle M. d’Omalius
d’Halloy. Enfin, depuis que MM. Nilson et Retzius ont pu établir,
en se basant surtout sur l’examen des crânes, que les habitants
actuels de la Suède diffèrent complètement de ceux de la période
lapidaire, mais se rapprochent de ceux de la période de bronze,
on est revenu à l’étude de la boîte osseuse du cerveau ; les tra-
vaux de Baer, de Wagner, de Lucæ, d’Ecker, de Huxley, de Davis,
deBroca,dePruner-bey et d’autres, ontprouvé que cette étude était
féconde en résultats importants et solides jet feu le célèbre profes-
seur de Goetlingue a déjà nommé la science future du nom signifia
catif d ’ Anthropologie historique. La réunion desanthropologues alle-
mands kGoettingue en 1861, tout en reconnaissant que la France a
devancé l’Allemagne dans cette recherche, a fait faire un grand
pas aux investigations futures des ethnographes. Depuis ce temps,
les publications de la Société d’ Anthropologie de Paris et de
Londres, sur tout les travaux de MM. Pruner-bey et Broca, et le
brillant ouvrage du docteur Vogt, Vorlesungen über deti Men-
schen , ont rendu d’immenses services à la science ethnographique.
Après la publication des instructions récemment rédigées par
M. Broca, les voyageurs n’auront plus le droit de se plaindre du
manque total de guide dans les recherches de ce genre. 11 serait
seulement à désirer que bientôt on fît usage de ces savants con-
seils pour qu’ils pussent obtenir la sanction de l'expérience» car
sans cela l’ethnographie ne perdra jamais son caractère de science
de cabinet, où les hypothèses remplacent trop souvent l’observa-
tion directe.
Mais il est évident que les quatre sciences que je viens de nom-
mer se rapportent très-différemment aux voyageurs. La biologie
n’aurait presque rjen à demander à un explorateur qui n’est pas
physiologiste; l’histoire devra se contenter des résultats que le
« rageur fournira à la géographie, à l’archéologie, à la numis-
tique,etc.;maisla morphologie et la philologie sont obligées de
vin.
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l'ethnographie de la perse.
r
formuler clairement leurs besoins, pour que l’ethnographe voya-
geur puisse les servir efficacement. Elles doivent lui indiqaer les
moyens de recueillir, avec le moins de peine et dans le moindre
temps possible, le plus grand nombre de données sur les formes
extérieures des individus de la nation dont il explore le territoire,
et sur la forme de la langue que parle cette nation. Les progrès de
la morphologie permettent presque toujours de se borner à la me-
sure exacte desdimensions linéaires des différentes parties ducorps
pour connaître leur forme; ainsi il paraîtrait que le ruban métrique
et le compas articulé offrent deux instruments commodes, et aussi
simples que suffisants pour atteindre ce but(i). Mais sil'on examine
le peu de mesures exactes prises par les voyageurs au moyen de ces
deux instruments, on commencera à douter de leur simplicité, ou
plutôt de la facilité de leur application pratique. En effet, je crois
que le moulage, et surtout la photographie, les remplaceront avec
un grand avantage. Le moulage, malgré la lenteur de ses procédés,
malgré l’embarras qu’il donne au voyageur de traîner avec lui des
empreintes assez lourdes, volumineuses et sujettes k toutes sortes
de détériorations, est, selon mon expérience personnelle, infini-
ment plus acceptable pour un Oriental que l’attouchement des
pointes du compas articulé ou l’application immédiate du ruban
métrique. Le fait seul que l’empreinte peut être prise par les
mains d’un musulman et k l’aide d’un plâtre indigène, c’est-k-dire
pur de toute souillure chrétienne, permet' a tout vrai croyant de
préférer ce procédé long et compliqué k l’attouchement d’instru-
ments fabriqués en Europe et constamment employés par des
chrétiens. Mais c’est surtout la photographie qu’on ne saurait
assez recommander pour ce genre de recherches. Le dernier perfec-
■’4) MM. les Dr. Schener et Schwartz recommandent aux ethnographes voyageurs
les instruments suivants employés par eux lors du voyage de circumnavigation de la
frégate autrichienne Novara : 4 . une balance ; 2. un dynamomètre de Regnier ; 3 . uûe
tige portant une division métrique; i. un fil à plomb; 6. on compas articulé, et
ruban métnque.
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l’ethxographie de la pebse.
tionnement introduit par M. Viilem dans cet admirable procédé,
utile à presque toutes les sciences, permet de reproduire le buste
d'un homme d’après vingt-quatre photographies et ne laisse ainsi
rien à désirer au morphologue le plus exigeant, surtout dans un
pays où toutes les têtes sont rasées et où la coiffure ne cache pas
les contours véritables du crâne. L’appareil du professeur Lucæ,
décrit en 1861 dans son mémoire intitulé Morphologie des Rassen-
schadel , me paraît très-ingénieux et très-pratique pour un ar-
tiate à poste Rxe; mais, malgré sa simplicité, il présenterait trop
d’embarras à un voyageur. Quantau képhalographede M. Harding,
basé sur la propulsion de nombreuses pointes en bois de buis au-
dessus d’un plan, autant que j’ai pu en saisir la description donnée
par son auteur dans un mémoire, publié àUtrecht, en 1861, sous
le titre de Képhalographe, nouvel instrument destiné à déterminer
la figure et les dimensions du crâne ou de la télé humaine, je ne
crois pas qu’il soit commode à employer en Asie. Le docteur
Zscholtked’Aarau a eu l’idée ingénieuse d’appliquer un fil de plomb
à la reproduction des courbures du crâne, il se sert à cet effet d’un
fil de 2 millimètres de diamètre assez malléable pour prendre
exactement la courbure des differentes parties de la tête contre
lesquelles on le presse avec une certaine force. Ayant ainsi donné
au fil la forme voulue, on l’enlève sans le déformer, puis on le
place sur une feuille de papier contre laquelle on le presse avec une
feuille de carton. Si ce plomb est oxydé l’empreinte sera noire,
sinon elle sera suffisamment marquée pour pouvoir être repassée
exactement h l’encre on au crayon. Ce moyen est loin de pouvoir
fournir des résultats aussi précis que ceux qu’on obtient à l’aide
de l’appareil du professeur Lucae ; mais il est très-expéditif et
peut rendre des services réels aux voyageurs. Parmi les procédés
d’une application facile, il ne faut pas oublier le dessin à la sil-
houette ; employé avec les précautions indispensables, il donne
d’excellents résultats. Dans l’instruction de M. Broca que je viens
de mentionner, on trouvera la description détaillée de beaucoup
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l’ethnographie de la perse.
d’autres instruments qui paraissent être d’un emploi facile ; mais
jusqu’à présent la plupart d’entre eux n’ont jamais été appliqués
à des investigations faites en voyage, et il est impossible ainsi de
se prononcer définitivement sur leur valeur respective pour ce
genre de recherches.
Jusqu’à présent on croyait généralement qu’une certaine habi-
lité dans le dessin pouvait remédier à l’insuffisance de la parole
érite pour tracer l’image des formes extérieures des représentants
d’une nation, et remplacer même les procédés assez compliqués de
la préparation des surfaces sensibles à l’action de la lumière; mais
si la première partie de cet espoir n’est pas dénuée de fondement,
la seconde est un préjugé qu’on ne saurait, selon moi, assez com-
battre, si l’on tient à cœur les progrès de l’ethnographie.
Un artiste, malgré toute l’étendue de son talent, ne peut presque
jamais se défaire de l’influence de sa nationalité sur ses œuvres.
Cette qualité insaisissable qui ne cesse d’agir sur la nature de
l'homme depuis le berceau jusqu’à la tombe, se traduit dans la
reproduction des types étrangers, en dépit de la volont'é de l’artiste
et même malgré sa conscience. Sans le savoir, et certes sans le
vouloir, le plus habile dessinateur communiquera presque tou-
jours à l'extérieur de l’homme qu’il représente quelques traits de
sa propre nationalité. On se persuadera facilement de l’exactitude
de cette observation en comparant les gravures sur bois des illus-
trations' anglaises, françaises, allemandes et russes. Pour moi,
ces dernières paraissent toujours les plus exactes, car l’artistarqui
les a faites regardait, pour ainsi dire, les types qu’il dessinait à
travers le même milieu national que moi ; mais dans l’interpréta-
tion française, anglaise et allemande du même sujet, surtout dans
celles des artistes anglais, je trouverai une foule de petits détails,
de petites nuances, que souvent je ne saurais gas exprimer, maiè
qui ont pour résultat final de prouver qu’un habitant ou un indi-
gène de la vallée de l’Indus, esquissé par un Anglais, sera pour
moi un Anglais pur sang travesti en Indien. Jamais je n’ai été
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l'ethnographie de la perse.
aussi à même de reconnaître la différence qui existe entre la mé-
thode photographique et les procédés artistiques, pour rendre
exactement les types des différentes nations, qu’en examinant les
gravures insérées dans le Voyage de Bellew dans f Afghanistan,
publié récemment à Londres. Dans cet ouvrage, une seule gravure
est faite d’après une photographie ; les autres reproduisent des
aquarelles. La première représente avec la vérité du miroir les
traits d’un montagnard de l’Afghanistan méridional, tandis que
les autres* sont évidemment des portraits de gentlemen anglais
costumés en Kheiberis.
* Ici vient se placer nécessairement une autre question fort im-
portante pour le voyageur ethnographe, à savoir, s’il doit formuler
son opinion sur les propriétés typiques d’une nationalité étran-
gère d’après la première impression qu’elle produit sur lui,
ou bien s’il doit attendre qu’une étude plus approfondie lui
ait révélé tous les détails de ce type. 11 semblerait au premier
abord qu’il ne peut exister aucun doute à cet égard, et que plus
l’étude est circonstanciée, plus son résultat gagnera en précision ;
• néanmoins je ne crois pas qu’il en soit ainsi. Tout voyageur
peut se rappeler ses propres impressions à la vue d’une population
très-différente de celle qui lui est familière. Si, par exemple, il se
trouve pour la prejnière fois de sa vie au milieu des Nègres ou des
Kalmouks, il sera embarrassé pendant quelque temps de distin-
guer les individus de cette population les uns des autres. Leur
air de famille est si prononcé, que pour l’œil inaccoutumé il ne
présente aucune variation d’un individu à l'autre. Les blancs font
le même effet sur les nègres, et les Européens sur les Orientaux.
Peu à peu cependant, ce sentiment s’affaiblit, les détails finissent
par attirer plus que l’ensemble l’attention de l’observateur, et les
grands traits du caractère général du type s’effacent de plus en
plus de sa mémoire.
Laissons donc à la parole écrite le soin de fixer les caractères
généraux du type, et demandons à la photographie la reproduc-
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l’ethsogravhie de la perse.
tron de ses détails et de «es variations qu’aucune tangue ne sau-
rait, exprimer avec assez de précision. Le seul reproche que l’on
pourrait adresser aux procédés héliographiques, c’est qu’ils sont
encore impuissants à rendre sensible un élément important de
l’homme, la coloration de la peau ; mais cette difficulté sérieuse
a déjà été heureusement tournée. La Société d’Anthropologie de
Paris a adopté une échelle chromatique faite avec beaucoup de
soin, et dorénavant il n’y aura qu’à marquer un numéro de cette
échelle sur la photographie d’un individu, pour ne pas"laisser de
doute sur la nuance de sa peau.
L’instrument philologique est beaucoup plus difficile à trouver;*
Les recueils de mots qu’on croyait infaillibles 'a une époque où
Voltaire disait avec raison des étymologistes, que pour eux « la
voyelle ne fait rien, et la consonne fort peu de chose, » ont géné-
ralement été insuffisants pour se prononcer sur ^l’origine d’une
langue. Malgré tous les progrès de la philologie, il me semble qu’il
serait impossible de recommanderait voyageur de porter son atten-
tion exclusivement sur certaines parties du discours plutôt que
sur d’autres, comme étant ceux des éléments de la langue qui sont
plus aptes à garder le cachet de l’origine de l’idiome. La parole
humaine est un tout organique qui se développe ou se détériore
d’une manière capricieuse, en tant que les loi^ de ces variations
nous sont inconnues, et il est bien à craindre qu’on ne parvienne
jamais à les découvrir. Mais, dans tous les cas, cette découverte
ne doit pa9 embarrasser un simple voyageur auquel la science
n’assigne que le rôle modeste de collecteur de faits. 11 se bornera
donc à recueillir autant que possible des textes écrits, et à noter
des paroles de chansons, des contes et des proverbes, car ces faits
de langue dévoileront beaucoup mieux à un philologue expéri-
menté tons les secrets d’un idiome, que dos échantillons de
grammaire ébauchés à la hâte par le voyageur lui-même sur les
lieux.
Ainsi, selon moi, si l’ethnographie, appliquée aux races dq
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l’ethnographje de la perse. 31
l'Asie, a fait jus'qu’à présent si peu de progrès, c’est parce qu’en
général cette science n’a pas pu diriger les explorateurs vers des
buts utiles à son développement. La seconde cause provient de la
difficulté d’employer les instruments qu’elle recommandait pour
ces recherches; mais à présent que les sciences biologiques et
morphologiques, 4e même que la philologie comparative et l’his-
toire, sont venues au secours de l’ethnographie, surtout depuis que
cette dernière a acquis, dans la photographie, un puissant instru-
ment, elle ne peut tarder à se développer rapidement, et elle
s’approchera de plus en plus avec certitude de la solution défini-
tive du problème si controversé et si intéressant pour l’humanité
entière, l’unité ou la diversité originaire des races humaines.
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CARACTÈRES PHYSIQUES
DE LA RACE IRANIENNE
Nécessité d’admettre l’existence d’une 'race primitive. — Difficulté d'en retrouver les
traces parmi les peuples de race iranienne. — indications à ce sujet fournies par les
plus anciennes traditions de ces peuples. — Le Vendidad, le livre des Rois, l’inscrip-
tion de l’obélisque de Nimroud. — Traditions des différentes populations établies sur
les limites de l'habitation des Iraniens concernant leur origine. — Les habitants delà
Transoxiane, les Kafirs Siahapouch, les Beloudjs, les Osséthiens. — Endroit probable
de la première formation des Iraniens. — Nécessité d’appuyer ce résultat théorique
sur des faits matériels et existant de nos jours. — Ancienneté de l’opinion que les
Guèbres sont les restes des anciens Persans. — Observation de don Garcia Figueroa
à ce sujet. — Opinion de Chardin. — Critique de cette opinion par Prichard. —
Manière erronée de ce savant d’apprécier la valeur ethnographique de bas-reliefs des
anciens monuments persans. — Application des études crâniologiques à l'ethnographie.
— Opinion de M.Eckert. — Travaux de Retzius sur l’ethnographie asiatique. — Opi-
nion de M.de Baer sur le crâne iranien. — Conformité de cette opinion avec les rôsul-
* tais des mesures du commandant Duhousset. — Tables des valeurs moyennes tirées
de ces mesures. — Discussion de ces moyennes. — Crâne persan dans l’antiquité.—
Opinion d’Hérodote à ce sujet. — Explication de son étrange assertion sur la nature
de la boite osseuse de ces crânes. — Crânes iraniens et sémitiques d’après les bas-
reliefs de Behistan et de Cbapour. — Degré de confiance que mérite l’exactitude
des artistes persans lorsqu’ils reproduisaient des types des nationalités étrangères.
— Résultats fournis par l’examen d’un des bas-reliefs de Behistan. — Caractère
du crâne sémitique d’après les pièces conservées au Muséum d’histoire naturelle.
— Bas-relief de Cbapour. — Récapitulation sommaire des résultats obtenus. —
Erreur de Chardin et de ses contemporains sur la cause de l’amélioration du sang
des Persans. — Tableau des influences étrangères sur les populations de la Perse
depuis Alexandre le Grand jusqu’à nos jours. — Tadjiks et Tats. — Les anciens
connaissaient-ils les Tadjiks? — Les Chinois sont les premiers qui donnent des ren-
seignement* pasiüfe 6ur les Tadjiks. — Détails sur les Tadjiks d’après les annales
vui. 5 '
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y
3 U l’ethnographie de la perse.
chinoises. — Exactitude des renseignements fournis par les Chinois sur la Perse
de l'époque des Sassanides. — Manière erronée d'expliquer l’origine des Tadjiks.
— Pourquoi les Tadjiks eux-mêmes prétendent descendre des Arabes. — Notions
sur les Tadjiks fournies par Elphinstone, le baron de Meycndorf et le lieutenant
Wood. — Mes propres observations sur les Tadjiks. — Caractère physique des
Tadjiks. — Les Hératiens et ies Djemchidis. — Variation du type persan primitif:
chez les Afghans, chez les Beloudjs, chez les Persans occidentaux, chez les Bakh-
tyaris, les Kurdes, les Nesloriens, les Arméniens, les Osséthiens, les Tats, les
Talyches, les Ghilaniens, les Mazandéraniens et les habitants du Khorassan. — Ren-
seignements des auteurs anciens et des auteurs arabes du moyen âge sur l'eth-
nographie persane. — Tableau ethnographique de la Perse extrait dfe l’ouvrage
d'Istakhri. — Stabilité du type persan. — Hypothèse pour expliquer cette stabilité.
— Longueur de la vie chez les peuples de race iranienne. — Conclusion. — Note A.
Quelles que soient les convictions que l’on puisse avoir sur la
fixité de l’espèce dans les règnes végétal et animal, l’application
absolue de ce principe à l'homme me paraît impossible. L’homme
possède le don de garder les traditions de son passé, et presque
partout où l’ethnographe a sérieusement cherché à se renseigner
sur le développement d’une race, il a été forcément amené à recon-
naître l’existence d’une race sauvage, naturelle ou primitive, qui,
en se transformant sous l’influence d’actions diverses, a pris la
forme de la majorité de ses représentants, considérés dans un
moment donné.
Dans les sociétés nouvelles qui sont écloses , pour ainsi dire ,
sous le regard de témoins attentifs, la recherche de leur origine
généalogique ne présente pas beaucoup de difficultés. Ainsi per-
sonne ne sera embarrassé de retrouver le type primitif des Turcs,
fondateurs de l’empire des sultans, dans tes populations de même
race existant à l’étal de nature à l’est de la Caspienne. Venus avec
les Seldjoukides dans les provinces occidentales de l’ancienne
Perse, ils se sont peu à peu répandus a travers l’Asie Mineére
vers l’ouest. Mais pour un pays comme la Perse, qui compte
presque autant d’années d’existence que les plus anciens souvenirs
de l’humanité, qui a été si souvent bouleversé radicalement par
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l’ethnographie de LA PERSE.' 3S
da puissantes révolutions sociales, la tâche de retrouver l’endroit
où l’ën doit chercher le type primitif de ses habitants est bien
|fltas difficile, même elle peut paraître impossible.
Dans beauoottp de phénomènes physiques, le point exact de leur
origine ne nous est indiqué que par des directions qui y condui-
sent dejous les côtés, sans que jamais nous puissions espérer
déterminer avec précision leur intersection commune. La recher-
che du berceau d’une nation, et surtout celle de l’origine de la
race iranienne, nous présente absolument le6 mêmes particu-
larités. Nous savons que le point culminant du vieux monde,
FHhnâlaya, nourrissant les fleuves principaux qui portent la vie
dans la direction des quatre points cardinaux du continent asia-
tique, sépare aussi quatre nationalités très -différentes, les Chinois
à l’est, les Touraniens au nord, les Indiens au sud, les Persans
ou Iraniens, à l’ouest. Grâce aux savantes recherches de Schlegel,
Ritter, Lassen, Vivien de Saint-Martin et autres, nous savons,
de plus, que les anciennes traditions de quelques-unes de ces na-
tions nous portent à placer leur berceau dans la haute Asie, et que
la communauté d’origine des Aryens de l’Iran et des Hindous
est un fait acquis à la scienee. Nous ne reviendrons pas sur les
preuves de ces résultats, et nous les considérerons comme des
bases de nos recherches ultérieures.
Tout intéressante que puisse être la décou verte de l'origine com-
mune de ces races, la monographie ethnographique d’une de leurs
branches ne peut commencer qu’a l’époque et à l’endroit où cette
-dernière a laissé des traces certaines de son existence, c’est-à-dire
-ffidù commence son histoire sinon écrite, du moins traditionnelle.
«Or,'oommejene me propose pas d’exposer l’ethnographie de la race
aryenne en général, mais exclusivement celle de son rameau ira-
mfen, il est naturel que je cherche à retrouver son berceau non à
‘Përtdroît de l’origine probable des Aryens, où les Iraniens propre-
ttent dits ont laissé pende traces, mais dansiles pays où ils se trou-
<tetff 1 en majorité actaéüemer*, domine ils Pétaient dans les temps
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$6 L'ETHNOGRAPHIE DE LA PtSSE.
les plus reculés de leur histoire. Je. chercherai donc à placer celte
origine sur les confins de la Perse, en me guidant h la lueur des,
plus anciennes traditions du pays, le premier chapitre du Vendidad -
et le poëme de Firdousi. U suffit de nommer ces deux sources
d’informations, pour dévoiler toute la faiblesse des secours que.
l’ethnographie peut espérer y trouver.
Le Vendidad nous conserve des échos d’une époque très-éloir
gnée, où rien ne nous indique même que la race iranienne se soit
déjà constituée comme telle, après avoir éliminé de son sein,
les éléments hétérogènes qui ont suffi pour former presque toutes
les populations primitives de l’Ëurope. Firdousi, au contraire,!
nous a conservé quelques extraits des traditions, anciennes jil est,
vrai, mais recueillies à une époque où la nationalité iranienne a-
déjà subi une série de transformations radicales, et qui devaient
nécessairement avoir laissé des traces plus ou moins profondes
sur la forme et le contenu des souvenirs de son passé. Ainsi il
serait bien téméraire de rechercher dans ces deux sources autre
chose que l’indication de l'origine de la nation iranienne; quant à
celle dernière, je crois qu’on a le droit de la leur demander. Car
si un document d’une antiquité indubitable, d’après quelques-
uns antérieur même à l’origine de la nation iranienne propre-
ment dite, et un autre bien postérieur à cette origine, mais basé
aussi sur des traditions d’une époque très-recalée, nous dirigent,
vers un point commun, nous pouvons considérer cette direction
comme ayant une réalité très-probable.
Le premier faraghard du Vendidad, assez longtemps décoré dp
titre pompeux de « première page de l’histoire des nations iqd^-
■germaniques », de « premier itinéraire de leurs migrations », ete.,
a été réduit par les critiques judicieuses de M\l, Kiepçrt, Spieggl
et firéal à de plus modestes proportions» C'est un recueil religiefux
-d’une haute antiquité, qui ne peut et ne doit avoir rien de commun
-avec une narration historique; mais comme il* est incontestable
. qu’il contient la mention des noms géographiques, ces derpjy^e
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l’ethuographie de la perse, **
Aous indiquent le»' parties de la terre connue» à »e» auteur». Cette
liste de localités, : considérée par M. .Bréal comme essentiellement
fabdleuse, ce qui me parait peu probable, a été dan» ces dernier^
t emp s si sèuvent analysée, traduite et réformée, que je sortirais
éa cadre de mon travail si j'entrais dans les détails de l’histoire
de cette question ; aussi je me contenterai d’énoncer les dcrniers
résultats auxquels on s’est arrêté dans cette, matière, et je prendrai
pour guide l’importante communication faite par M. Spiegel à
l’Académie des sciences de Munich, dans sa séance du .5 mars 1859,
sous le titre : Das erslecapitel ies Vendidad.
Le Vendidad fait mention de seize locaütés: 1° l’Airyana Vaedja,
de la bonne : création; 2* Gau, qui renferme Çoughdha (d après
Ifftug), ou habitation de Çughdha (d’après Spiegel)} 3“ Moutou;
r Bakhdhi} 5° Niçayâ; 6° Harôyou; 7° Vaekeretq, qui renferme
lloujak (d’après Haug), ou habitation de Doujak (d’après Spiegel) }
8’ Urva ; 9° Khnénta, qui renferme Vehrkâna (d’après Haug), ou
«habitation de Vehrkâna (d’après Spiegel); 10“ Haraqaïti; 11° Hae-
ÏÜYriânt; 12* Ragha; 13°Tchakhra; 14° Varena, aux quatre angles;
i5* Hapta Hindou ; 16° l’est de Ragha (d’après Spiegel), l’ouest de
Ranha (d’après Bréal). Le premier de ces endroit^ est déclaré
fabuleux par M. Spiegel le deuxième, d après Burnpuf, est le
Reuve Polyliinetué des anciens; le troisième est Mervrç; le quatrième
’ést Bâlkh d’après M. Spiegel, et Badghis d’après mon opinion,
conforme à celle que Bumouf était très-porté à admettre; le cin-
quième, Niça, d’après Kiepert.et Spiegel, la Niséa de Ptoléqiéej le
sixième, Hérat; le septième, Kaboulistan; le huitième, inconnu;
■lé neuvième, Hyrcania; d’qprès Spiegel; le dixième, Arachosie; le
■ onzième, l’Hetmendi; le douzième, Rey ;,le treizième, Karkh, ville
du Khoiràssan; le quatorzÜBie, Verek, village situé au pfc4.R tt
Oémavend; le quinzième, Inde; le sèîzième, Jaxartes (i). ,
> " fl)’ Depuis que J'Ai écrit ces lignes M; Fsrcfinand Justia publié son »uportant ou-
'Stage intitulé : Bandbneh der-^ttuJspraehs. couronné par l’Institut, où tous ces twmps
■“idéographiques Sont examinés arec beaUeetop do détail?* é®
♦
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38 L%fOR06tAMIB DK t4'VBB8&:
‘ ’lQti’otf ie» interprétations, il n’eaaaé
^ràéthôinM'é^àir qw li plu* grande.pagiâe Ai «rotas delieu a s tao n-
fitmnésdans ce chapitredu Vendidad se «apporte 3 l’orient delà
Perse. Ce fait est assez naturel, car . nous savon* que la religion
de Zoroastre n’a pas eu de succès dàps la patrie de :son auteur, la
Ptrie occidfeètitUyet qu telle n’a été développée, par le prophète eit
hctoptée par le peu pie 'comme loi divine, que daBs 4 ’^acienne.Bao«
trfane; mais, dans tous les cas, il montre sues* que dan* ces temps
lés Iraniens orientaux étaient plus avancés que leurs compatriote*
de l’ouest, ayant fondé plus de centres de population. . .
Le livre de Firdousi est un impérissable monument de la Perse;
Il est en rriéme temps en quelque sorte un complément du Zenda-
vesta, car plusieurs légendes rapportées dans le poème en détail*
lie sont indiquées dans l’ouvrage religieux que par des allusions
plus ou moins claires. Telle est, par exemple, la tradition de
ï)jemchid,ie Yïmo Kchceeto du texte zend, représentant de l’époque
de là première organisation civile et politique des peuple* ide la
race iranienne et de l’âge d’or de soii passé, ou le Noé aryen,
d’après M. Kossowicz. (Voy. Roth, Die Sage von Dsçh,erMchid,
Zeitschr. derD. Morg. Gesellsch, t. IV, 1850, 4 17-433, et Kossowicz,
Decem send. excerpta, p. 141 et suiv.) Mais sans vouloir attribuer
à ce rectfeil de souvenirs des premiers siècles de l’existence de la
race iranienne ime valeur véritablement historique, sans partager
Tespoir de ceux qui croyaient pouvoir faire entrer, à l’aide de
la Critique, l’épopée dinslet cadres -étroits de la, chronologie, il
me semble nécessaired’attirer l'attention du lecteur sur l'immense
diÊtérènce qui existe entre la sorame^ des traditions connue# 4“
géographie du Zendave#ta né change rien vlan* les -conolustoosqoe j’ai cru- pouvoir» en
tiref;’i>éaàtaoinBfl theseœWe utile de citer Jqj vendrait* fJu.ljYre.de M. Justiqui s’y
rapportent., tjs taon*, ainsi qqïl suit: 4« page 259, col.’ t; 2» page 403, col. 2 ;
3 ° page 235, coL 1 ; 4° page 213, col. 2 ; 5° page 473, col. 1 ; 6 ° page 324, Col. ï ;
'70 page 259, col. 4 ;' 8 ° page > 66 , col. 1 ; 9° page 91, cql. 1; l4>°page 32J,, oui. * ;
W page $*2, ■&!.'*; 12° page «M, col. 2 ; 13° pag*,lé7, cq|. 2; 14».,^ge 27«,
'coi. 1 ; 'pîéÜ'W»,^. < ; wqdM, .col. Jt..U*ot t jndjqoe»^.
localités mentionnées daus le Vendidad.
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fe , «WQ»MCTIMW!*'â -WWW. êê
.jt fcjès-judicieuseujeflt qljs^vé^què le 4 ^j;qs Çîrmcipal|du ;( poëjp^
Roustem, semble être ;; j>a*^^flftçnt j oçequu à J’aw teqr du liv^e
jreligieu*., $on nom* qui brille d’un éclat si intense dansleppëme,
p’est même pgf mentionné dans l'œuvre de Zoroastre» quiconnafy
pourtant Sap^et Zgl, mais surtout, le premier i de çqs .héros. Ofj
si nous prenons en considération que le poëme s’arrête presqup
à l’ époque (Je L’apparitipn-du proplj^te, au momen,t où le pouvoir
les génies cesse d’in.lervcnir sous forme palpable dans J^es affaires
de l’humanité, n’avons-nous pas le droit de supposer que lepoëte,
voulant terminer son époptéç par un événement aussi important, l'a
placé après la période .héroïque de son passé, dont Roustem^est le
vrai représentant, tandis qu'en réalité ce premier effort du génie
iranien semble devoir être reculé vers la limite qui sépare cette
période de hauts faits de la période mythologique du passé persan?
Quoi qu’il en soit, pour nous l’essentiel est de constater que
les traditions de ces deux périodes se | rapportent presque exclu-
sivement à la Perae. orientale, .L’occident de l’empire, n’y. joue
qu’un rôle secondaire, et l’antagonisme des Iraniens et des Sé-
mites y est bien moins relevé que la lutte avec les populations du
nord, et notamment avec Afrassiab, le représentant par excellence
delà race turque (i). Nous ne voulons pas dire que l’occident de
l’Iran ait complètement manqué de traditions. Féridoun,le Thraê-
taonazend (voy. Jusli,p. 138, col. a), prototype mythologique de
Cyrus, accomplit ces hauts faits près du Démavend; et du temps
d’Hérodote on avait encore quatre versions différentes de la vie de
Cyrus (liv. I er , xcv). Mais cette dernière grande figure du passé
iranien, si chère aux souvenirs de la nation par ses triomphes sur
(1 ) La haine antre les Persans et Je^-Turcs existe jusqu'à nos jours; et d’ajrès l'ex-
cellent mémoire do général Briggs, On the aboriginalrace of India (Journ. oflhe R. AsiaUe
Soc., t. XIV, p. 304 ), nous savons que la lutte de la race aryenne avec des peuples d'ori-
gine scythique a été tout aussi intense' dans tlnde qu'au nord de la Perse. Mais elle a
été plue profita ble aux Aryens dans les vallées, du Gaogeet ded'Indus, car Ift ils rédsi-
sirent les premiers .occupants & l'esclavage gt devinrent maîtres du pays. .
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W> î.'ETHKOGBilWB DE IA MME.
lès Sémites, appartient à une époque’ déjà presque historique, et,
<dàns tous les cas , beaucoup plus éloignée du berceau de la racé
-que celle des héros de la tradition orientale. ‘ I
Ainsi les indications géographiques des plus anciennes trâdi-*-
tions persanes nous permettent de supposer que le berceau de là
nation doit être cherché plutôt à l’orient qu’a l’occident du terri-
toire qu’elle occupe, mais elles ne nous fournissent aucun indice
sur la partie précise du vaste pays oit elles nous ont conduits.
Pour le circonscrire autant que possible, nous devons recourir à
d’autres sources d’informations, notamment aux notions possé-
dées parles peuples qui forment la limite orientée de la racfe
persane, concernant leur origine, ou plutôt concernant la direction
qu’ils ont suivie pour venir s’établir dans les localités où lès a
trouvés l’histoire. Merw et Balkh, deux villes très-àhciennes de là
frontière septentrionale du Khorassan, d’après une tradition
recueillie par Istakhry, ont été fondées, par Tahmouraz ; donc par
des populations venues du sud et de l’ouest. Beikend, le pretriier
endroit habité dans la Soghdiane, a été construit,' d’après Nàr-
chakhi, par des gens venus de l’ouest, qui fondèrent ensuite Bou-
khara et d’autres villes en se dirigeant de l’ouest à l’est. LesDjem-
chidis, comme nous Pavons déjà mentionné dans la première
partie de ce mémoire, ont gardé le soüvenir de leur origine séis-
tanienne. Lassen a démontré, avefc l’évidence qui ' accompagne
toujours ses recherches profondément érudites , que jusqu’au
temps des Ghaznévides la population indienne était très-rappro-
chée de la frontière orientale du Séistan. Quant aux kadrs Siaha-
pouch, dont la langue présente quelques rapports avec le persan,
et dont on ne connaît ni l’origine nt l’époque d’installation dans
le pays qu’ils occupent, voilà ce que nouslisons dans un petit mé-
moire, fort intéressant, du missionnaire Trump, publié dans le
tome XIX (1862) du Journal asiatique de Londres, p. 3 : « Les voya-
it geurs ont si souvent rapporté que les Kafirs ont plus ou
» moins l’aspect européen, que j’étais porté moi-même à l’ad-
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l/BTHKOGKAPfHB M là PB88E. 41
» mettre. Mais j’ai été complètement désappointé à ce sujet : ils
» n’ont ni des yeux bleus, ni des cheveux blonds, comme la race
» saxonne, ni une- peau de couleur blanche. Ils étaient, sous tous
* les rapports , semblables aux natifs de l’Inde septentrionale.
» Leur teint est basané, leurs cheveux et leurs yeux sont noirs;
» leur visage seulement était plus rougeâtre, ce qui s’explique
» tout naturellement par leur habitude de prendre beaucoup de
« vin. Le.. colonel Edwards leur a demandé ce qu’ils voulaient
» qu’on leur donnât à boire et à manger, et ils répondirent : Une
» outre de vin par jour. On peut affirmer positivement que
» leur extérieur trahit une origine indienne; si on les babil-
» lait en costumes indiens, il serait impossible de les distinguer
« de leurs compatriotes des plaines.» Plus loin, M. Trump
donne les noms des trois Kafirs qu’il a examinés, ce sont Gara,
Loula et Bara, et il dit qu’ils appellent leur pays natal fV umasthan,
ce qu’on traduirait ,en persan par Kouhistan « ou pays des mon-
tagnes ». Il dit aussi que les échantillons de la langue des Kafirs,
donnés par M . Burnes d’après les indications d’un jeune homme,,
soi-disant de cette nation, attaché à son service, n’appartiennent pas
k la langue des Kafirs, mais qu’ils représentent le vocabulaire d’un
des nombreux dialectes parlés dans l’Himâlaya. Beaucoup plus au
nord-ouest nous trouvons un peuple qui, d’après les spécimens de
sa langue quej’ai recueillis à Boukhara, est indubitablement d’ori-
gine persane. Je veux parler des Wakhanis, qu’ Ahmed Chah Nak.-
chbendi, voyageur kachmirien de la première moitié de ce siècle
(voy. Journ. ofR. Asiatic Soc., t.XIX, p. 382), a vu dans les mon-
tagnes du. village deKhalastan, a trois jours de marche de Yarkead.
Le lieutenant Wpodestle seul Européen, après Marco Polo, qui ait
visité ce peuple dans sa patrie. Mous donnerons plus tard les mai-
gres renseignements qu’il nous fournit sur. cette tribu; si je la .men-r
tioone ici, c’est uniquement pouf.n’publiemucune des populations
de race iranienne qifi vivent dpn# les parties orientales du -pays où
l’histoire a surpris les premiers signes de lg.vie des Aryens delePersé,
vm. e
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tôt i.imnKHMAMiB ** vs mss.
Ainsi l’ensemble de» notion* que nous possédons sert» Perte
orientale w ww perte éotusre-afue la nationalité iranienne s'est
r ép and ue vert'tenordeéiWiertt'despays quitbrnrterrtmsabrtenaUt
le» territoire* de fférat et thrSéistan. Vers le sud, l’expansion ira-
nienne n’a jamais ététrès- considérable. La Gédrosiedes anciens,
te Beloudjistam actuel, a toujours été mi terrain neutre, essentiel-
ment propre, par le caractère inhospitalier des montagnes et des
déserte qui séparent les Urtes des antres ses parties habitables, à
donncrrefoge aux émigrés dé toutes les nations voisines; et nous
verrons plus loin que s» population attttelle est composée en
partie d’éléments arabes et persans, mais surtout d’éléments turcs.
Examinons maintenant la partie occidentale du territoire ira-
nien. Les plaines immenses du sud-ouest de la Perse, dénuées de
tout cours d'eau considérable, éloignées des nations indien-nés
congénères des 'Persans, et voisines d’une nationalité araméenne
puissante qui sést efforcée de touttempsd’établirsa supériorité sur
les peuples de race iranienne, n’ont certainement pas pu lui servir
de première habitation. Tout en étant peu enclin à puiser mes
renseignements ethnographiques dans des inscriptions cunéi-
formes assyriennes, tant par l’incertitude -de la chronologie des
faite relatés dans ces annales lapidaires que par les doutes qu'on a
émis sur la valeur phonétique des caractères de cette écriture, je
crois devoir dire que le texte de l’inscription de l’obélisque de
Nimroud, monument conservé au British Muséum et traduit parle
général Rawlinsen dans le tome XIX du Journal delà Société asia-
tique de Londres, corrobore en quelque sorte mes déductions^ priori.
Après avoir donné, page 4W dudit volume, la traduction' des évé-
nements delà vingt-quatrième année du règne deTeniénbar II,
fils dfe Sardïnapalè, le saVhfrtMradûcteur dit dans Une note : «tfe* '
» détails géographiques cbntèmis dams te passage me finit croître
» que Pétoiguathm -des-’tribus pensâmes, au moment de “leur pre-
» mière rtticontre avec Assyriens, m’a pas encore pris uhç
» direction méridien «le én deçà" de ft>xu‘s, ou : qië dWis 'toiis 1
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M
LÎKWNWRAfa» m bA/MtOM.
» les cas elle n’a pas atteint la Perse proprement dite. » En effet,
dans le passage de l’inscription qui a donne lieu a celte note, nous
voyons le roi passer le Zab, traverser le pays de Kharkor, que
M. Rawlinson identifie avec T Arménie, entrer dans la contrée des
Aryens, et enfin dans le pays des Perses, dont les vingt-sept rois
lui payent le tribut. Le savant général croit devoir rapporter les
monuments de Nimroudj au xii" ou au xm" siècle avant Jésus-
Christ (p. 421); et plus loin (p. hh'à) il croit même .que l'inscription
de Temenbar il est contemporaine de l’époque où a été composé
le premier faraghard du Vendidad. Sans partager cette dernière
opinion, sans croire même qu’on a le droit, d’après l’ensemble
des faits connus jusqu’à présent, de pouvoir préciser la date de ce
monument à cent ans près, ni de placer le théâtre de la rencontre
des troupes de Temenbar et des Perses dans la Transoxiane,
je sais sûr que M. Rawlinson est dans le vrai, quand il affirme
que « les marbres de Nimroud sont d’une haute antiquité, beau-
« csupplm reculée que l’époque historique de l’empire assyrien
•» h laquelle on voulait les rapporter. » Comme dernière preuve de
l’arrivée comparativement tardive des Perses proprement dits
à l’ouest, je ferai remarquer qu’on n’en fait aucune mention dans le
chapitre X de la Genèse, véritable liste ethnographique des peuples
connus des Hébreux. La seule nationalité de race iranienne dont
ce livre nous parle est celle des Mèdes, si l’on pent traduire ainsi
les Mdi que Moïse place après les Mgug et avant les /un. La
partie montagneuse du littoral méridional de la Caspienne jusqu’au
Bémavend, ceapée par des vallées profondes et boisées, permet-
trait plutôt d’y placer le berceau de la nation ; mais, quoique sans
aucun doute celte contrée ait été habitée, depyiis des temps immé-
moriaux, par un peuple d’origine commune avec les populations
de la Perse orientale, elle répondrait peu à ce but, soit par suite de
raw «éloignement de l’Inde, soit surtout par le caractère spécial de
ranetore, si différent de la configuration des pays occupés par
le majorité de fa race iranienne. ‘
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Jtk
L'BTBNOCRAVHfE DS Ci PB KL
U me reste encore à parier des Osséthiens qai s'appellent
«h»- mêmes Iron, et dont l’origine iranienne n’est pas mise éa
doute, surtout depuis que M, Sjœgren a publié ses savantes
.recherches sur leur idiome. On ne connaît rien sur l’époque db
leur arrivée dans les hautes vallées du Caucase qu’ils occupent
actuellement; tout ce que l’on peut dire de positif, c’est qu’ils y
sont installés depuis la naissance du mythe de Prométhée, créé par
eux et religieusement conservé sous le nom de Caraman jusqu’à nos
jours, dans toute sa vigueur primitive. Malgré l'ancienneté évh»
dente de leur présence au milieu des solitudes neigeuses du Cau-
case, personne, j’espère, n’aura l’idée de placer parmi eux le berceau
de la race iranienne. Cette hypothèse présenterait trop de difficultés
pour expliquer les autres phénomènes de la vie des peuples de
cette race. Leur existence isolée à la limite nord-ouest de l’habi-
tation de la nationalité persane, très-loin du centre de la formation
du noyau principal de la race, ne doit pas nous étonner; nous
aurons l’occasion de revenir sur un fait constant de ^ethnographie
iranienne, l’extrême symétrie de la formation des races transi-
toires qui séparent les Iraniens pur sang de leurs voisins. L’est
et l’ouest du territoire occupé par la race que nous examinons,
offrent, sous le point de vue ethnologique, des analogies frap-
pantes que je tâcherai de relever plus loin, en me bornant à
observer, pour le moment, que les Osséthiens, à l’ouest, présentent
un phénomène ethnographique identique avec celui de l’existence
des Vakhanis a l’est. Tous les deux indiquent les limites que la
race iranienne, ethnographiquement parlant, n’a jamais dépassées,
quoique la conquête ait conduit les Perses en Egypte et en Grèce
d’un côté, et aux Indes de l’autre.
Ainsi nous sommes forcé de considérer les vallées fertiles si-
tuées entre i’Hindoukouch, la chaîne de Poughman et du Kouhi-
Baba, de même que les plaines de Hérat,duSéi$tan et du Kirmaa»
comme le théâtre de la première activité de la race iranienne;»
comme un territoire où les Persans sont de vrais aborigènes, #1
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L'nBNOOUkPHB DI U KMt. 15
*h, par conséquent, on peut espérer trouver le type primitif de
«etto race. , ,
Quelque probable que me paraisse le résultat que je viens
d’obtenir, il ne pourra être définitivement accepté comme certain
qu’ après avoir subi l’épreuve de l’application à des faite existant».
Ainsi, en premier lieu, ils’agit de résoudre!» question suivante < Les
populations de la Perse orientale nous présen tent-elles des types dis-
tincts et dont l’ensemble nous donne ledroitde chercher parmi elles
la souche primitive et fondamentale de la race iranienne? L’obser-
vation que les Persans orientaux représentent mieux les types
des anciens Perses que les habitants des provinces occidentales
de l’Iran, n’est pas très-ancienne. Les Grecs, jusqu’au temps
d’Alexandre, n’avaient que peu de contact avec les habitants des
provinces orientales de la Perse. Dans les troupes de Xerxès, il
y avait des habitants de l’Ariane, de laM»rgiane, de la Bactriane
et de la Drangiane; mais leurs rapports avec les Européens
étaient de nature à ne pas engager ees derniers à les étudier sous
le point de vue ethnographique. Quant aux historiens d’Alexandre,
on sait qu’ils nous ont laissé, en général, peu de détails sur les
populations vaincues par l’illustre conquérant macédonien. La
plus ancienne mention de cette différence me paraît être celle de
don Garck Silva Figueroa, gentilhomme castillan, envoyé par le
roi d Espagne, en 161 4, a la cour de Chah Abbas I, et revenu dans
sa patrie en 1624. 11 resta en Perse depuis le 12 octobre 1617
jusqu’au 19 octobre 1618, et quoique ignorant la langue du pays,
il en rapporta des observations exactes et curieuses. Je ne connais
cet ouvrage, publié en espagnol, que par la traduction française
faite par M. de Wicqfort, et imprimée chez Louis Biliaine, à Paris
en 1657, petit in-4° (306 pages et une table générale des matières).
Voici ce que nous y lisons pages 176 et 178 : « Et dautant que nous
» n’auonspas encore parlé de ces Gaores, qui veut dire en langue
» Turque et Persane, gens sans loy ou payens, il semble à propos
» de faire icy vne petite digression à leur suiet, deuantr que de
M C'YTBiOCflAfCH M U PKBSk
« ptarier *èes autres partieStarites de Iq ville d'fcpaban. 1} est
* certain que ces gens sont des restes des anciens et premiers
« habita ra de Perse; laquelle ayant été occupée et domine pen-
» «tant pèaeieurs siècle», arec les antres proumees d’Asie, sujettes
» à sa monarchie, premièrement par les Arabes, et ensuite par
»• les Tares* et par le» Tartare#, il se fit vn grand changement en
•» la langue^ m habits, et en I* façon de vrure, ainsi que cela se
« voit asrioundlray évidemment, puisque Ton y voit à peine te
» moindre vestige de leur première grandeur ce qui est d’autant
* plu 8 vraisemblable’ qu’il est certain que la Perse a esté occupée
» et assujetti» pan* les plus grossière» et les plus barbares nations
a delà terre, ét que les subjets et les vaincus imitent aüssi-tost
■» leurs princes et leurs conquérants, aux choses que nous venons
» de dire, encore que leur première façon de vivre soit honneste
» et civile, et l’autre grossière, barbare et brutale. Ce qui se voit
» euidemment en UaKe, en France et en Espagne, ou dans le
» dernier déclin de l’empire Romain, les Goths, tes Vandales; les
» Alains, les Francs et les Lombards ont effacé tout ce que les
» Romains auoient eu de beau et de bon tant au fait de la guerre,
» qu’aux lettres, et qui auoit porté leur gloire iusqu’au bout du
» monde, La. mesme chose est aussi arriuée à la Perse^ et aux
». peuples de ces quartiers ; puis que ceux qm ont voyagé, et qui
» ont eu soin d’en obserucr toutes les particularitez, ont raison
» de douter si jamais elle a eu ce lustre, cette politesse et cette
a grandeur, que toute l’antiquité luy donne. Ceux d’entre les
« Persans, qui sont les moins accommodez, retiennent tousiours
.» quelque chose de leur première pauureté et misere ; et ainsi en
.» la partie la plus orientale de la Perse, et en la province de
» Kerman, qui luy est frontière vers l’orient, il est demeuré plu*
m sieurs de ces anciens et véritables Persans, lesquels, quoy qu’ils
se soient meslez auec les autres, et qu’en s’vnissaot avec les
vainqueurs, ils n’ayent fait vju’vn peuple, n’ont 'pas laissé de
* i
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49
l’BnWOORAMUi DE IA «BSE.
9 «tenir co notamme nt leur première façon 4e vinre, leew tobite
» et leur religion (1). »
J’ai rapporté ce passage eo entier parce qu’il me semble être
peu connu, et que Buffon, Gibbon, Qusdey, Prichard et d’autre*
qui traitent le même sujet ne citent que Chardin, qui a lait deux
•voyages en Perse, et tous les deux postérieurs.* celai de Figueroa;
le premier ayant eu lieu entre 1664 et 467<Q, et. ie second entre
4671 et 4677. L’illustre voyageur français dit, tome U, chap. vr,
intitulé Du naturel des Persans , leurs mœurs et leurs coutume *
(p. 64, édit. d’Amsterdam, 1711, impr. chez Jean- Louis Delonpe):
« Le sang de Perse est naturellement grossier, cela se voit* aux
» Guèbres qui sont le reste des anciens Persans; ils sont kudt, mai
» faits, pesants, ayant la peau rude et le teint colorée cela se voit
» aussi dans les provinces les pljis proches de l’inde où les habi-
• tans ne sont guère moins mai faits que les Guèbres , parce qu’ils
» ne s’allient qu’entre eux ; mais dans le reste du royaume il est
» présentement devenu fort beau par le mélange du san % géorgien
» et circassie n qui est assurément le peuple du monde ou la nature
» forme les plus belles personnes. » Plus loin (même page) il ajoute :
« Sans le mélange dont je viens de parler, les gens de qualité de
» Perse seraient les plus laids hommes du monde, car ils sont
» originaires de ces pays entre la mer Caspienne et la Chine qu’en
» appelle la Tartarie, dont les habitants sont les plus laids des
• hommes de l’Asie, sont petits et gros, ont les yeux et le nez à la
» chinoise, les visages plats et larges et le teint mêlé de jaune et de
» noir fort désagréable. • Un contemporain de Chardin, Lahresse,
connu sous le nom de Pater Angélus, dans son Gaxopkglacium
lingues Persarum, publié à Amsterdam en 1684, deux nns avant la
première édition du Voyage de Chardin, qui fut imprimé peur la
première fois à Londres chez Mmes Pitt, enl686,s’«xpri**e encore
plus positivement à ce siÿet, car il dû, dans l’article Géorgiens
(1) 'Piètre délia Valte, qui a été en Perte en môme temps que Figuerea, dit aussi
(pu 4«6, 4 06 da Ja trad, ftaoç. de I6£3): • Gesfcamree*-là (les-Oauraa), 'presque
comme les Persans d’aujourd'hui, sont de taille un peu grossière. >
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48 L’ElBNOGBAfHIE DE IA PERSE.
{p. 186 .): « Cette nation n’a d’autre belle qualité quela prestanoe
» et la beauté du corps ; c’est pour cela que bien que, chrétiens du
» rite Grec ou Arménien, l’on en conduit une infinité d’esclaves
» de l’un et de l’autre sexe en Perse et en Turquie : et de là pro-
» vient la beauté des Persans d’aprésent, mais l’on peut voir leur
» ancienne figure dans la personne des (Gaures) adorateurs du
» feu, qui ne sont guère moins laids que des singes.» L’exagération
de cette observation a été justement relevée par M. Ouseley, dans
le tome 111 de son Voyage , page 355, note 13; mais les critiques
adressées par M. Prichard, dans son Natural History ofMan (1843,
p. 171), me paraissent beaucoup moins fondées; et comme le nom
de ce savant jouit jusqu’à présent d’une grande autorité, je crois
devoir citer son opinion :
« La plus grande partie de la t Perse est occupée par des peu-
» pies à demi nomades qui parcourent le pays, vivant sous des
» tentes et cultivant la terre à l’aide de leurs esclaves et de leurs
» serviteurs : ce sont les lliyats ou tribus. Une très-grande partie
» d’entre eux ne sont pas de race persane; quelques-uns sont Turcs,
» d’autres appartiennent à des hordes Mongholes ou Afghanes,
» quelques-uns enfin sont des peuples d’origine incertaine. Les
» villes et leurs environs sont occupés par des représentants de
» la vraie race persane, que partout on appelle Tadjiks et non
» pas Persans. Les Tadjiks sontà la vérité un peuple très-connu et
» très-répandu en Orient. Ils habitent non-seulement dans les
» villes de la Perse, mais aussi dans celles de la Transoxiane et de
» toutes les contrées soumises aux Tatares Uzbeks. Quelques-uns
» prétendent qu’ils s’étendent jusqu’aux confins de la Chine, ou
» au moins jusqu’au Tibet. Sir John Chardin, le plus célèbre de
» tous les voyageurs en Perse, s’est fait une idée que l’ancienne
» race persane était laide et mal douée, semblable aux Mongbols,
» et que la beauté du type, si commun parmi les Persans mo-
» dernes, est chez eux un héritage des concubines circassiennes
» et géorgiennes. 11 est probable qu’il s’est formé cette opinion
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i/ethnocbaphib de LA rbse. 49
à d'après l’es ffiyatis qu’il a confondus avec des Persans. » Puis,
ayant cité, en original, le passage de Chardin que nous vendus de
transcrire, il continue : « Rien ne peut être plus éloigné de la
» vérité que la conjecture du digne et vieux voyageur. Il a été
» contredit par S. W. OuSeley, qui a démontré que tous les auteurs
» anciens qui avaient l’occasion de toucher ce sujet parlent uua»
» nimement des Persans et des Mèdes comme d’une race remaiv
» quablement bien faite et belle. Us disent que ces peuples exceb-
» laient xaXXei xal en beauté et en conformation, et Ammien
» Marcellin parle de la Perse comme d’une contrée « ubi fœmina-
» rum pulchritudo excellit ». Nous trouvons une confirmation par-
» faite, et qui ne laisse rien à désirer sous le rapport de l’évidence,
a dans les nombreuses sculptures des monuments persans d’Is-
» takhr et de Hamadan, ou de Persépolis et d’Ecbatane, et dans
» d’autres localités. Les figures n’ont pas précisément une forme
» grecque, car elle a quelque chose de particulier, mais elles sont
» nobles et dignes ; et si l'expression n’est pas pleine de vie et
» de génie, ellë est tout au moins intelligente et indique des êtres
» qui réfléchissent. La formation de la tête est entièrement indo-
» européenne, et n’a rien qui rappelle les Tatares et les Monghols.
» La figure ci-jointe présente un spécimen exact de l’ancienne
» physionomie médo-persane. C’est une gravure donnée par
» M. Morier comme échantillon du type des figures reproduites
» sur tous les restes de l’ancienne sculpture persane.
» Les Tadjiks modernes, ou les Persans proprement dits,
» appelés par les Turcs Kyzilbtichs, sont très-connus comme un
'■» peuple remarquablement beau, ayant des traits réguliers, des
a faces longues et ovales, des sourcils noirs et bien dessinés, et de
» grands yeux noirs semblables à ceux d’une gazelle, ce qui, parmi
'» les Orientaux, est considéré comme la plus grande beauté.
» U y a plusieurs races, habitant les contrées situées vers les
a limites de l’aneien Iran, qui n’appartiennent pas aux Persans
» proprement dits, mais qui sont plus rapprochées de ces der-
vin. 7
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M Ir’raW0GP4#»tf OU là PERSE.
» niene quesl’aoQiwte autre grao4* nation de J,’ Asie. Je çroja qu’jl
s-fautla* rapportes Àl*»*fiao. vyenne.Cq sont les .Afghans,, l^s
il {tarie*, le* BeAeudjft, U* BraJUouis., les Hai^ans ou Arpaénienfp
» et enfin les Qasétbiettt- «*
Malgré tout ..mon respect pour les grands services rendus par
Prkhard à l'ethnographie,-^ ne puis cacher que, dans ce passage
de son ouvrage, il fait preuve d’une légèreté inconcevable et qui,
heoreuseœenl , lui, est peu habituelle. Je ne parlerai pas de l’inexac-
titude de ses observations préliminaires, telles que : « La plus
» gratifie partie de la population est à demi nomade j les Tadjiks
» occupent les villes de la Perse ; les Turcs leur donnent le nom de
». Kyzilbach», etc. » j mais je m’arrêterai surtout aux observations
qu’il adresse à Chardin. Je commencerai par faire remarquer que,
quoiqu’il le cite textuellement, il est évidènt qu’il ne l’a pas com-
pris, car : 1° U dit que Chardin a confondu les anciens Persans
avec quelques Uiyats, ce qui serait impossible s'il avait bien saisi
le sens du passage qu’il cite, et où Chardin parle eocchusivement des
Guëhres et des habitants des provinces de la Perse les plus pro-
ches de l’Inde. 2° Priehard affirme que Chardin prétend que l’an-
cienne race persane ressemblait aux Monghola, tandis que Chardin
ne parle que de gens de qualité, c’est-à-dire de la cour, qui, de son
temps, a été principalement composée de Turcs, chefs des tribus
du nord de la -Perse, qui ont les premiers reconnu la royauté des
Séfévidcs. Priehard est aussi inexact en disant que Chardin est
contredit ( contradietcd ) par M. Oueeley loin de là, le voyageur
anglais dit dans la note que j’ai citée : « Chardin has given a more
» just, yet in my opinion not mffidently favourablfraccount, oftheir
» ( theGaèrs ) personal eppearance. » C’est-à-dire : « Ch*rdine$t
» plus juste en parlant de leur extérieur, quoique lui aurai» selon
» mon opinion, ne s'exprime pas. d'une manière suffisamment
» favorable au sujet de leurs traité. » Daaa la telle de l’ouvrage,
noue lisons : c Je ne puis pas affirmer, mais nous pouvons supposer
avec raison qua leurs ancêtres (dm Gnèbres) étaient géoéraletqeut
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l'ethnographie oe la perse. Si
Jhmmpu > Je. n’aurajs pat attaché tant d’importanee a refeyçr lef
llgjNnetioadtfertances, d’un savait aussi, dtstpmgné que.Çiâçhard,
s’iftf frétait arrêté à cela; mais je considère comme préjudiciable
à ia, scienoe. l'argument qu’il déclare victorieux contre l’exacte.
ohMCHHtioar 4e Chardin, et qu’il prétend trouver dans les sculp-,
titetsdes monuments anciens de la Perse. Cette objection, Irès-
némMSfi, sans le moindre doute? si elle était exacte, ne me paraît
pas Jette, et voici meairaisons;
Ûéjafii mention de Hamadan ou d’Ecbatane parmi les endroits
qui contiennent des monuments de l’ancienne Perse « avec de nom -
bmttues tmdpture* », montre que Prichard a écrit ce passage à la
hâte, se guidant par quelques vagues souvenins de . ses lectures
étendues, car précisément à. Hamadan il n’y a pat une teule sculpture
de figure humain^- sur les monuments des temps anciens. J’eo
pMÎe.de visu, étant resté plusieurs semaines dans cette ville, spé-
cialement pour l’étudier sous le rapport archéologique. Puis, il
cite, une figure quelconque qu’il suppose bien représenter le type
médo-person, sans expliquer, d'aucune façon, pourquoi il y recon-
naît un portait si fidèle d’une race mixte si peu connue. U ac fait
pas npn plus,, attention k ce que la plupart des figures sculptées
sur les monuments des Achéménides et des Sassanides représen-
tent des Persans occidentaux ; car ce n’est qu’k l’occident de la
Perse qu’on, trouve ces monuments. Par conséquent, envisagées
sous un point de vue général, ces sculptures .n^p^Eent r j en
prouver contre Chardin, qui ne, p^urlp t qpe dépopulations orien-
talesiiD’tm autr6tpôl&, ji Ppichard Avait pris la peine d’examiner
l^fPHemJ^lO'dpn 4 qjpts traités par les sculpteurs persans dans les
bts-cefiefs 4 e * monqipents de là Perse antique, il aurait vu que
parmi celte priasse de figures, où l’ethnographie n!a presque, rien
k faire, car nous ne connaissons pas la nationalité des individus
qu’ils reproduisent, il y en a quelques-unes qui, par leur caractère
déterminé* ont un intérêt tout spécial pour oe genre de recherches,
et que celles-là surtout sont bien loin de contredire l’observation
%
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52 L'ETHNOGRAPHIE DE LA^ri^E.
dé Cbardiü.' Ainsi, je citerai trois sctrtpttfres qûë je' me pr<qk>W
d’examiner en détail. La première est le bas-relief monument*!
du sommet du rocher de Bissitoun, où Darius, suivi de deux servit"
leurs, est représenté foulant aux pieds le mage Gaumata, et adres-
sant des reproches aux captifs, tels que : Atrina, roi de la Susianef
Nadi-Tabira, roi de Babylone ; Fravarti, roi de la Médie ; Martin, 1
roi de la Suane ; Cjtrakama, roi de Sagartie; Vahyazdata,pseudo-
Bardia, fils de Cyrusj Arakha, roi de Babylone ; Ffada, roi de la
Margiane, et enfin Çakouka, le Sace. Ces figures sont d’autant
plus instructives, qu’il est impossible de les confondre l’une avec
l’autre, chacune d’elles étant interprétée par une légende bien'
lisible et bien déchiffrée.
Le second sujet intéressant pour l’ethnographie est le triomphe
de Sapor sur Valérien, empereur des Romains, en 960 de notre
ère, conservé sur un rocher de Darabguird. Ici, non-seulement
nous avons le moyen de confronter des types de Persans avec ceux
des Romains, bien connus, mais nous pouvons, en quelque sorte,
contrôler l’exactitude des artistes iraniens du iii® siècle de notre
ère, en comparant leur reproduction de la figure de l’empereur
prisonnier avec son effigie conservée sur les médailles des der-
nières années de son règne.
Enfin, le troisième bas-relief que je me propose d’examiner est
celui de Chapour, dans lequel M. Ouseley croit, avec assez de pro-
babilité, Méconnaître la commémoration de la remise des présenta
envoyés à Saporpâr Odeiiath, mari de Zénobie, reine dePalmyre.
Mais, pour analyser avec utilité ces anciens documents ethno-
graphiques, nous devons établir, aussi solidement qüë les faits
connus nous le permettent, le caractère primitif de la forme de
la tête de la race iranienne. Grâce aux mesures exactes rap-
portées de la Perse par le commandant Duhousset, et publiées
par lui dans un mémoire intitulé : « Études sur les populations de
la Perse », qui a paru il y a quelque temps dans la Revue orientale et
américaine, nous espérons pouvoir prouver par des chiffres que
#
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53
L’-BTHHOGBAPHIE de la pebse.
l’assertion de Chardin, disant qu’il existe une différence entre les
Persans orientaux et ceux des provinces occidentales de l’em-
pire, est vraie, et qu'elle formule un fait ethnographique assez
im portant. Nous ne donnerons ici que les moyennes des mesures
prises par M. Duhousset sur des têtes d’hommes vivants; mais
dans la note (A) nous exposerons tous les faits sur lesquels ces
déductions seront basées, de même que les résultats de nos
propres recherches sur les crânes des Persans.
Comme introduction a cette étude, et pour ne pas laisser d'in-
certitude, ni sur la valeur, ni sur le sens que je lui attribue ,
je citerai quelques mots de l’avant-propos d’un mémoire très-
important de M. le professeur Alexandre Ecker, imprimé à Fri-
bourg en 4863 , sous le titre de : Crania Germanice meridionalit
occidentalis. Le savant anatomiste dit : a Le temps n’est pas
» éloigné où l’on considérait comme presque identiques les formes
» des différents membres de la race dite caucasienne; pour le
» moins on les croyait si peu différents entre eux qu’on ne s’ar-
» rétait pas à rechercher les petites dissemblances qu’on pouvait y
» constater par un examen attentif. C’est à Retzius, sans contredit,
» qu’on est redevable d’avoir signalé les différences des formes
» crâniennes des peuples européens. 11 a formulé ces différences
» par des indications assez courtes, et peut-être étaient-elles trop
? abrégées. Maintenant l’existence de ces différences, et leur im-
9 portance pour l’ethnographie et pour l’histoire, sont admises sans
9 contestation. C’est surtout cette dernière application qui paraît
9 être féconde en résultats, et la partie de l’anthropologie physique
9 que l’on commence h désigner par le nom d’anthropologie histo-
* rique, sera considérée a l’avenir, non-seulement comme une
9 sœur légitime des autres sciences accessoires de l’histoire, mais
9 peut-être même comme sa partie la plus importante... Dans les
9 recherches anthropologiques, il faut se garder, plus que partout
» ailleurs, de généralisations hâtives et de déductions hasardées.
9 U est fort à désirer que l’anatomiste qui s’aventure sur le
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54 rtnraoGRAwnE de u perse.
» Terrain des recherches historique» double fa^lèsé des précau t i on s
» ordinaires indispensables à tout «Mftunriiste, et qu'il se tienne ri-
» geureusement-rfsiw tes limites de êUKJefnpétéwee. Tout faontmequj
» s’est occupé de pareük» recherches, ours reconnu que, pendant
■ cette étude, H s’est trouvé sous l’influence d’impressions très-dé*
» verses. Au commencement, où Ton ne dispose que d’un petit nu»*
• bre de faits, on croit bien vite être en présence de lois certaines ;
» mais aussitôt que le» exceptions s’accumulent, on entre dans
• une période de découragement, on est même porté à perdre
» tout espoir d’obtenir des résultats sérieux, et l’on est tenté
» d’ab a n d o n ner cette recherche comme inutile. Mais si l'on per-
» sévère, si le nombre de faits s’agrandit, l’horizon visuel de
a l’investigateur s’élargit aussi; on obtient quelques points fixes
a dans le vacillant océan des variations, et enfin des types déter-
a minés commencent à se dessiner. Hs ne tant pas, il est vrai,
a aussi précis qu’ils paraissaient l'être au début, mais toutefois ils
» sont assez bien définis pour qu’on puisse leur reconnaître
a le droit de représenter des nationalités distinctes. »
Les observations du savant professeur que je viens de citer sont,
sans contredit, parfaitement exactes ; mais je ne crois pas que
les impressions diverses par lesquelles il fait passer le erâniolo-
giste soient exclusivement inhérentes aux recherches anthropolo-
giques. 11 me semble que toutes les sciences physiques se trouvent
dans le même cas. Est -ce qu'un physicien ne risque pas de for-
muler trop hâtivement une loi delà nature, en la basant sur l’ob-
servation d’un nombre restreint de phénomènes, où les perturba-
tions ne se sont pas clairement manifestées? Les imperfections de
ses méthodes expérimentales, de même que l’exiguïté des faits ob-
servés, lui sont également fatales. Les fameuses lois de Mariotte, de
Gay-Lussac, de Dalton, de Rudberg, etc. , qui ont disparu ou ont été
réduites à leur juste valeur par la pénétration de M. Régnault,
Magnus et autres, en font foi. Seulement, il y a une différence entre
oès deux genres de recherches, et cette différence me parait être
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l’eihnqgbaehle de la perse. {j5
jopt ep faveur de l'anthropologiste. Rien n’avertit le physicien qu’Ù
se trompe, si l’ensemble des faits qu’il croit avoir bien observés
le porte à foire admettre une loi générale; l’anthropologiste,
au contraire, est sûr de se heurter contre un non-sens historique
chaque fois qu’il énonce une loi impossible, ou même seulement
douteuse. Pour que sa conclusion soit admise comme très-probable
ou certain^ elle doit subir l’épreuve de l’histoire.
ftetzîus, dans un mémoire d’un grand mérite, publié dans le
Muller's Archiv fiir Anatomie uni Physiologie pour l’année 1858,
sous le titre : Coup d’œil sur l’état actuel de l’ethnologie, basée sur la
boîte osseuse crânienne, dit (p. 100) que «le plus grand nombre des
» peuples de l’Europe occidentale sont dolichocéphales, et qu’au
» contraire les brachycéphales prédominent sur d’immenses
» étendues de l’Europe orientale. » Puis, passant a l’examen des
races asiatiques, il constate, parmi les peuples de l’Asie, l'exis-
tence de ces deux formes de crânes, et donne (p. 112) la liste des
dolichocéphales asiatiques, classe formée, selon lui, par les Hin-
dous, 'les Persans aryens, les Arabes et les Juifo, quatre peuples
qui sont en même temps orthognathes, tandis que les Tunguses
et les Chinois sont dolichocéphales, mais prognathes. Parmi les
brachycéphales de l’Asie (p. 114), , il place comme orthognathes, les
Ougres, avec les Samoyèdes, les Yakoutes, etc., les Turcs et les
Circassiens; et parmi les prognathes de la même classe, il nomme
les Turcomans, les Afghans, les Laskars, les Tartares et les
Tartares Mandchoux, les Monghols et les « Indian MongoUdœ »
de Latham. Ces renseignements, quoique puisés à une source
abondante en informations exactes, nous fournissent le moyen
d’appliquer immédiatement la règle que je viens de poser sur la
vérification des classifications anthropologiques au moyen de
l’histoire. Personne n’ignore, que l’Afghanistan a subi de tout
temps plutôt l’influence indienne et persane que celle» des races
turques et mongholes, quoiqu’il ait absorbé quelques peuplades
touraniennes. Ainsi, il doit paraître peu probable qu.’ani lieu d’avoir
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56 l’ethnographie de la perse.
Une place intermédiaire entre les Hindous et les Aryens, les
Afghans viennent se placer entre les Turcomans et les Monghols,
et qu’ils soient non-seulement brachycéphales comme ces derniers,
mais même prognathes. Nous allons voir aussi que ce fait est
inexact, et probablement le savant auteur l’a admis non d’après
des mesures prises sur des crânes afghans, assez rares dans les
collections crâniologiques de l’Europe, mais d’après quelques
observations inexactes des voyageurs. Les crânes persans n’ont
pas été non plus très-abondants dans les Musées anatomiques :
le Muséum d’histoire naturelle de Paris , par exemple, n’en
possédait, il n’y a pas longtemps, qu'un de plâtre, offert à ce
célèbre établissement scientifique par M. Retzius, et inscrit au
Catalogue sous le n° 1301. L’ayant examiné à loisir, grâce à
l’intervention obligeante de M. Malte-Brun et à la complai-
sance de M. le docteur Emmanuel Rousseau , conservateur des
galeries d’anatomie, je crains que ce plâtre ne soit une reproduc-
tion du crâne pseudo -persan de la collection Blumenbach à Gœt-
tingue, que M. de Baer a prouvé avoir été envoyé à l'illustre ana-
tomiste par le botaniste Marchai de Biberstein, des provinces
persanes du Caucase, notamment de la vallée du Kour ou Cyrus,
peuplée exclusivement pardesTartares de l’Aderfieidjan (voy. Bull-
de ï Acad, de Saint- Pélersbourg, 1859, tome I, n° 21, p. 342 et 344).
Cette rareté des crânes persans a engagé M. Baer à m’écrire
à ce sujet pendant mon voyage au Khorassan. J’ai reçu la lettre
du savant physiologiste à Kirman, dans l’un des centres de
la population guèbre, et je me suis empressé de satisfaire à
sa demande. Or, comme le Dakhmeh, ou cimetière guèbre, n’était
pas éloigné de la ville,, et que mes serviteurs musulmans ne
croyaient pas commettre une profanation en me procurant des
crânes d’infidèles, j’ai pu envoyer à l'Académie de Saint-Péters-
bourg deux crânes de Guèbres de Kirman et trois de Yezd.
Conformément au désir exprimé par M. de Quatrefages, les mou-
lages en plâtre de ces crânes ont été offerts par le Musée crâ-
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57
l’ethnographie de la perse.
lûologKpie de Saint-Pétersbourg au Muséum d’histoire naturelle.
Voici ce (pie M. de Baer dit dans son mémoire inséré d4ns
le Bulletin scientifique déjà mentionné : « Les études philolo-
• giquesqui ont bien devancé les observations exactes de l’eth-
» nographie physique, ont, comme on sait, prouvé jusqu’à l’évi-
» dence que les langues européennes, à l’exclusion du finnois
» et de quelques autres pèu nombreuses, sont d’une origine conv-
» mune avec le persan, le sanscrit et quelques langues vivantes
» de l’Inde. On a appelé cette classe de langues indo-germanique,
a ou plutôt indo-européenne. 11 était donc tout simple d’admettre
» que les idiomes européens de cette classe se sont répandus en
» Europe par des immigrations de peuples venant d’Asie, et cette
» hypothèse s’est trouvée conforme avec les plus anciennes tradi-
» tions qui nous ont été conservées par l’histoire. Néanmoins une
» preuve anthropologique, et surtout crâniologique de ce fait,
» manquait complètement. En effet, dans les nouveaux travaux des
» Américains sur les races humaines, on soutient que toutes les
» grandes souches des populations ont habité, depuis l’apparition
» du genre humain, les pays où on les trouve maintenant. Cette
» assertion devait paraître d’autant plus étrange, qu’elle venait
» de la part des Anglo-Américains, émigrés en masse dans des
» temps modernes. Le crâne type de l’Hindou est, il est vrai.,
» long comme le sont presque tous les crânes européens occiden-
» taux de notre temps, mais il est petit et chétif ; son occiput est
» bombé et les tempes sont très-accentuées. Le crâne celtique tel
» qu’on le trouve dans les tombeaux de la France moyenne et dans
» le nord delà Grande-Bretagne, et qui se rencontre encore à pré-
« sent parmi les vivants, a, il est vrai, quelque analogie avec le
» crâne hindou, mais il est plus grand et plus arrondi dans tous
/> les sens. Je me suis convaincu, pendant mon dernier voyage en
Allemagne, que les crânes de l’Allemagne centrale, notamment
» ceux du Mecklembourg, contemporains de la période de bronae,
« formaient une moyenne entre les deux. Mais, au contraire, la
vul 8
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£8 tffrnraoGHAtartr i» ca pctsë.
» fonnergemanique semblait s'opposera être ramenée ài Informe
» hindoue; car dstw le* plus-anciens' tombeaux,' qu’on a* Vont lieu
»dd Oen sidérer comme germaniques, les 1 boîtes osseuses du cef-
» veau sont beaucoup plus amples, surtout dans ta pavtie-frendle,
• et l’oeciput est beaucoup plws : plat. Les crimes persane ont* été
» jusqu’à présent} très-raves en Europe, mais eeux qu'oir possédait
• comme tels s’éloignaient encore plus ; de la forme gernsanrqae. »
Puis, ayant raconté comment il s’eut convaincu que le crâne de
la collection Blwmenbach était tarare; et ayant mentionné l’envoi
des cinq crânes guèbres, l’illustre savant euntinwe en pariant de§
crânes de Yezd : « €e» derniers peuvent très-bien être considérés
» comme des prototypes du» crâner germanique, ou bien de* celui
• de la tête gréee-romtme*, si l’on’ accepte un 1 développement du
• front avec les progrès de la civilisation. B est vrai que 1 ces
» crânes sont plus rapprochés du type hindou que ne le sont les
» formes des- erârum européens ; mais néanmoins ils' en> sont si
» éloignés, qu’il parafe que le type indien n’est pas une forme 1 ori-
» ginale eb primitive, mai» bien- une déviation de cette forme
» première dans un certain sens. »
Je suis heureux de pouvoir dire qae mes recherches, comme’ on
va le voir, coïncident parfaitement avec les-conchisions tirées par
l’illnslre physiologiste de Pétersbonrg, de l’examen de ces cinq
crânes. Dans la table ci-jointe, eh*, je le répète*, je n’ai inséré que
les moyennes des mesures de M. ftahouseet, on trouvera P'mdi-
catioti de la< dimension de la longueur, de la largeur et tfo’ la
hauteur de la tête. Je considère comme longueur le dfantâtre
antéro-postérieur, o’est-ir-dire la distance reelHlgne entre la gla-
belle et la partie proéminente de l’occipital; la- largeur représente
la- plus grande distance entre les temporaux, et la hauteur est la
distance entre- le trou de l’oreille et le point culminant de' l’os
pariétal. Les rapports de l : 11, dû 1 : 111 et de 11 : HT, séttt 'des
quotients db lé division- de la longueur par la largeur et'par la
hauteur; ** de la Urgeturpat»)* hauteur. l-es nations ‘sdnt rttfg^es
fi
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*
L’fiTHNOG«'ArtttE'*K 'lA PERSE. $9
d^apIrès't'bKlfê éfla lbrigueur décrété, et : totrtt9 les tïteSifres sont
fdpfOndM en iftittirriklre» : ‘ •
J
NATIONS (1).
I
LON-
GUEUR.
11 1
LO-
GEUR.
m J
-HAU-
TEUR.
■RAPPORTS.
1:11
I: III
1:111
jj
■f’i: 'î
fioibres * î*
H£8
4 8j9
404
l,A9 ;
*;9<l ,
4,34
Hindous
496
4 46
400
1,3*
1,9S
'4,46
Afghans
189
444
403
4,34
4,73
4,40
pGhîlaniens etUâïandéraniens ,.
183
434
103^
4J9
1,73
4,45
i Kurdes
4 82
/4 57
4 04
4^46
4,80
4,45
Bakhtiarys ..........
*81
4 64
407
1 J0
4,69
4,53
NATIONS.
I
11
111
RAPPORTS.
LON-
GUEUR.
LAR-
GEUR.
HAU-
TEUR.
I : 11
I: III
I: III
Sémites .
4 75
137
426
1,28
4,39 J
4,09
X ftnrnwinno
403
153
408
4/26
1,70 '
M*
ifhùwr faire mieux Temrtir les résultats consignés dans cette
table, ’jeJits relierai ^par une formule généralè, dans laquelle v, le
.(4) J'ai réuni dans cètte table les moyennes des chiffres fouriis *par des mesures
prises seulement sur des têtes d'hommes vivants, et bien quelles donnent toujours des
nombres plus grands que les mesures exécutées sur les crânes, je n'ai pas hésité à
moiâérttMces derniers comme rigoureux, car il me semble qu’au point de vue etbno-
graphiquOi üa -n'oat pas besoin d'être aussi précis que ceux qui sont destinés à l’étude
de la pl\ysiolçgie du cerveau ou A des recherches sur la croissance du crâne, etc. L’ocoa-
sion d'examiner les crâues ne se présente généralement à l’ethnographe que comme uno
exception ; le plus souvent il devra baser ses déductions sur des mesures prises sur des
frtWdus fifimts, et il faudra qu’il supplée aux imperfections inhérentes à ce genre
dépréciation par <un nombre considérable d’observations. Pour pfcos de détails, veyes ’
la note A. ,
*
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$0 L’ETHNOGRAPHIE HB LA ÏWÇB.
diamètre vertical, ou la, hauteur, este*pi?imé en Jonction de /;
diamètre antéro-postérieur, et de t, diamètre transversal, en la
largeur de la tête. J’ai obtenu cette formule par les procédés
ordinaires de la méthode des moindres carrés; elle est : '
I
v = 0,276 t + 0,345 /.
< l ■’ ; ■ , J i
En comparant les valeurs calculées par cette formule avec
celles qui ortt été obtenues par la mesure directe, nous obtiendrons
le tableau suivant :
NATIONS. ’ ’
■»* t ' ’
VALEURS DE V
. Observées.
VALEURS DK V
CALCULÉES.
DIFFÉRENCES.
Guèbres
m^ooo
m mm ,ooo
+ 4,595
Hindous
4 00“ m ,000
4 04 mm ,270
— 4,270
Afghans
4 03““, 000
4 04““, 655
+ 1,345
Ghilaniens el Mazandéraniens . .
m mra ,ooo
4 04“ m ,290
+ 4,540
' Kurdes
4 04““, 000
— 3,245
1 Bakhtiarys
m miQ ,ooo
406 mm ,355
+ 0,645
Ces différences sont assez notables, et l’on ne peut pas con-
sidérer la relation trouvée pour les trois diamètres de la tête
comme définitive , d’autant plus qu’elle n’est basée que sur un’
nombre assez limité de mesures, à savoir : 3 pour les têtes de
Guèbres, 8 pour les Hindous, 7 pour les Afghans, 5 pour les
habitants du Ghilan et du Mazandéran, 5 pour les Kurdes et
k pour les Bakhtiarys. Les chiffres de la première table ont une
valeur ethnographique facile à interpréter. Ils 'établissent très-
clairement une différence marquée entre les] formes des crânes
des populations de l’orient et de l’occident du territoire occupé
par la race iranienne. Les Bakhtiarys elles Kurdes sont, pour |
tous les diamètres de la boîte osseuse du cerveau, à la limite
opposée des variations des mêmes lignes chez les Guèbres et chez
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L’iTEflfcGRAPHlE 0» LA PBME. 64
latJinden». Lig nai» même é s celte variation n’est pies en
peapivtfen *1*01001** «woaérique de chacun de ces diamètres;
Moyenne pe«rit£iM|pKeur de la tête, elle atteint sa râleur m«a>t-
flgtm peurfolfcQpa*,et sa râleur minimum pour la hauteur. 11 sem-
blerait donc ^e, dans la race iranienne, l’influence du croisement
aottqwkiit dpns la forme du crâne, en premier lieu par un agran-
dissement du diamètre de largeur; mais, tout intéressante que
seayût dftpRbServation, je n’ose pas trop m’y arrêter, car elle est
basée sur «appétit nombre de faits. Je la cite néanmoins pour que
les inrestigatiens futures puissent la confirmer ou la détruire.
Quant à l’ensemble des résultats que nous tirons de l’examen de
cette table, ils n’ont rien qui ne soit conforme aux indications
fournies par l’histoire. Ainsi, en retranchant lee longueurs de
têtes des différentes nations iraniennes de celles des Guèbres,
nous obtenons : 2 millimètres pour les Hindous, 12 millimètres
pour les Afghans, 15 millimètres pour les< débitants du Ghilan et
du Mazandéran, 16 millimètres pour les Kurdes, et 17 millimètres
pour les Bakhtiarys; Ce brusque passage de 2 millimètres à 12,
nous indique évidemment l’influence d’une cause extérieure que
je ne puis chercher que dans le croisement. Les aborigènes de
l’Afghanistan sont non-seulement, sans aucun doute, de race ira-
nienne; mais, comme je l’ai déjà dit, de tout temps ils ont subi
plutôt l’influence des Persans et des Hindous que celle des popu-
lations touraniennes. Néanmoins, depuis l’époque où ils ont em-
brassé l’islamisme, ainsi que les peuplades turques leurs voi-
sines, cette communauté de religion a dû nécessairement favoriser
le mélange des deux races, et nous savons par l’histoire que
les Ghildjeis, par exemple, actuellement une des tribus les plus
puissantes de l’Afghanistan, sont d’origine turque. Les Mazandé-
raniens et les Ghilaniens, les uns par leur voisinage avec les Tur-
comans et les Kharesmiens, les autres par l'établissement parmi
eux, dans le Talych, depuis le temps des premiers Seldjoukides, de
la tribu turque des Kiptchaks, très-puissante encore en 1606
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fwwoGaggB M u rrrir
(703 de l’hégire), où -elle s’insurgea coaire Üldjaïtou iMouham-
med Khodahbendèh , ont dù nécessairement garder quelques
traces de leur croisement avec des Touraniens. Pour ce qui en est
des Kurdes et des llakhtiarys, leur mélange avec les Sémites de la
Mésopotamie et les tribus turques de l’Aderbeidjan et de l’Asie Mi-
neure est trop évident pour exiger que l’on insiste sur ce fait. En
général, nous voyons donc que les Hindous et les Gucbres diffèrent
beaucoup moins entre eux, pour la conformation du crâna, que
les autres brauchesdc la race iranienne, et l'on ne peut attribuer
ce fait qu'à l’isolement de ces populations, créé par leur religion
exclusive. Si même on admettait, ce qui est fort probable, qu’à
l’époque où leur croyance religieuse était dominante dans les pays
qu’ils habitent actuellement, ou qu'ils occupaient antérieurement,
ils se sont croisés avec d autres races, leur crâne a pu revenir pen-
dant les treize siècles de la domination de l’islamisme à sa forme
primitive, souplement par l’eU'et de l’atavisme, très-puissant chez
les Iraniens, comme nous le verrons par la suite. Ainsi la forme
q«e je courtière comme typique et caractéristique pour là race
iranienne eeticelle
« d’une boîte osseuse d’une capacité considérable, pres-
» que une fois et demie plus longue que large, moins
» haute que chez les Sémites, mais plus haute que chez
» les Touraniens, ayant l’os frontal assez peu développé,
» les lignes semi-circulaires des tempes assez distantes
» l’une de l’autre; enfin, ce crâne est assez plat par le
» haut, et il a aussi un occipital très-aplati. »
Pour compléter les données que nous possédons sur la forme de
la tête des différentes populations d’origine iranienne, j’emprunte
au mémoire cité de M. Duhousset les mesures de la plus grande
circonférence horizontale de la tête, et je réunis dans la table
ci-jointe les moyennes des nombres donnés par ce savant, expri-
n^N en millimètres.
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SSfflTOWÎSiPBHM* BA BEB6E. •
* NATIONS.
KA < (« HB »
Ci&CONféSEKCE ttORIZONTJttS
DE LA TÉfrE .
DtMI - CIRCOKFé -
SttfCB TOfICALB .
Guèbres
555
296
k Hffldoas» . \
665
294
1 Afghans
559
1 25 *
< •hUaateu etMmudéiame»; .
559
[ 34 *»
Kurdes .
5(60
, 344
1 Bakhtiarys
574
t 327
Ces chiffres, comme frétait très-naturer de s’y attendre, ne font
que confirmer les résultats obtenus par l’examen de la table pré-
cédente, c’est-à-dire que ïesGuèbres et les Bàkhtiarys représen-
tent les deux points extrêmes des .variations de la forme du crâne.
Mais il n’y a rien à en induire de plus; car, comme on le verra dans
la note A, ces résultats sont basés sur un trop petit’ nombre
d’observations, pour qu’on puisse lès considérer comme suffisai»-
ment stables.
Nous passerons donc à l’examen de la question de savoir si les
plus anciens documents ethnographiques nous donnènt le droit
de considérer les populations orientales dë l'empire persan'
comme distinctes par la forme de leur crâne des habitants des
provinces occidentales, et si leurs types se rapprochent de celui
que nous sommes convenu de considérer comme primitif
La plus ancienne mention écrite que nous possédions sur les
crânes persans est celle d'Hérodote, dans le livre Ifl, chap. xii dé
aon Histoire. Malheureusement elle est très-peu instructive; néan-
moins je veux Inciter, ne fut-ce qae pour la commenter autrement
qu’on ne l’a fait jusqu’à présent. L’historien grec, parfont de Pé-
luse, dit (trad. deGiguet, p. 160^ i « J’ai vu là une chose irës-sur-
r prenante que les habitants m’ont signalée. Les ossements de ceux
»qui de chaque côté «ont morts dansee combat gisent séparés(cébx
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0 à l’ethnographie de la perse.
» des Perses d’une part, ceux-des Égyptiens de l'autre), à la même
» distance qu’avant de se prendre corps à corps, et les crânes des *
» Perses sont si faibles, que si tu veux les frapper avec un|seul petit
» caillou, tu les perces ; ceux des Égyptiens, au contraire, sont si
» durs, que tu les romprais difficilement en les heuftant avec une
» grosse pierre. Ils m’en ont donné le motif, et je n’ai pas ou de
» peine à les croire : c’est que les Egyptiens commencent tout
» enfants à se raser la tête, et que leur crâne s’épaissit par i’ action
» du soleil. La même cause conserve leur .chevelure; en effet,
» nulle part on ne verrait si peu de chauves qu’en Égypte. Voilà
» donc pourquoi leur crâne est si dur. Celui des Perses, au con-
» traire, n’a point de force, parce qu’ils se tiennent à l’ombre dès
» leur jeune âge, en portant des tiares de laine foulée. J’ai vu ces
» choses comme elles sont, et j’ai fait la même remarque à Papré- ,
» mis, sur ceux qui, avec Achmène, fils de Darius, ont été tués par
» Inare le Libyen. »
Ce passage a été vivement attaqué par quelques-uns comme
physiquement impossible ; d’autres, non-seulement y ont vu un
fait réel, mais croyaient pouvoir affirmer qu’il existe jusqu’à nos
jours chez les Guèbres, de manière que M. Westergard, en passant
par Yezd, s’est donné la peine de le vérifier. (Voy. Letter from prof.
W . to the rev. D r Wilson writlen in 1843, in Journ. As. ofGr. Brit.
andlr., t. VIII, 1846, p.350.) Le savant philologue visita le dakhma
des Guèbres, frappa quelques crânes pour voir s’ils résisteraient à
ces chocs, et s’étant convaincu de leor solidité, conseilla de men-
tionner ce fait dans une nouvelle édition de Hyde, si on la fait
jamais. Je crois que les uns comme les autres ont tort. Nier le fait,
après trois assertions positives d’Hérodote, qui l’a vu lui-même
près de Péluse et à Paprémis, dans la basse Égypte occidentale,
c’est vouloir mettre en doute toute sa relation, où rarement il est
plus affirmatif ; mais il me semble qu’on n’a pas besoin d’aller si
loin. Le fait qu’il cite ne prouve selon moi qu'une chose, c’est
que le squelette des Persans, formé sous, l’influence d’nn climat
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l’ethnographie de la perse. 65
très-sec,. résiste moins que celui desÉgyp tiens à l’humidité de l’air du
delta du Nil.
Hérodote est né en hSk avant Jésus-Christ; la bataille dont
il parle a eu lieu en 525, donc quarante et un ans avant sa nais-
sance. Les ossements qu’il a examinés ne pouvaient guère avoir été
exposés à l’air moins de soixante-dix ans : donc il n’y a rien d’ éton-
nant que, sous l’influence d’un climat très-différent de celui de la
P?rse,ils se soient plus vite détériorés que ceux des Égyptiens, tout
en ayant presque la même épaisseur. Je donne cette explication,
sous toute réserve, comme. une hypothèse, car je ne puis l’étayer
d’aucune observation directe. Le professeur Welcker, dans son
outrage intitulé Untersuchmgen über Wachsthum urutBau des Men-
schlicheruehaedels , p . 28,ci te'quelques expériences qu’il a faites sur des
déformations éprouvées par le crâne après une immersion de trois
jours dans l’eau, et qui sont en moyenne de0“,0û, pour le diamètre
antéro-posférieur, de 0“ ,07 pour le diamètre de largeur, et de 0» ,07
pour la hauteur. Ces chiffres moyens changent pour des crânes d’in-
dividus de différents âges ; mais néanmoins l’application immé-
diate de ce fait à l’explication du phénomène observé par Héro-
dote ne serait pas strictement rigoureuse. Toutefois, comme nous
savons eu général que la nature ne donne à l’individu créé que
juste ce qu’il lui faut pour vivre dans le milieu pour lequel elle le
destine, nous pouvons admettre qu’elle ne fait pas d’exception
spéciale pour le squelette de l’homme. Pour terminer cette di-
gression, j’observerai que la remarque qu’Hérodote fait sur la
tiare en feutre portée par les Persans me paraît plus intéressante,
car, jusqu’à nos jours, les paysans du birman et du Séistan ont
gardé cette coiffure, remplacée dans toutes les autres provinces de
la Perse par un bonnet ayant à peu près la même forme, mais fait
de peau d’agneau.
Les sculptures de Bisitoun ou de Behistoun forment le second
vm. 9
V
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66 l’etbkogkapkb m la nmse.
document oontentpotam de l’histoire d’Hérodote» Mais, Avant dé
les analyser, j’examinerai le degré de confiance que méritent les
œuvres des artistes persans, quand ils reproduisent d’autres types
que les leurs. A la rigueur, les tableaux qui ornent les murs dés
palais d’ispahan, de Téhéran, et la galerie des toiles peintes au pa-
lais du Vali à Sinna, dans le Kurdistan méridional, nous suffiraient
pour prouver que sans être d’une exactitude parfaitement rigou-
reuse, les artistes iraniens reproduisent, jusqu’à nos jours, assez
bien le type des nations qu’ils veulent représenter. Mais j’aime
mieux comparer les sculptures du règne de Darius, sinon avec des
œuvres d’art de la même époque et d’un mérite incontestable, ce
qui n’est pas possible, du moins avec des bas-reliefs du temps de
Sapor, sculptures d’une époque assez éloignée de la nôtre pour
nous donner le droit d’appliquer les conclusions résultant de
cette comparaison aux œuvres d’art de l’èrc achéménide.
Mous avons déjà mentionné L’immense bas-relief si exactement
copié par M. Fi andin à Darabguird, et qui représente le triomphe
de Sapor sur Valérièn père, en 360 de Jésus-Christ. Dans ce bas-
relief, long de 2“, 10, et haut de 5*, 40, la figure du roi sassanide
occupe le milieu du cadre, et prend avec ton cheval et les bandelettes
de sa coiffure flottante an vent, un peu plus d’un tiers de toute la sur-
face sculptée. Devant lui sont placés vingt-six prisonniers romains,
précédés de l’empereur captif, sur la tête duquel Sapor étend 1»
main en signe de protection. Derrière le roi, on voit quatre rangs
de serviteurs persans, échelonnés les uns aiu-dessus de» autres. Le
premier rang contient ciuq figures coiffées de casques arrondis par
le haut; le second est composé aussi de cinq guerriers, dont deux
imberbes, et tous coiffés de casques au cimier recourbé» Au-dessus
de ce groupe, en voit quatre vieillards nu-têtes, dominés par «praire
autres figures, dont trois sont coiffées de casques et la dernière
nu-tête. Dans 1a description historique des monnaies frappées
/
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l'ethnographie de la perse. 67
sous l’empire romain, publiée par H. Cohen, en 1860, chez ftofftn,
et dont les planches sont exécutées avec une grande fidélité ,
les numéros XV et XVI reproduisent les monnaies de Vatérien.
Son profil est figuré avec un front assez bas, le nez modérément
long et légèrement arqué, la maxillaire supérieure très-haute,
la lèvre inférieure assez épaisse, l’œil plutôt petit que grand, elle
cou large. Toutes ces particularités se retrouvent sur le bas-relief
reproduisant la figure de l’empereur captif; seulement U est repré-
senté plus jeune que sur les médailles, et ceci peut-être dans une
intention satirique, comme svmbole de l’imprudence qu’il avait
montrée en attaquant le puissant roi des Perses. La comparaison
des profils romains avec les profils des quatre Persans représentés
nu-tête, nous montre que ces derniers avaient des crânes plus
longs, moins élevés et plus plats par le haut que ceux des
Romains, ce qui, pour les Persans orientaux, est encore incontes-
tablement vrai de nos jours.
Ainsi, de quelque .côté que nous examinions ces bas-reliefs,
nous ne pouvons refuser aux artistes qui les pnt scplptés le
médite de l’exactitude. Or, comme il est notoire qu’à l’époque
des A*chéménides l’art persan était bien supérieur à celui du temps
dj^Sassanides, il ne sera pas difficile d’accorder à l’exactitude des
figures cfselées sur le rocher de Behistoun ail moins le même degré
de confiance qu’on est porté à accorder k ceux de Darabguird.
Ayant décrit avec détail le premier de ces deux monuments, je me
‘borriferai à observer ici que sans compter la tête du roi, ornée
d’une tiare qui cache le contour du crâne, ce bas-relief nous a
conservé les figures de deux gardes du roi qui d'après* cela doi-
vent être des Perses occidentaux de la tribu achéménide ; en face
du roi sont deux sémites de la Mésopotamie du dé la Susiane •
puis un Mède , un Sagartien , un habitant de la Margiane,
un Sace, un mage, un Arménien et deux Perses non Aché-
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68
l’ethnographie de la perse.
ménides. Le Sace , ou plus exactement le Sake, est coiffé, il
est vrai; mais sonnez plat et ses petits yeux nous rappellent si
bien les traits d’un Kai-sake, ou Khirguise de nos jours, que j’ai
cru devoir reproduire sa tête avec celles des autres que j emprunte
aussi à l’ouvrage de M. Flandin.
Commençons par examiner, dans cette véritable galerie ethno-
graphique, les têtes des Persans reproduites sous les n” 1 , 2, 5,
7, 10 et 12, et rappelons-nous que le n“ 5 est un Mède, le n° 7 un
Sagartien, et le n° 10 un habitant de la Margiane.
La Médie, placée par Hérodote dans le dixième nome avec
Ecbatane, appartient évidemment à la Perse occidentale. LaSagar-
tie, nom qui ne correspond, autant que je sache, à aucun nom
moderne, doit être placée dans la Perse orientale; car les Sagar-
tiens sont mentionnés par Hérodote comme payant leur tribut
dans le quatorzième nome avec les Zarangueset les Thamanéens,
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l’ethnographie de la perse. * 69
habitants de Séistan et du Khorassan oriental. Quant aux Margiens,
tous les commentateurs des anciens géographes s’accordent à les
placer dans le Kliorassan, où ils correspondent h la province de
Merw. Ainsi donc les numéros 1, 2 et 12 représenteront pour
nousiles Persans du Farsistan actuel, le n° 5 un habitant de l’Ader-
beidjaq, len” 7, un Khorassanien du sud-esb, et le n" 8, un Khoras-
sanieix du nord-est. Il serait inutile de vouloir prendre sur ces
bas-relie& quelques mensurations pour rechercher les rapports
existant entre les diamètres de leurs têtes ; néanmoins l’étude de
ces sculptures me paraît instructive. Elle prouve qu’au fur et à
mesure que nous nous éloignons vers l’est, l’ovale de la tête, si
parfait chez les serviteurs de Darius, et même assez prononcé
chez le mage, descendant des Mèdes, se déforme. Le haut du
crâne s’aplatit, la base du nez se détend, l’œil, sans rien perdre de
sa dimension, est moins bien fendu : en un mot, nous consta-
tons sur les figures de ces bas-reliefs la même variation dans les
traits du visage et .dans la conformation de la tête que nous pré-
sente encore maintenant le type $lu Persan de Hérat ou du Guèbre,
comparé à celui du Persan de Chiraz ou d’Ispahan. Seulement,
si l’on pouvait se permettre de formuler une conclusion sur le
témoignage d’un fait isolé, on serait tenté de croire qu’à l’époque
de Darius ces traits grossiers du Perse primitif s’étendaient
beaucoup plus à l’ouest que de notre temps, car le n° 9, repré-
sentant l’Arménien Arakha qui s’empara de Babylone, a une tête
longue et plate par le haut, forme que les Arméniens de nos
jours ont presque entièrement perdue par leur croisement con-
tinuel avec les Sémites, les Turcs et les Persans occidentaux. En
considérant que Martiya, n' 6, et Vahyazdata, n 4 8, très-ressem-
blants aux Iraniens orientaux , sont désignés, dans la grande
inscription deBisitoun, comme étant Perses, on serait tenté d’ad-
mettre que du temps de Darius, même parmi les sujets occiden-
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70
L'ETHnoeiuran db u mu.
taux de ce roi, il y axait encore beaucoup d’individus reprodui-
sant le type primitif de leur race, et qu’il cette époque la forme
primordiale de la nation iranienne ne s’était considérablement
modifiée que chez les Achéménides.
Ainsi, non-seulement les anciens bas-reliefs persans ne contre-
disent pas l’observation ingénieuse de Chardin, mais ils Ufcpnfir»
ment d'une manière éclatante. »
Avant de parler des bas-reliefs de Ghapenr, et pour donner une
idée de la conformation du crâne des nations sémitiques, je pré-
senterai les résultats des mensurations que j’ai pu faire sur des
crânes arabes et juifs, appartenant h la belle collection du
Muséum d’histoire naturelle du Jardin des Plantes (1).
(4) Pendant l'impression de ce travail, M. Pruner-Bey « publié, dans les jn^ipoires
de la Société d' Anthropologie de Paris (t. II, fasc. 4, p. 447 à 453), ses importantes
recherches sur les dimensions des crânes, cérébral et facial, de; différentes races
humaines. Les Sémites figurent naturellement parmi les nations examinées gtar te
eéübre anthropologiste, et j'empmntarai 4 son mémoire, intitulé fi imitait d*
niÿwdtri* >, quelques chiffres qu} caractérisent la fprme de |S botte osseuse du çrine
sémitique. *_
putâv-m *t m mm
MESURÉS
ARABES D* AFRIQUE.
JUIFS D'AFRIQUE.
Bénite*
IfojreBDM
Hommes.
Faftmes.
Hoqupgp.
FpjPiPe*. .
d#
Huile.
tt
Phéniciens
39 frftoif.
Nombre de crânes ....
il
3
3
2
4
’ 7
Diam. ant.- postérieur . . ,
478,0
170,5
475,3
170,0
184,1
198,4
478,8
— vertical
427,7
4*?,»
426,6
416,3
425,5
427,4
424,6
— frontal inférieur . .
■iftl
05,7
94,0
94,2
iéo,s
84,7
— — supérieur. .
142,0
us, s
409,9
409,5
449,9
118 , s
4|M 1
— J>i -temporal
WA
126,*
1»5,0
4|5,0
423,6
— bi-auriculaire. . . .
107,2
407,3
408,0
444,2
114, s
440,6
— bi«pariétal
iss, s
434,0
431,6
432,0
184,9
443,0
435,Q
— bi-maslpïdien. . . .
118,2
100,2
442,0
412,5
149,2
wmm
4 4 5,3
Cire, horisontale
505,6
499,7
486,0
413, S
497,5
599,8
498.8 '
Courba yfiti. bi-turiealaire.
340,9
344,0
>37,0
304,7
319,2
304,0
— anléro-postér.
346,3
350,0
334,0
327,5
346,9
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l'ethnographie de le perse.
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Arabe décapité au Sahara, de
1841, h# 233
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A*ab* St Büdjk, n* 231.. .
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Arabe d'Alger, u* 303. ....
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137
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353
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164
127
Ainsi le crâne sémitique, comparé au crâne iranien, paraît être
d’une capacité moindre que ce dernier, beaucoup moins large
que lui, moins long, et ne le surpasse qu’en hauteur, ce qui fait
qu’étant très-inférieür au crâné pëmn pour la longueur delà
circonférence horizontale, il le dépasse un peu pour la demi-
circonférence verticale. M. Gliddon, dans son livre intitulé
Typm ofthe Mankind, p. 420 et 427, a donné, d’après un croquis
qui lui a été envoyé par M. J. B. Davis, un dés auteurs du bel ou-
vrageintitulé Cranta Britannica, la description d’un crâne soi-d isan t
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72
l’ethnographie de la perse.
Assyrien, extrait par M. Layard d’un ancien tumulus, en Baby-
lonie. 11 reproduit, dans l’ouvrage cité, une réduction de l’esquisse
de M. Davis, et donne la mesure des trois diamètres de cette
p
boîte osseuse assyrienne : diamètre longitudinal, t7 pouces 8/4 *
anglais ou 197"“; diamètre transversal, 5 p. 3/8 ou 137“*;
diamètre vertical, 5 p. 1/4 ou 133““. Il ajoute que dans toute la
grande collection égyptienne de Morton, il n’y a que deux tâteà
de dimension pareille à celle-là, et encore sont-elles désignées
comme Pélasgiques. Nous voyons aussi que dans tous les crânes
que nous avons mesurés, il n’y a 'que le numéro 4 (n° 223), qui
s’approche de ces chiffres, il est donc impossible de dire posi-
tivement que ce crâne n’ait pas appartenu à un Sémite. D%He
tous les cas, on peut affirmer que, pour sa longueur, il faisait
une exception à la forme ordinaire (voy. la note A) (1).
Si nous appliquons ces données à l’examen du bas-relief de
Chapour, — dont quelques têtes se trouvent renvoyées, faute de
place, à la page suivante, — nous ne manquons pas de voir que
l’hypothèse proposée par M. Ouseley pour l’expliquer, et que nous
avons déjà mentionnée, paraît être tout à fait admissible.
Nous avons insisté sur tous ces détails beaucoup plus longue-
ment que nous ne pourrons le faire pour les autres parties de
l’ethnographie physique des Iraniens, à cause de l’importance
réelle de ces faits et surtout par suite de l’admission, presque
(4) La comparaison de mes moyennes avec celles du docteur Pruner-Bey, donne
pour la longueur de la tête, une différence de — 3“"”, 3, pour la largeur, -j- 2 m “,0,
pour la hauteur, -f- 4“ m ,4, pour la circonférence horizontale, -[- 4 ““‘,2, pour la courbe
verticale longitudinale, -f- 4 et enfin, pour la courbe verticale latitudinale,
+ 4 8““”, 5. Le désaccord entre les' deux derniers résultats, évidemment plus grand
que 1 erreur possible de mensuration , indique qu’il doit exister une différence
notable entre ma manière d’appliquer sur le crâne le ruban métrique dans les direc-
tions bi-auriculaire et antéro-postérieure, et celle de M. Pruner-Bey.
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l’ethnographie de la perse. 75
générale, de résultats qui leur sont diamétralement opposés, et
qui déroutaient les investigateurs.
Ainsi nous croyons avoir établi : i° que le berceau de la race
iranienne doit être cherché à l'est de la Perse; 2* que jusqu’à
présent il existe une différence caractéristique entre les popula-
tions orientales et occidentales de l’empire; et 3* que cette dif-
férence s’est déjà fait sentir depuis bien longtemps, et qu’on en ;
trouve la trace dans les plus anciens documents ethnogra-
phiques.
Ce dernier résultat infirme l’explication donnée par Chardin,
du changement qui s’est opéré dans le sang persan. On sait que
vin. 10
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74 L’BTKHOOBAPHIE DK LA PEKSS.
llluitre voykgmr attribué cette trcrisformâtMit etdosiVéftiéttt
à l’influence des femmes géorgiennes et «ircattiéfltféé . 1 Mais M
Géorgie n’a fourni des femmes aux harems persans en nombre
considérable que depuis l’avénement de la dynastie des Séfévides
au trône de Perse. Cela a duré pendant tout le xvm* siècle, donc,
en tout, à peu près trois cents ans ; mais ce croisement a complè-
tement cessé au commencement du siècle actuel, depuis l’établis-
sement des Russes & Tifiis. Ainsi presque trois générations, et dans
tous les cas les deux dernières peuvent être considérées comme
parfaitement indépendantes de l’influence du sang géorgien, sans
que cela ait exercé une action sensible sur la conformation exté-
rieure des Persans occidentaux. Comparez les images des manus-
crits ornés de miniatures de l’époque de Tamerlan avec celles du
règne des Séfévides et des temps modernes, et vous trouverez que
le type du Persan occidental n’a presque pas varié pendant les
quatre derniers siècles. Mais quoiqu’il soitinexact d’attribuepl’amé-
lioration du sang pefSah exclusivement au croisement Ütéè les
Géorgiennes ou les CifeJtiâiéhttes, il est néanmoins cèflain que ce
changement est résulté du mélange de dhfèrses raceS* accompli
sur une grande échelle, et ayant duré très-longtemps.
11 est hors de doute que les premiers croisements des Sémites avec
les Iraniens ont eu lieu à une époque très-reculée. M. Kunik croit
pouvoir les faire remonter à deux mille ans avant notre ère, et
cettè date me paraît fort probable; mais ce qui est certain., c’est
que sous les Achéménides, et surtout depuis que les Perses eurent
subjugué Babylone et toute la Mésopotamie, ce mélange des deux
races devint fréquent et régulier. Sous les héritiers d’Alexandre
le Grand et sous les Arsacides, l’élément grec vint ajouter son
-influence à celle des éléments sémitique et araméen sur la trans-
formation des populations de la Perse occidentale, fait qui nous
est attesté par les historiens. Je ne citerai qu’un passage curieux
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L’rFHHOei APHTE BB LA «BSE. 75
dfAppien d’Alex*ndrie, qui, ayant décrit to triomphe bouffon 3e
Surena lors dé sa rentrés, dans la capitale des Parthes après la
défaite de Crassus, et ayant donné quelques détails sur le festin
offert par le barbare victorieux aux nombres du sénaf; de Séleucie,
ajoute : a Ce n’est pas que Rustius ne fût condamnable; mais les
» Parthes ont tort de blâmer ce qui vient de Milet, puisque plu-
» sieurs membres' de la famille des Arsacides qui ont été leurs
» Rois sont nés de courtisanes milésiennes et ioniennes » (voyez
Appian Alexandrin, traduit du grec en français par Odet Philippe,
sieur des Mares, conseiller du roi au siège de Falaize. Paris,
1669, p. 186). Il est vrai que non-seulement les rois des Parthes et
leurs courtisans dépravés recueillaient, pour leurs débauches, des
femmes de toutes les nations voisines ; mais les hordes turques
que les Arsacides traînaient à leur suite ont dû nécessairement
aussi introduire l’élément touranien dans la population de la Perse
occidentale.
Cet ordre de choses a duré depuis l’an 250 avant J.-C. jusqu’à
l’an 226 de notre ère, c’est-à-dire pendant 476 ans. Sous les
Sassanides, les populations de race persane ont pu se retrem-
per dans le milieu national, pendant les 425 ans qu’a duré
cette dynastie. Depuis, la domination arabe a de nouveau faci-
lité durant quatre siècles le mélange des Sémites avec les Ira-
niens. Sous les Seidjoukides, pendant 156 ans, sous les Kharezm-
Chahs et sous les Monghols, de même que sous les descendants de
Tamerlan, pendant plus de 500 ans, les Persans se croisaient
constammeht avec des races touraniennes. Sous les Séfévides, de
906 à 1133 de l’hégire, comme nous l’avons dit, l’élément géor-
gien et arménien est devenu prépondérant dans les croisements
des Persans, et ce n’est, à proprement parler, que dans le siècle
actuel que la Perse est réduite, pour le renouvellement de sa popu-
lation, à ses seuls éléments nationaux.
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L’ETHNOGRAPHIE DE LA PERSE.
Ainsi, depuis l’époque des Achéménides, la population de la
Perse s’est trouvée sous l'influence prépondérante dès races :
Araméo-Sémitique 4 500 ans.
Grecque et Sémitique, pendant à peu près 200
Grecque, Sémitique, Araméenne et Touranienne . . . 500
Persane 425
Sémitique. 400
Touranienne 600
Arméno-Géorgienne * . 220
Pour apprécier exactement ces dates, il ne faut pas perdre
de vue que par influence prépondérante nous ne désignons que
celle qui s’exercait sur les classes supérieures et aisées delà société,
représentant toujours une fraction minime du chiffre total de la
population de l’empire, et que par conséquent ses effets sur la
masse du peuple avaient, naturellement, une action très-lente. A
vrai dire, c’est seulement l’influence sémitique, ou plutôt exclusi-
vement arabe, qu’on peut considérer comme véritablement domi-
nante parmi le bas peuple persan, surtout depuis le triomphe de
l’islamisme, par des raisons à la fois politiques et religieuses.
L’obligation imposée par la loi à chaque musulman aisé d’aller au
moins une fois à la Mecque, usage qui semble avoir existé en
Perse déjà à l’époque des Sassanides (voyez Prairies d’or de Ma-
çoudi, traduction de MM. Barbier de Meynardet Pavet deCourteille,
t. 11, p. 149), n’a pas peu contribué à étendre l’effet de l’influence
sémitique sur toutes les classes de la société.
Toutes ces actions extérieures, abstraction faite de celle des
races touraniennes, étaient dirigées de l’ouest à l’est; 'par consé-
quent les populations occidentales de la Perse devaient surtout
en ressentir les effets et en porter des traces bien tranchées.
Cette observation vient à l’appui du premier résultat que
je crois avoir obtenu par l’examen des crânes, et m’oblige à expo-
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77
♦
l’ethnographie de la perse.
serplusen dUÉi les traits principaux de l'a conformation physique
des population* orientales.
Les habitants^ de race persane des provinces orientales de la
Perse y sont maintenant généralement désignés par le nom de #
Tadjiks. Ce nom, complètement inusité à l’occident de la Perse,
ne commence h être employé, comme désignation d’une classe
déterminée de la population, que dans le Khôrassan oriental,
dans le Séistan, à Hérat, dans l’Afganistan, et il né devient géné-
ral pour tout homme de sang persan que sur les rives de l’Oxus
et au-delà de ce fleuve. Les Occidentaux le connaissent aussi il est
vrai, mais sous une forme abrégée ; ils désignent par Tat, dans le
nord-ouest de la Perse, les aborigènes de ces contrées subjugués
par les races turques. Pietro délia Valle me paraît être le premier,
parmi les Européens, qui ait fait mention de ces derniers; notam-
ment il dit (tome II, p. 468 et 469, trad. franc, de l’an 1663) :
« Les gentilshommes, je veux dire ceux qu’ils appellent Chizilbasci,
» et qui sont soldats originairement, ne s’enrôlent parmi eux,
a (parmi la milice), mais seulement ceux qu’ils appellent Reaiet,
» c’est-à-dire vassaux, ou Tat, qui sont quasi comme parmi nous
» de la lie du peuple. Il est bien vrai, que le nom Tat passe pour
» roturier en Perse, parce qu’il ne convient qu’à ceux qui ne font
» pas profession de porter les armes, ni de servir le roi en per-
» sonne; néanmoins, si nous l’examinons de près, nous trouverons
» qu’il est plus noble que celui de Chizilbasci, parce qu’en ;effet
a Chizilbasci est le nom d’une certaine race de gens qui se sont
a introduits, et qui se sont rendus puissants depuis peu par la
a force, et qui commencèrent à paraître, comme je vous ai écrit
a autrefois, avec le roi lsmaël Sofi; mais Tat est le nom de ceux
a qui descendent en droite ligne de la véritable ancienne race des
b Persans, a Nous reviendrons plus en détail sur les Tat , quand
nous parlerons des variations du type primitif iranien dans les
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*
78 L’ETOfîOGRAPHIE de perse.
différentes parties de l'empire de Perse, et aussi quand nous expo-
serons la distribution des dialectes persans; maintenant bor-
nons-nous à l’examen des Tadjiks.
% Ce nom, tiré évidemment du mot persan tadj ou tiare , ne se trouve
pas mentionné chez les anciens, ni dans les inscriptions achémé-
nides. Hérodote parle des Dadices, qui, avec les Sattagydes, les
Gfmdariens et les Asparytes, formaient le septième nome, et étaient
taxés à 70 talents qu’ils payaient à Suze. Cette dernièpe circon-
stance nous force 'a les placer à l’ouest de l’empire de Darius, cfau-
tant plus que leur contingent dans l’armée de Xerxcs était com-
mandé par un fils d’Artaban, frère de Darius ; néanmoins, je suis
très-porté à les prendre, comme l’a déjà fait Hammer (voy. Wie-
ner Jarbuech, t. LUI, p. 25), pour des Tadjiks , car dans le VII* livre,
§ GG, Hérodote les assimile pour leur équipement aux Bactriens.
Toutefois je serais encore plus porté à les retrouver dans les tt aat-
xcu de Ptolémée (liv. VI, chap. xu, p. 422, Willberg) habitant
près des monts Oxiens , si l’on admettait, ce qui est assez
probable, que les copistes aient confondu 1er avec le 7t,car t aatxou
serait incontestablement la seule manière possible de transcrire
correctement en grec le nom des Tadjiks. Cette supposition me
paraît d’autant plus probable que, comme l’a déjà remarqué
I\ilter ( Gepgr t. VII, p. 714), Denys le Périégèle mentionne
les Tadjiks sous le nom de Taw». Quoi qu’il en soit, la plus
ancienne mention positive de ce nom nous a été conservée
par les Chinois. Deguignes (Uist. des Huns, t. Il, p. 51), dit en
note, a la date de l’an 122 avant Jésus-Christ, que le général
Tchang-Riao qui avait visité les pays occidentaux en dehors de la
Chine, avait fait à son retour un rapport détaillé sur les contrées
qu’il avait parcourues. « A l’occident de Gan-sie (’Ansi), » dit
Deguignes « d’après ce rapport, on trouvait le royaume des Ttao-
» tchi dont la situation répqnd a la Perse. On dit que ce royaume
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19
L'Bnnioeiutnns m i» pensé.
» «st tciiinàFig mer d'ÔccWettt} c’eSt sans doute le golfe Per-
* aiàuav On y troüve de» grains en abondance et un oiseau dont les
»<osà& sont très -gtoi. Anciennement ces peuples étaient gcra*
» vèrnéé par-War prince; maie dans là soi te 1 m G an- sis (’Ansi-
a Parthes ?) les ont soumis et ont réduit leur royaume en province.
» C’est ce que les Parthes ont fait de la Perse. » Grâce k l’obli-
geance si connue de M. Stanislas Julien, qui m’a fait remarquer
ce passage de Deguignes, je puis compléter notablement ce ren-
seignement précieux. Avec cette bienveillance du vrai savant, qui
met l'intérêt de la science au-dessus de toute autre considération^
l’illustre sinologue français a.bien voulu me consacrer quelques
séancés à la Bibliothèque impériale, et parcourir avec moi les no-
tices sur les contrées occidentales, conservées dans lePten-t-itett, on
histoire des peuples étrangers connus des Chinois. Je doline ici lé
résultat des notes prises sous sa dictée, et quoique dette matière
ait déjà été abordée par le savant M. Neumann (voy. Asiat. sludten ,
t. 1, Persien), et d’après lui par Cari Putter ((ieogr., t. VH, p. 716
et suiv.), de même que par M. Pauthier, quoique incidemment;
dans son important mémoire sur l’inscription syrO-chinoise de
Si-Ngan-Fou, je crois qu’on me saura gré d’avoir appelé sur
cette question l’attention de l’illustre membre de l’Institut.
Les rapports de la Chine avec la Perse sous IcsSassanidès, coin-
nus très-imparfaitement par les auteurs orientaux (voyez Maçoudi,
trad. de M. Barbier de Meynard, et Y Histoire des Sassànides d’après
tes àrtftetiri arméniens par Patkanof, p. 22), ont été très-fré-
tyttetttà. A deüx reprises différentes, entre 455 et 518, et depuis
Ptttinée 688 jflsqu’k 771, dernière année où, dans les annales chi-
noises il soit question du pays de Poussé (Perse), et des Tao-tchi
(Tàdfiks), il ÿ a eù plusieurs ambassades envoyées par les roïs de
Perse à l’èttlpëfeur dé Chine. Non-Seulement les ambassadeurs
persans sd succédaient très-rapidement à la cour impériale, mais
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L’ETHNOGRAPHIE DE LA PERSE.
les princes du sang royal de Perse venaient se mettre sous kt pro-
tection de. cette cour contre les attaques des Arabes. Ces dates
sont très-significatives. Le commencement de la première période
correspond aux attaques du royaume des Sassanides par les Huns
et les tribus turques , ainsi qu’aux premières guerres intestines
qui éclatèrent entre les membres de cette dynastie, à la mort de
Yezdedjird II. Bahram V, surnommé Gour, repoussa lui-même
les incursions des étrangers, mais son fils songea à avoir recours
à son puissant voisin oriental. Les faits historiques concernant
la Perse ne sont pas - nombreux dans les annales de la Chine,
mais ils sont curieux, et en général très-exacts; dans tous
les cas, ils nous garantissent la véraoité des autres détails que
nous leur emprunterons tant sur le pays que sur les habitante.
Nous y lisons qu’en « 618 le khan des Turcs, nommé Chi-ho-iou,
» s’empara du royaume de Possé et tua le roi appelé Ku-esa-o. Son
» fils Chi-li monta sur le trône, mais Chi-ho-iou envoya le chef de
i» sa horde pour diriger le royaume ; quand Chi-li fut mort, le
» peuple ne voulut pas se soumettre aux Turcs, la fille de Ku^sscm
» devint reine. Les Turcs la tuèrent, et le fils de Chi-li, Ten-ki, s’en-
» fuit dans le royaume Fou-lin. Les Persans allèrent l’y chercher,
b le mirent sur le trône, et il devint roi I-tan-ehi. Après sa mort,
» I-ssé-i, fils de son frère aîné, monta sur le trône. Entre 666-
» 660, le roi de Perse fut tué par les Tachis. Son fils Pirlpurtsé
» demanda du secours à l’empereur, mais Ka-tsong s’excusa à
» cause de la longueur de la route. » Dans la notice géographique
sur le Ssi-yu, ou les Contrées Occidentales, ce fait remarquable est
relaté avec plus de détails. Nous y lisons : « I-ssé-i ne régna pas,
» il fut chassé par un grand chef, il s’enfuit chez les Toukhares. Au
» milieu de la route, les Ta-chis le frappèrent et le tuèrent. Son fils,
» Pi-lou-ssé entra dans le pays des Toukhares pour échapper au
» danger. 11 envoya des ambassadeurs pour implorer le secours
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l’ethnographie de la perse.
8f
» de l’empereur j mais Kao-tsong n’ayant pu envoyer des troupes, à
» cause de l'éloignement, s’excusa. Les ÏVc/iis firent des incursions,
» mais les habitants de Toukhara les reçurent à coups de lance. »
11 est impossible de raconter plus exactement la fin de la
dynastie des Sassanides. Kthssa-o e st évidemment Khosrou-Perviz,
qui, .près un règne de 88 ans, fut détrôné et tué en 628. Son fils
Chi~li est Chirovèk , qui, -ayant détrôné et tué son père à l’aide des
Tunes, ne- régna pas. longtemps. La. fille de Kbosrou dont il est
question dan^ les annales chinoises, est, sans contredit, Bouran,
qui régna un an et demi d’après Maçoudi, et qui fonda le pyréè
deSehn dans l’Irak; quant à I-tan-Chi, c’est le Firouz-Kheche-
nindèh de Maçoudi, nommé plus :correctement pair Mirkhorid,
Tchaehinendèh, comme le prouve hirtrqnscriptian de,sqn rtpm
par les annalilStes chinois. Enfin I-ssé-t n’est autre que le dernier
Sassanide Yezdedjirdlll, tdé lors de l’invasion des Arabes ou des
Tazis en 651, sous les ordres de Kaleb, général des armées du
'Khalife Abou-Bekr. Les historiens musulmans s’arrêtent géné>
râlement là ; mais les annales chinoises nous permettent de voir
que les descendants de Sassan ont conservé presque jusqu’à la fin
dû nn* siècle de notre ère l’espoir de regagner le trône de leurs an-
cêtres, à l’aide des Chinois; ainsi le IH-loussé dont il est question
dans le passage que je viens de citer n’est autre que Firquz, l’un
des deux fils de Yezdedjird. Nous apprenons de plus qu’entre 661
et 668, l’empereur lui donna le titre de gouverneur de la Perse, et
sur ses plaintes touohantles incursions des T achit, le gouvernemen t
chinois envoya des délégués dans les contrées occiden^des qui les
divisèrent en arrondissements et en districts. La yjfe&t'Eiilin (1)
-i -, % >
(4) C’est peut-être Zirin, ville du Séistan,' uientioiuiée par Mhkfoi trtidi'tfe
Mordtmann, p. 444). Dans tous les cas, il me semble probable que lea médailles indo-
sassanides, décrites par Prinsep, Lassen, etc. (voy. Lassen, Zur Gesch. der Griech . u.
Judo skyt . Koenige , p. 108), se rapportent à celte époque, où les derniers princes eas-
VIII. il
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M
i , 'ethnographie ne ia «eue.
fut assignée pour résidence au gouvernent de la Uses»;, a» toêtae
temps on aeeotda h Firooz le titee de (w^ii^riiÉéimltur
général, maie cela ne l*r»pêeàapas «l’êtrecUMsé paii les Tasài*.
11 se rendit en 670 à la cour de l'empereur et y resta juaqulen 603;
il fut élevé au grade de général de la droite. Enfin, en 690, le*
Chinois se décidèrent à faire une démonstration militaire, ep
faveur des princes sassanides ; l'empereur ordonna à son général
Fei-kinf^kia* de protéger fVt»nte-sqé,' fije du rpt . de Perse, et 1 de
le remettre sur le trône de ses ancêtres. Le général pénétra avec
l'armée qu'il commandait jusqu’à 8toui*ché, ville du pays des ’Ansi
(Parthes); mais là il fat forcé de rebrousser chemin, et son protégé
alla se réfugier ches let Toukhsnres. . i
J’espère qu’on me pardonnera cette digression liistorique, à
cause de la nouveauté des renseignement» qu’eUo contient, et
parce qu'elle montre que, même sous les Sassanides* il ya eu doux
époques assez longues, l’une de soixante-trois ans et l’autre d’ane
trentaine d’années, pendant lesquelles les habitant» des provinces
septentrionales de l'empire étaient fortement exposés àl’inflasnce
des Touramens.
Les renseignements fournis par les Chinois sur la géographie
et les produits de la Perse, de même que sur les mœurs de ses
habitants, peuvent se résumer en peu de mots. Le royaume de
Pthla-ssé est situé à l’ouest de la rivière Td-go (?) ; du côté de l’est
il touche Au Toukharistan (province de Khoulm), et au Rang
(Soghdiane); au nord il est voisin des Turcs Kosa (les Gosses, les
Sakes, lesKaiss&kesinodernes); àl’ouestetausudilconfineàlamer.
Ce pays éit Situé au nord-ouest de Angué-ké-lo (?), et lui-même a
dans laj pj^fty^ iÿrpr ti nn je royaume d eFoulin (empire de Byzance).
$a aides s’étifeÉrent sur les confins septentrionaux de l'Afghanistan actuel, et pour
expliquer la présence de ces médailles à Beghram , on n’a pas besoin de rocourir à
lhypotfièse de l'existence d*une seconde branche Sassanide régnant à Caboul.
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l'ethnographie de LA Mute. *
89
La capitale de Po-la-ssé est appelée, d’après une notice, So-li ,
située à l’ouest de Tchéou-mi, ancien royaume des Tiao-tchi;
d’après l’autre, c’est Ssou-li-ssa-tang-m, qui a 40 li (4 lieues)
de circonférence, et dont la rivière est considérable et le terri-
toire très-vaste. La première de ces deux villes me paraît être Sari,
située à l’ouest de Djei-houn-mcrz ou des bords de l’Oxus, ancien
pays des Tatljiks, et dont la rivière Tidjan est assez importante,
Ssou-li me semble être une autre transcription du même nom.
Quant à ssa, c’est l’équivalent de chéhr, et dans tang-na , je crois
reconnaître l’intention de rendre le mot persan Tabéristani (1).
Le pays est plat et uni; sa température, d’après quelques notices,
est chaude et humide (sic), ce qui peut être vrai si ceux qui ont
fourni ces renseignements ont visité la Perse du côté de Bassorab,
ou s’ils ont vuleGhilan et le Mazandéran. Le pays produit de l’or,
de l’argent, du laiton, du corail, de l’ambre, de la cornaline, des
perles fines, du verre, du lapis lazuli, du cristal, de l’acier, de l’ai-
mant, du cuivre, de l’étain, du cinnabre, du sel, de l’orpiment, du
mercure, etc. On y récolte du storax, de la soie, du coton, du
poivre, du miel sauvage, etc. Les cinq graines et les oiseaux sont
presque les mêmes qu’en Chine, mais on n’y cultive pas le riz (9).
(1) Cela peut être aussi le Souristan. nom que les géographes orientaux donnaient
quelquefois à l'Iraq-arabi, comme l'a signalé M. Reinaud dans son remarquable Méxroiro
sur l'Inde (p. 158). Dans ce cas, les détails géographiques rapportés par les Chinois
sur la Perse, correspondraient aussi avec les explications proposées par M. Pauthier
dans les notes 2 (p. 57) et 4 (p. 68) de son savant Mémoire sur l'inscription syro-
chinoise de Si-Ngan-Fou, monument nestorien élevé en Chine l’au 781 de notre ère.
(Paris, 1858, extrait des Annales de philosophie chrétienne, publiées par M. Bonnetty,
année 1 857.)Unedes difficultés que j’éprouverais à reconnaître dans le Ta-go des Chinois
la rivière de Karoun, c'est que les Chinois disent que la Perse était ti l'occident de ce
tleuve, tandis que nou6 savons par le levé du lieutenant Selby, exécuté en mars et
avril 1842, que cette rivière coule presque directement du N.-N.-E, au S.-S, -O., et
que les pays peuplés par les Persans sont à l'orient, ot non pas à l'occident de son cours.
(2) Ainsi la culture du riz était inconnue en Perso avant l'islamisme.
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su l'exhnogaaphie de la fesse.
Les quadrupèdes » ont «usai «expbl^ble» à ceux dp U, Chine, «ver
cette différence qu’on y rencontre des lions, des éléphants blancs
et l’autruche, que les Chinois décrivent comme ressemblant b un
chameau, ayant des ailes, mais ne pouvant pas voler .haut. On y
trouve également des chameaux qui peuvent faire 700 li(70 lieues)
par jour, d’excellents chevaux, des ânos et de» mulets d’une
grande taille.
Tous ces détails sont parfaitement exacts jusqu’il la. vitesse des
chameaux, car, dans le Beloudjistan, il y a encore 4e nos jours
des dromadaires qui parcourent des distances considérables en
très-peu de temps. 11 n’est pas étonnant non plus que les Chinois
aient pu croire que les éléphants fussent originaires de la Perse ;
car non-seulement nous savons en général que ces animaux
étaient employés déjà du temps des Achéménides dans l’armée
persane, mais Maçoudi nous apprend que Khosrou-Perviz
possédait mille éléphants plus blancs que la neige, dont quel-
ques-uns atteignaient douze coudées de haut (Prairies d’or ,
t. II, p. 230). Les renseignements fournis par les Chinois sur
les habitants de la Perse se réduisent à ce que les hommes
sont d’une grande taille, qu’ils ramènent leurs cheveux sur le
haut de la tête, et vont les uns sans aucune autre coiffure, tandis
les autres portent des bonnets de peau. Leurs robes sont de
coton et de laine de couleur noire et blanche, ou verte et
blanche, mais toujours bordées d’étoffes de soie travaillée; ils
ne fendent jamais leurs vêtements par le devant. Les femmes
portent de grandes robes et de grands manteaux; elles réu-
nissent en de nœud une partie de leurs cheveux sur le
devanfeMlo la tête, et laissent flotter les autres sur le cou. Elles
les ornent dé fleurs d’or et d’argent, et y insèrent des perles
de cinq couloirs. Les Persans se marient sans égard pour la
noblesse ou la bassesse de la condition; ils ne font pas même
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l’ethnographie de la perse. 85
attention au. degré de parenté, et iis peuvent, épouser leurs
sœurs (1). Parmi les barbares, ce sont les plus laids et les plus
sales.|Leur langue diffère de celles des autres nations, et leur écri-
ture est tout autre que celle qu’on appelle nou-chou , écriture des
barbares. Ils adorent l’esprit du Feu, et ils sacrifient au ciel, à la
terre, au soleil, à la lune, à l’eau et au feu., En Perse,, la droite est
plus honorée que la gauche, et quand les Persans se saluent, ils
touchent la cuisse (2). Ils déposent leurs morts sur des montagnes ;
les gens chargés des pompes funèbres sont considérés comme
impurs; ils résident hors des villes, et quand ils y entrent ils
agitent une sonnette pour qu’on les distingue. Le deuil dure un
mois. L’année des Persans commence le sixième mois de l’année
chinoise. Ils attachent la plus grande importance au septième jour
du septième mois, et au premier jour du premier mois; ce jour-là
on s’invite mutuellement à des repas qu’on égaye avec de la mit*
sique. Les Persans sont très-habiles à fabriquer toutes sortes
d’étoffes, et à tisser des tapis qu’ils font à poils longs ou
courts; leurs produits sont très-estimés dans les pays étrangers.
Ils savent labourer la terre, qu’ils arrosent artifici ellement, vu le
grand nombre de déserts sablonneux. Us ne cultivent pas les
lettres. Le deuxième jour du premier mois, chacun offre des
sacrifices à ses ancêtres. La justice est rendue dans un tribunal,
mais on n’écrit pas la sentence, on se borne à la prononcer. Les
peines sont très-sévères; les grands coupables sont attachés à un mât
élevé et on les tue à coups de flèches (3). Quelquefois on leur coupe
i.~» * i
(4) Il est très-curieux que Hanway observe quo dans le Ghilau l'usage d’épouser
les sœurs a disparu depuis longtemps ; donc au xvui® siècle oq se sotxven&U encore de
son existence.
(*) Cette mode de saluer en s’inclinant de côté et en touchant la cnisse, ou le mollet,
est encore en usage en Perse.
(3) C'est le tlrboran , ou la pluie de flèches des Persans.
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l’ethnographie de la Perse.
lé nets et fcÜ pieds. Pour des crimes moins grattes,- on condamne-
à une prison perpétuelle, oh rase complètement la tête, ou l’ott
coupe la moitié des cheveux sur les tempes, on suspend au cou Uh'
écriteau. Lorsqu’on a eu des relations avec une femme noble,
l’homme est exilé, et l’on coupe les oreilles et le nez b la femme. Les
impôts sont payés d’après le revenu de la terre, ou bien l’oh verse
quatre pièces de monnaie d’argent; cette même monnaie sert
pour le commerce. Les soldats sont armés de boucliers, de lances,
de frondes, d’arcs et de flèches. On mène des éléphants au com-
bat, et chacune de ces bêtes est accompagnée de cent soldats. Les
Persans ont subjugué tous les barbares de l’Occident. Le premier
roi des Persans était Po-ssé-niè (Pouri-SassanT), qui descendait dés
grands Ieoutchi (Scythes); les indigènes appellent le roi risati-ki
(Ar-dza-kt) et ’Fang-pou-sso (?). Les fils du roi Sont appelés Chù-yi
( Chahzadeh ). Parmi les grands officiers, il y a ; 1* le mohotan
( moubedan-moubed ), chef de la justice; 2* le ho-ni-han, chargé
du trésor royal (amin ?) ; 3* le kin-ti-hou (?), qui présidé aux
documents officiels; 1* le ho-lo-ho-ti f chargé des affaires intérieu-
res du roi, probablement le âÇciSpiTYiç de Ctésias ou lè Hézkrapét
des auteurs arméniens (Voy. Patkâhof, p. XVÏII),'et 5* le pt-po-pO,
qui a *ous son contrôle les soldats et les chev&Uk, probablement
le sipehbed. Le roi choisit pour son héritier celui de ses eiifahts
qu’il juge le plus digne de lui succéder; il écrit Seérètemènt Sôh
nom sur un papier, enfermé sous un pli cacheté, elle dépose dans
son trésor. Ce pli n’est ouvert qu’k la mort du roi. Quand la
volonté du rot défunt est promulguée, ses autres enfants aban-
donnent lu lottf) s’en vont b la frontière et ne revoient jamais
leur frèreifi^hànt. Le roi possède une dizaine de petites rési-
dences ; le quatrième mois de chaque année, il sort pour se pro-
mener, et il ne revient que dans le dixième mois.
Ces renseignements divers que nous avons réunis en un cbrps,
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L’ETHNOGRAPHIE DB LA PB18E. VI
se trouvent mentionnés dans les annales chinoises, entre les
années 122 avant Jésus- Christ et 639 après Jésus-Christ ; donc ils
ont été recueillis dans l’espace de huit siècles, et il est difficile de
ne' pas remarquer que dans les anciennes relations, les Persans
sont plus souvent désignés par le nom de Tiao-tchi que par celui
de Po-lassé. Ce n'est que plus tard, quand les Chinois ont pénétré
dans les provinces occidentales du pays, qu’ils ont commencé à en
nommer les habitants indistinctement Po-la-ssé ou Tiao-tchi, ce
qui prouve que dans ces temps reculés, comme aujourd'hui,
le nom de Tadjik était plus répandu h l’est qu’h l’ouest de
l’empire de Perse. L’aspect presque européen de ces popula-
tions n’a pas échappé à l’observation des Chinois, car on lit dans
Hiouen-lsang que les mœurs des Foulins (Byzantins) ressemblaient
à celtes de la Perse, mais leurs corps, leurs figures et leur langue
sont un peu différents. Les auteurs du moyen âge, tant Arabes
qu’Européens, semblent ignorer le nom des Tadjiks; chez les
auteurs persans, autant que je m’en souviens, il ne paraît qu’à
l’époque des Timourides, ce qui serait presque impossible si ce
nom était un nom générique, celui d’une nation. Dans ces der-
niers temps, on a voulu h toute force voir dans le mot Huzva-
rech, Tazik, répondant au mot persan tazi, un synonyme du
mot tadjik , quoiqu’on n’ait aucune raison de supposer le mot
tadj avec tous ces dérivés, tels que tadjik, petite couronne,
tadjdar , possesseur de la couronne, tadjvoer, porte-couronne,
moins ancien que les mots tazi, taz , tazianèh, etc. L'opinion
des Tadjiks eux-mêmes semblait y donner droit. De même
que le lieutenant Wood, j’ai entendu naûi-même de la bouche
des Tadjiks de Boukhara, avec quelques variantes, un conte
semblable k celui qu’ils débitèrent au brave explorateur des
sources de l’Oxus. Après avoir dit qu’il croyait que les Tad-
jiks étaient des Persans ( Journey to the river Oxus, p. 259-267),
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88 [.'ETHNOGRAPHIE de LA PERSE.
M. Wood coDLiÿyç ; « Mais les Tadjiks eux^mémes indiquent
» l’Arabie et lea environs de Baghdad comme première habitation
» de leurs ancêtres; et comme celte opinion est généralement
» répandue, elle mérite une certaine attention. Ils disent que
» leur nom est dérivé du mot tadj, ornement de tête, et qu’il a
■ été donné à leurs pères parce qu’ils étaient soupçonnés d’avoir
» enlevé ce symbole de royauté delà tête deMouhamed. Cependant
» ils sont trop nombreux pour être des descendants des guerriers
» arabes qui envahirent cette vaste portion de l’Asie dans le pre-
» mier siècle de l’hégire. » Cette dernière raison serait bien faible
pour rejeter leur origine sémitique, s’il n’y en avait pas d’autres
beaucoup plus sérieuses. Mais avant de les exposer, je crois devoir
signaler ce qu’il y a de vrai dans les renseignements recueillis
par M. Wood chez les Tadjiks de l’Asie centrale, d’autant plus
que cela nous expliquera comment la tradition de leur origine
arabe a pu se former et se maintenir parmi eux.
La persécution énergique des descendants du prophète dans
la Mésopotamie par Iludjadj, pendant les derniers vingt-cinq ans
du premier siècle de l’hégire, força beaucoup de Seïdes, établis à
Koufa, Baghdad, Bassorâh, etc., à se réfugier dans la Trànsoxiane.
Parmi les plus connus était le seïde Souleiman, fils d’Abdoulah
Heddad, et arrière-petit-fils de Zeinelabeddine. Il émigra à Our-
guendj, où il épousa la sœur du seïde Mahmoud, surnommé
Andjiri Fahnavi, enterré à Pîrmest, près de Boukhara. De ce
mariage naquirent deux frères jumeaux que leur père nomma,
en l’honneur des enfants d’Aly, Hassan et Hussein, et une fille.
Cette dernière ayant épousé un Seïde réfugié à Boukhara, eut un
fils nommé Emir-Koulal, ancêtre de la branche des seïdes koulali,
très-nombreux à Boukhara et à Vafkend. Hassan ne laissa pas
d’enfants, mais Hussein eut deux fils ; l’aîné Djélal est l’ancêtre
des Seïdes de Kaboul et de l’Afghanistan, et les descendants du
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t 'ethnographie de la perse.
8»
plus jeune, Kémal, forment la branche des Seïdes de Boukhara,
connus sous le nom des Seïdes Khourdes ou petits Seïdes. Enfin la
troisième souche des Seïdes de la Transoxiane, ceux des A la, est
aussi formée par des descendants du prophète qui s’enfuirent au
delà de l'Oxus, pour se soustraire aux persécutions de Hudjadj.
Toutes ces branches se mêlaient avec les Tadjiks, et il est naturel
que celles des familles de ces derniers qui avaient des rapports de
parenté avec les illustres émigrés, fussent plus considérées que
celles qui leur étaient étrangères. Cet état de choses se maintient
jusqu’à nos jours, et il n’est pas étonnant que presque tous les
Tadjiks revendiquent l’honneur d’une origine arabe, car cette
prétention, impliquant leur descendance de la lignée de Mahomet,
non-seulement leur procure des avantages honorifiques, mais les
' exempteen même temps des impôts et de ^obligation de fournir des
soldats à l’armée du pays. Ainsi l’opinion professée par les Tadjiks
d’être originaires de Baghdad n’est pas entièrement fausse, mais
elle ne s’applique qu’à un très-petit nombre de familles et ne doit
pas être étendue à toutes les populations désignées par ce nom.
Du reste cette prétention n’est pas générale, et nous savons par
'M. Masson (voy. Ttavels in Belouchishxn and Afgh., etc., t. 1, p. 217)
"que les Tadjiks de Bajor se disent les descendants des héros de
l’époque kéanienne.
Lassen, après avoir exposé que c’est seulement depuis l’époque
des Ghaznevides, que commence la transformation des peuplades
voisines de l’Hindou-Kouch, et après avoir indiqué que quelques-
unes d’entre elles se réfugièrent dans les hautes vallées de cette
chaîne, dit : ( Indische alterthumskunde, 1. 1, p. 426) « Les subjugués
• sont appelés Tadjiks, nom qu’on donne dans les provinces orien-
» taies de la Perse aux anciènnes populations sédentaires s’occu-
» pani d’agriculture, et actuellement soumises a d’autres peuples;
» ce nom ne décide rien quant à leur origine. On les nomme
vin. 12
♦
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90 l’WHNOGRAJHB »E 14k HUE
*auMi, 8*ihton> 'ou vilkageois, «b çè n’est pas seulement daasffe
« Ifvghnwit, nais aussi, dons le SotvacL, parmi les Youssou(zeii,doat
«iis sont fesser fs.. > boaAfgkanseUïesAJsbeki leu nomment «ttasi
pi Ftrsiami. probablement à caisse de leiufs idiomes, quisont de»
|S dialecte» dupersoaj tandis que leurs. maîtres se servent dl autres
«-(langue», quoique les Tadjiks du, Kaboulistan ne parlent pas
« partout le persan {!),.» A ces nombreux synonymes du mot
Tpdjîk, noos. poiodjrooe encore celui, de £atl qu’on leur donne, ^
Jilwa, et noos concluereos, avec l’illustre savant allemand, que
ce nom ne décideras de leur origine, l’ajouterai de plu&.qup
le Ta^f, ou couronne, était,, pour les secUleu vsde Zeroastre, çe> que
le signe de croix est pour les chrétiens,, et. le salie h, ou turban,. pour
les nuisulinaos, c'est- is-dire uns marque extérieure par, laquelle, ils
se distinguaient des seetpteurs. d autres croyances. Déjà Maçoudi
(t. H, p. 103) parle du sent mystérieux que les Persans, gtta-
'Chaient à l’usage de porter la couronne; mais. en, dehors, m^me
de son témoignage respectable, tous les, livres du ri Lucides, G wèbres
viendraient nous l'affirmer. Voilà pourquei ce pooa( l esttsi n r4paA<fyi
dans la vraie, patrie de la. religion de.,,Zoroastre t établie, dans
tk Bactriane bien, atant qu’elle ne pût , pénétrer à l’Occident, pù
ttaâflie du tempo de Gambyse, le peuple pe pquvaiti souffrir Jps
Mages (Hérodote, liv. 111, chap. lxïiï). Mais. U preuve, la plqs
oqnvairtcante v selon moi> de lç différence des. ,mot». Taaf et
'Tadjik, est que ces deux mats existaient déjà, jdu. temps des Area-
cidqa et des Saseanides, avant l’invasion , des Arabe» musulmans,
et que le premier était transcrit par le» Chinois par, Tuchi et
le second par Tieuo-tchi. Mais si le, mot Tadjik chez lesPcrsanR,, 4e
(4) Cette derniètv remarque qoe l’illasMM pttjfessmr d*Ioo»<a empruntée à Biphia»
«ton» ne me partit pas étr» Aosl & fait, exacts, bs» Vaéîîfe parlent pai^out, l».pqf»aq,
»ppme l'indiquq du re^le le sobriquet de Partisan qui n’est qu'une abrévialioij du mot
Pnrsi-zeban, ou parlant le persan.
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L’smOOMFNIE M IA PBtSE.
même que salebii ou benou-saiib chez les Arabes, était une désignation
de religion, il est évident quedans les premiers temps de la propa-
gande musulmane, *ii les nouveaux convertis, ni les fidèles au culte
du feu, persécutés pour leurs croyances, n'osaient pas se donner
un titre odieux a leurs conquérants. Voilà comment je m’explique
l’absence de ce nom dans les écrits des auteurs arabes des pre-
miers siècles de l’hégire, et aussi sa réapparition à une époque
ou l'islamisme était déjà trop fort pour que ce nom de secte, devenu
nom d’une nationalité, puisse lui porter ombrage. Mais, malgré
la domination exclusive parmi les Tadjiks du régime musul-
man pondant treize siècles, cette religion envahissante n’a pu
extirper complètement les habitudes traditionnelles de respect
pour le feu. Dès qu'on franchit les limites du khorassan, soit en
venant du nord (du Mazanderan), soit en y pénétrant de l’ouesl (de
l'Irak), on est frappé par une coutume qu’on netrouvepas ailleurs.
Notamment lorsqu'une députation de villageois vient à la rencontre
du voyageur pour lui faire honneur, les députés présentent, en
hiver comme en été, un pot rempli de braise ardente. Plus on
avance vers l’orient, plus ces traces de l’ancien culte sont évidentes
et nombreuses. M. Wooddit, page 33 i de son voyage cité : « J'ai
« déjà eu l’occasion de mentionner lu répugnance éprouvée par le,
» habitants de Badakhchan k souiller une bougie -, on peut trouver
p.de «lima ici (a jVakb»*) de semblable# traces de. la religion
» de Zor oestre, Un habitait 4 e 1 .yakban oamaidère -comme df
« «tannais. wgtir# déteindre une ..tanière en «nutflant demusjil
i> préférera monvnir sa. mm pendant quelque# minâtes «devant fa
de le .franche .de-pip-epti ,ta nentide «haedpUe, -qtve.de
» recourir B. une» -tn&hpdft plue , efltoiae» anai » ta- «et hi§o plek
j», désagréable, na me- -dewripüao do iktanet de taukhara,
nMP8, i’akflaetHiofliaé apadiiqiml^uea neuliuBles 4m
Tadjiks de celte province,. nù 41 eat dtf&cite d«ne,(M«<fr#VMWafote
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»3
l’etbnogramue de la perse.
un vague souvenir d’un culte longtemps disparu. Telle est U fête
célébrée chaque printemps et connue sous le nom de T char chàmbei-
svnnï. Après le coucher du soleil, on allume des bûchers et l'on
saute par-dessus la flamme. Malgré «on nom musulman, cette fête
est évidemment contraire à l’orthodoxie, car ces cérémonies sont
sévèrement réprouvées parle clergé. Tel est aussi le traitement des
malades par le feu, où l’on force le patient de faire trois fois le tour
d’un bûcher allumé, puis de sauter le même nombre de fois par-
dessus le feu ; ou, s’il est trop faible pour se soumettre à ces
ordonnances, on allume une torche qu’on place dans sa chambre?
il doit tenir les yeux fixés sur la flamme pendant qu’on lui frappe
légèrement dans le dos en prononçant, pour chasser son mal :
• Va dans les déserts, va dans les lacs. » J’ajouterai à cela
qu’après la naissance d’un enfant on allume pendant quarante
nuits, au-dessus de son berceau, une chandelle qui doit brûler
jusqu’à l’aube du jour pour écarter du nouveau-né les malins
esprits. En sus , le peuple aime à se livrer, surtout dans le
mois du Ramazan, à un jeu qu’on appelle atach bazi, nom
donné en Perse au feu d’artifice. On se partage en deux campa
entre lesquels on allume une espèce de feu de Bengale nommé
mah-tabi , clair de lune. Chaque camp tache de s’en rendre maître,
à travers une nuée de pétards qu’on se lance mut-ueilemen
Il me semble donc qu’on a le droit de conclure de tout ce qui
précède que le nom de Tadjik , originairement nom collectif,
appliqué aux premiers ignicoles , bactriens ou autres , désigne
maintenant les aborigènes de race persane, ayant su garder leur
langue et quelques traces d’une civilisation antique, malgré une
longue série de siècles de domination étrangère et barbare.
Mais s’il en est ainsi, ûous devons essayer de tracer aussi exac-
tement que possible le portrait du Tadjik, et le comparer à celui
dès autres branches de la race iranienne, ' 11 '* ' 1 ‘
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l’ethnogbaphie de la pisse.
9S
Parmi le petit nombre de voyageurs qui ont pénétré dans les
pays reculés habités par les Tadjiks, il y en a bien peu qui aient
songé k donner quelques détails sur leurs particularités physi-
ques, et ceux-là encore se sont bornés généralement à les esquisser
d’une manière si vague, que l’ethnographe n’a rien à puiser dans
leurs descriptions.
Le plus ancien d’entre eux, et sans contredit le plus instructif,
est Mountstuart Elphinstone, qui a eu l’occasion d’étudier les Tad-
jiks dans l’Afghanistan, lors de son ambassade à Pichaour en 1809.
Ses importantes recherches ont été publiées en français plusieurs
fois, mais toujours en abrégé, de manière que beaucoup de ren-
seignements curieux et d’observations précieuses ont été omis ou
rapportés incomplètement. Sa description des Tadjiks a surtout
été écourtée ; mais elle me paraît si intéressante que je crois devoir
traduire in extenso toute la partie du ch. XII de Y Account of the
Kingdom ofCaubul, oh il parle de cette population.
Après avoir observé qu’aucune partie de l’Afghanistan n’est
exclusivement peuplée d’Afghans, il cite dans une note l'opi-
nion du sultan Baber sur la variété des éléments qui composaient
la population de ce royaume au commencement du xvi* siècle.
A cette époque, les plaines étaient occupées par des tribus
turques, par les Eimaks et par des Arabes. Les villes étaient ha-
bitées par les Tadjiks, les Pachaïs et les Pérônchis ; les montagnes,
enfin, étaient au pouvoir des Iiézarèhs, des Togdéris, des Afghans
et des Kafirs. Les langues parlées par ces peuplades étaient
l’arabe, le persan, le turc, le monghol, le hindou, l’afghan, le
pachaï, le pérônchi, l’idiome des guèbres, le bçraki et le deggani.
Puis il continue en' ces termes :
« La situation dans laquelle nous trouvons les Tadjiks est pror
pre à exciter, notre curiosité, qui, je le crains, ne pourra être
satisfaite par les renseignements que j’ai pu recueillir à ce sujet.
y
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9U LfclWIOMAMie DE LA PÜB9C.
Les ïndjiktDe sont pnsunisen «ut seul «corps de nation, ni, humés
knua seul pays ;■ ils sont répandus par groupes ûoUi^ sur mua
vaste portion de l'Asie. Dans la plus grande .partie des pays sottr.
mis mue Czbeks comète aux Afghans, ils vivent .parmi ces tribus,
Los habitants sédentaires de la Perse sont aussi appelés Tadjika,
pour les distinguer des Tatares conquérants de . oeUe contrée*
comme aussi pour ne pas ka oenfoudre .avec les populations no-
mades, qui, à ce qu’il parait, étaient d’origine persane, Qo les
trouve même dans le flurkostan chinois, et ils fbrmoot dcs com-
munautés indépendantes dans les provinces de Karatéguin* de
Dervaz, do Wakhékha et de UatUkhcbaa. Sauf ces endroits isoJéff
et peu accessibles, et sauf quelques autres localités que.nousmen-
tionnerons plUaloin,ion «a les reboontre, jamais e#
dietiwctes ; presque . toujours. ils se iméJa agent avec Je peuple cpn^,
quêtant, dont ils adoptent généralement les vêtement# ctJa,jdua
grande partie des coutumes. Il panait qu’en Perse* dans les piautOl
de l’ Afghanistan et dans le pays des Uabeka* ils. ont. précédées
peuples iqui y. dominent maintenant.
.»"bo nom de Tadjik est employé d r une manière .assez vague.
Quelquefois il sert à désigner toutes les populations croisées avec
les Turcs ou avec les Afghans, mais. toujours d'origine différente
detees denx peuple», ou plutôt de race inconnue; mais quelquefois
aussi on applique do nom k des populations, établies dans des paya
oh Ton parle le turc ou le .pouchtou, mais qui ont «onsenvé l’usage
de l’idiome persan. Aussi les noms de Tadjik et de Parsivan sont
employés indistinctement. pour désigner les'mêmas. populations
dans 4’ Afghanistan, comme dans le Turkestan. 1 ;
» On a donné plusieurs explicalHmeahi.iiMt.Tadjik; mais lài math»
leure parait être celle qui le fait déri ver du mot Tamikwi Tadjik,
pur lequel l'on cosigne les Arabes dans les livras peWevis. GnU
s’apoordeaveo il’ interprétation don née h. ce «ot dans les diction-
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î
I
J
L’EXHNOGBAiaiE, DK. Ifc mSE.
mires persans, où Tadjik estsynpnyme d,’ Arabe né en Perse, 99
tout autre, paya étranger. Cette opinion, cadre bien avec les
hypothèses qu’on est porté à faire sur les Tadjiks d’après .l’étaf
actuel de cette nation, et d’après l’histoire des pays où elle est
établie.
» Dans le premier siècle de l’ère musulmane», tonte la Perse et le
pays des Czbeksont été envahis, par lesArahes, qui contraignirent
les habitants de ces contrées à embrasser leur religion» et en. par,*
tie aussi à adopter leurs mœurs comme leur langue. L’Afghanistan
était attaqué a la même époque» mais le succès des envahisseurs
n’y a jamais été complet. Us réussirent à subjuguer la plaine sape
pouvoir établir leur domination sur la montagne, dont les., popu-
lations surent garder leur indépendance et s’opposèrent, pendant
près de trois siècles, à l’adoption de l’islamisme. Les trois pays
dont nous parlons faisaient jadis partie de la monarchie persan*,
et il est très- probable que les idiomes qu’on y parlait dérivaient
tous de l’ancien persan. Après le triomphe de la loi de Mahomet
dans ces pays, leurs langues subirent;, naturellement l’influence
de 1 ,’arabe et formèrent lepersan modernp. Aiasi.ilest- fort probable
qu’il fut un temps où les Arabes conquérants et les Persans v*in^ .
eus ne formèrent qu’une nation, parmi laquelle il faut chercher
les ancêtres des Tadjiks actuels. Tontine, que nous, connaissons
sur le pàssé de l’Afghanistan s’accorde bien avec cette hypothèse.
Eii effet, nos premières informations sur ce pays, après l’invasion
des Arabes, nous montrent les Tadjiks maîtres de la plaine, el les
Afghans (que nous considérons comme des Aborigènes) occupant
\èk montagnes. Dans la suite des tèmps les Afghans, descendirent
'dans les plaines, et réduisirent presque partout les Tadjiks k l’état
de sujétion complète, et ce n’est que dans quelques localités peu
nombreuses et naturellement fortifiées qu’ils purent garder une
certaine indépendance. Les Tadjiks dn Turkestan ont la même
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96 l’ethnographie de la perse.
origine, mais ils restèrent maîtres du sol jusqu’à l’invasion des
Tatares, qui les réduisirent à leur état actuel de vasselage, tandis
que les Tadjiks des provinces montagneuses conservèrent léur
indépendance et formèrent les petits États de Badakhchan (1), de
Dertvaz, etc.
» 11 est à remarquer que partout les Tadjiks sont établis dans
des habitations fixes, et que partout ils se livrent à l’agriculture et
aux autres occupations paisibles. Jusqu’à présent encore, ils louent
quelques terrains dans la partie occidentale de l’Afghanistan , où
jadis, selon toute probabilité, ils étaient maîtres absolus du sol;
tandis que maintenant ils sont dépouillés du patrimoine de leurs
ancêtres , et ne cultivent la terre qu’en qualité de fermiers ou de
journaliers chez des maîtres afghans. Leur avoir court toujours
le risque d’être usurpé par quelques hommes puissants des tribus
dont ils occupent le territoire. Ce danger cependant est atténué
par la protection spéciale que leur accorde le gouvernement , et
ils ne sont jamais exposés aux maux intolérables de l’insulte per-
sonnelle ou de l’oppression directe. (
» Les Tadjiks établis sur les terres des tribus afghanes y résident
* à titre de hemsayèhs (voisins de ces tribus), ou bien ils forment
des villages séparés, exclusivement peuplés par des individus de
leur race. Dans le premier cas, leur position est telle que nous
venons de le dire. Dans le second, les affaires publiques sont gé-
rées par des Ketlihoudas (anciens), élus par la commune, eu égard
toutefois à certains droits héréditaires ; mais dans tous les cas,
cette élection est soumise à l’approbation du roi. Ainsi l’autorité
du Kedkhouda est limitée par le bon vouloir du chef de l’État, et
se réduit la plupart du temps aux fonctions de collecteur d’im-
(4) Je n'ai pas besoin d’observer qu’Elpbinstone se trompe, croyant que le Badakh-
chan est un État peuplé par des Tadjiks indépendants.
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l'ethnographie de la perse.
«7
pots. Généralement l’individu nommé à ce poste jouit d’assez
d’influence sur ses concitoyens pour terminer à l’amiable des
contestations peu importantes ; quant aux cas sérieux , ils sont
soumis à l’examen du gouverneur de la province, ou à celui du
cadhi voisin.
«Les Tadjiks sont tous pacifiques et soumis au gouvernement
établi. En outre de l’agriculture, ils s’occupent de quelques bran-
ches du commerce et de l’industrie manufacturière qui ne tentent
pas les Afghans , et en général ils sont doux , sobres et laborieux.
Tout en ressemblant beaucoup aux Afghans , il faut dire qu’en
s’assimilant à eux ils ne leur ont pris que les bonnes qualités.
Ils ne sont pas belliqueux , mais dans ces dernières années leur
valeur comme soldats s’est considérablement développée, et se
développe encore. Ils sont sunnites zélés.
» Peu disposés à émigrer et à résister aux empiétements des
Afghans , ils sont les premiers à souffrir de l’oppression , et il est
naturel de les voir mécontents de l’état présent du pays; aussi
se plaignent-ils beaucoup des désordres du gouvernement. Mais
quand le pays est tranquille, ils sont bien protégés, et en
somme, il sont partisans de la monarchie des Douranis. Géné-
ralement parlant, leurs rapports avec les Afghans sont assez bons.
Considérés comme des inférieurs , ils ne sont néanmoins jamais
traités par ces derniers avec arrogance ou dédain; même les
mariages entre eux et les Afghans sont assez fréquents, et dans
les entreprises commerciales, les individus des deux nations s’as-
socient souvent sur un pied de parfaite égalité.
»lls payent plus d’impôts que les Afghans, et contribuent en
proportion considérable au recrutement de l’armée et des milices.
Les Tadjiks résident en grande partie dans les villes. Ainsi, ils
sont en majorité dans les environs de Kaboul, de Kandahar, de
Ghizni, de Hérat et de Balkh; mais dans les parties peu acces-
vni. 13
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9t L’ETHNOCAAPHIB DE LA PEASE.
sibles du pays, telles que les districts des Hézarèhs, des Ghildjeis
et des Kaukers , U serait difficile de trouver ua seul Tadjik.
»Tout ce que je viens de rapporter sur les Tadjiks ue s’appliqua
à proprement parler qu’à ceux d’entre eux qui vivent mêlés aux
Afghans; mais ceux qui forment des communautés isolées, éta-
blies dans des districts peu accessibles de l’Afghanistan , différent
des premiers sous beaucoup de rapports. Je commencerai par
donner quelques détails sur les Koubistanis, occupant le Kouhistan,
do Kaboul. Ce district est limité au nord et à l’est par les chaînes
neigeuses de l’Hindou-kouch et par leurs ramifications méridio-
nales. A l’ouest, il comprend une partie de b chaîne du Paropa-
mise et s’étend jusqu’au pays des Hézarèhs; au sud, il descend
vers le Kouhdomen que nous venons de décrire. Le Kouhistan
est formé par trois longues vallées, à savoir : celle de Nidjrow,
celle de Pendjchir et celle de Gorébend, auxquelles viennent
aboutir une infinité de gorges étroites et rocailleuses. Chacune
de ces dernières conduit à la vallée principale des ruisseaux qui
s’y creusent un lit commun , et forment une rivière portant la
nom de cette vallée. On passe ces rivières sur des ponts en bois,
et généralement les bords de ces cours d’eau forment les seules
portions cultivées du district, fraction minime de sa surface totale^,
hérissée de montagnes abruptes couvertes de forêts de sapins.
Les terres cultivées produisent du blé et quelques autres céréales,,
et ce qui est fort remarquable pour un terrain aussi élevé et aussi
froid, c’est que la culture du tabac et du coton y réussit très-bien.
Mais l’alimentation du peuple est basée sur la culture du mûrier,
dont les plantations sont fort étendues. On sèche les mûres au soleil
et on les convertit en farine, qui sert à faire du; pain. À en juger
par l’aspect des habitants du Kouhistan , cette nourriture est fort
saine, et d’après le calcul de M. Irvine, une plantation de mûrier
alimente un plus grand nombre d’individus que ne l’aürait pu faire
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l’ethnographie de la perse.
99
un 'champ de même surface ensemencé de blé. Quoique iapopti-
lation de ce district soit très-clair-semée, elle est néanmoins assez
considérable, et on l’évalue généralement k 40 000 familles. Un
certaine portion du Kouhistan possède un caractère spécial, très»
différent de celui des autres parties de ce canton. C’est un désert
peu étendu nommé Rig-rewan, ou sable mouvant, théâtre d’aven»
turcs romanesques décrites par Aboul-Fazl.
» Les habitants du Kouhistan élèvent peu de bétail, mais les
animaux sauvages doivent abonder dans ce district. On prétend
même y avoir vu j le lion ; mais dans tous les cas , les loups et les
léopards y sont communs. Le Kouhistan est très-riche en fau-
cons, et l’on y trouve beaucoup de rossignols.
» La nature sauvage de ce district contribues donner k ses habi-
tants un caractère très-différent de celui des autres Tadjiks. Ile
vivent dans une certaine indépendance k l’égard du roi de Kaboul,
et leurs propres chefs ont de la peine k les gouverner. Us sont
hardis , violents et insoumis. Leurs penchants belliqueux sont tels
qu’ils considèrent comme un opprobre de mourir dans un lit. Lear
infanterie est excellente, surtout employée dans une guerre de
montagne ; mais leur courage s’épuise dans des dissensions intes-
tines. Ils se font rarement la guerre de village k^rillage ou de
tribu k tribu.; mais les querelles et les meurtres individuels sont
fréquents. Les disputes entre les villages dans ce district sont
infini ment plus sérieuses qu’ailleurs, caria destruction d’une plan-
tation de mûriers n’est pas plus difficile que la dévastation d’un
champ de blé; mais le dommage qui en résulte est bien pins
grave, étant plus durable.
» Les armes des habitants du 'Kouhistan sont une 'Carabine >ou
un fusil « batterie, un pistolet et une dague. Quelques-uns d «entre
eux «ont armée dépiqués courtes, et un trèo-petit «ombre perte
encore dee ares «t des bo ueliers . Leur vêtement co u niet e en mn
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100
1,’ETHNOGRAPHIE UE LA PERSE.
justaucorps, un pantalon de drap grossier de couleur noire, des
bottines, et un petit bonnet de soie.
«Tous les Tadjiks du Kouhistan sont sunnites ; aussi profes-
sent-ils une haine intense contre les Persans et en général contre
tous les chiites.... On m’a dit qu'il y a dans le Kouhistan une
peuplade nommée Pachais, et je regrette de ne pas avoir pris
d’informations sur leur histoire, car j’ai trouvé depuis que Baber
les cite parmi les tribus parlant une langue différente des autres.
» Les Berrakis forment une autre subdivision de Tadjiks ; ils
habitent le district de Logar et une partie de celui de Bout-Khok.
Quoique mêlés aux Ghildjeis, ils forment une communauté sépa-
rée, gouvernée par leur propre chef. Ils ont la réputation d’être
excellents soldats, et ressemblent beaucoup aux Afghans; aussi
sont-ils les plus respeçtés des Tadjiks. Actuellement leur nombre
s’élève à 8000 familles. Toutes les traditions s’accordent à rap-
porter leur établissement dans le pays qu’ils occupent actuelle-
ment au sultan Mahmoud Ghaznavi, c’est-à-dire au commen-
cement du xi° siècle. Ils possédaient auparavant des terres
beaucoup plus vastes, mais leur origine est incertaine. Eux-
mêmes prétendent descendre des Arabes; d’autres disent que
leurs ancêtres étaient des Kurdes.
» Les Pourmoulis ou Fcrmoulis sont une branche de Tadjiks
presque aussi importante que les Berrakis. Le plus grand nom-
bre d’entre eux sont établis à Ourghoun, au centre du pays
des Kharotis, et ils sont toujours en guerre avec cette dernière
peuplade. Le reste des Pourmoulis habite, à l’ouest de Kaboul. Ils
sont commerçants et agriculteurs ; néanmoins, ils fournissent
quelques troupes au roi et lui payent un tribut annuel. Je
ne puis me prononcer (dit M. Elphinstone dans une note) sans
une grande hésitation sur leur origine , quoique celle qu’ils indi-
quent eux-mêmes ne paraisse présenter aucune obscurité. Ils pré-
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l’ethhoghaphie DE LA PERSE. 404.
tendent descendre des Khalladjs qui sont connus pour avoir
fourni à l’Inde une dynastie royale, mais dont tout le reste du
passé est peu certain. Férichta dit que c’est une tribu afghane r
mais j’ai trouvé dans une autre source qu’ils sont les habitants-
d'une ville de Khallatch ou Khalladj, que quelques-uns placent
sur l’Ozus, d’autres au nord-ouest de Kandahar; d’autres nient
l’existence d’une ville de ce nom, et disent que Khalladj est le nom
d’une secte religieuse, et qu’il n'a rien de commun avec celui
d’une nationalité particulière.
a Les Sirdéhis sont une petite tribu établie au sud-est det>hizni>
dans le village de Sirdèh. Tous les habitants du Séistan peuvent
aussi être considérés comme appartenant à la nation des Tadjiks^
on en trouve également beaucoup dans la partie septentrionale du
Beloudjistan, mais nous n’en parlerons pas ici. Néanmoins, jp
dois observer qu’ils sont comptés dans le chiffre total de la popu-
lation tadjike de l’Afghanistan que nous avons cité, et qui porte-
leur nombre à 1 500 000 individus. »
Après Elphinstone, le baron de Meyendorff, dont le voyage a rect-
tifié tant d’idées erronées sur la Transoxiane, donne aussi quelques
détails sur les Tadjiks aborigènes du Khanat de Boukhara. N ou»
lisons dans son ouvrage ( Voyage d'Orembourg à Boukhara, fait
en 1820. Paris, 1824, liv. III, chap. ni, p. 193-94) : a La physio-
nomie du Tadjik exprime toujours la douceur et le calme le plu»
profond. Ainsi , quoiqu’il soit essentiellement faux, fripon et
avide, on le suppose honnête et obligeant Les Tadjiks sont
les maîtres les plus impitoyables pour leurs esclaves. Us sont
d’ailleurs actifs et laborieux, et ont beaucoup d’intelligence pour
les affaires : ils sont marchands, artisans et cultivateurs, la vie-
nomade n’a aucun charme pour eux.... Un homme instruit me-
parlait en ces termes : « Les Tadjiks habitent la Boukharie de-
puis le siècle d’Iskender , sans avoir jamais eu de chef chois»
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102
l'ethnographie se la perse.
parmi eux; ils ne savent qu’obéir... Jamais un Tadjik n’a pria lot
armes, jamais il n’a défendu sa patrie. »
Wood, qui est peut-être, de tous les voyageurs, celui qui séjourna
le plus longtemps parmi les Tadjiks des differents petits États de
l’Asie centrale, est sans contredit, après Elphinstone, celui qui
donne sur leur compte les détails les plus circonstanciés. Aussi je
crois devoir extraire de son voyage, cité plusieurs fois, tout ce<ju’il
dit à ce sujet. D’après lui (>p. Q2&-297) : « Les Tadjiks sont une
belle race de souche caucasienne; partout on on les rencontre ils
parlent persan, et quoique actuellement on les trouve en dehors
des limites de l’empire de ‘Perse, si vaste jadis, leur passé indique
clairement que leurs destinées ont toujours été plus intimement
liées à celles de ce royainnequ’à celles de tout autre peuple.. « Je
considère les habitants du Kaferistan et d’autres région* monta-
gneuses, dont les solitudes n’ont très-probablement jamais été
ehvahies par des conquérants étrangers, comme étant de même
race que les Tadjiks, et ces derniers comme des aborigènes
des plaines, où on les 'trouve maintenant. Les habitants des
régions alpines que je viens de mentionner ont des dialectes
qui leur sont propres, mais il y a une ressemblance frappante
entre eux et les Tadjiks de la plaine. Quant à leurs points de
différence, ils peuvent être expliqués par l’iofluence des causes
physiques, et ne doivent certes pas être attribués à une diffé-
rence de sang. Ces peuplades sont celles qui habitent le Kafe-
ristan, Chitral, Wakhan, Changan et Rochan. L’hypothèse la
plus probable 'pour expliquer la différence de leurs idiomes, est
d’admettre qu'ils ont été forcés de se réfugier dans les solitudes
où ils résident actmeltement, a u ne ëpoqiratrès-reoulée, antérieure,
ou tout au plus contemporaine de la première .invasion musul-
mane. » ! Plus loin, page 872, <ildit : «Des quiase Wakhanis que j’ai
mesurés, leplus grand avait 5 pieds 7 1/êtpouees angi. (i“,709" ra ),
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L‘lTU'06ltAffIIR DK LA P BUSE. 103
le plus petit avait 6 pieds 1 3^6 pouces a. (4”, 570““). Les ho mmes
iwt plus kàlét, parce qu’tfo s'exposent plus que les femmes aux
intempéries de l’air; ils n’ont rien de particulier dans leurs
ligues faciales, ai dans la couleur des yeuu eb des cheveux,
Mais ils ressemblent beaucoup aux Tadjiks (p. 376) . La couleur
des chiens est, la plupart du temps, noire ou d’un brun' rou-
geâtre ; ces derniers sont souvent tachetés.... Les maisons, des
Wakhanis ressemblent à celles, des habitants du Badakhchan,
excepté que le foyer établi chez ces derniers, au centre du la
chambre, est remplacé par un grand poêle à. la façon russe, qui
occupe tout un côté de la maisony et communique à l’habitation
une chaleur égale. » Ni Buvnes, ni Gérard, ni même Mohanlal^
généralement ai attentif a la beanté des individus des deux sexes,
* ne disenl rien de particulier sur les Tadjiks. Mohanlal mentionne
incidemment ceux qui habitent Ghizni, et il se borne à observer
qu’ils sont laids. Ce manque de renseignements fournis par les
voyageurs me force de recourir à mes propres observations faite»
à. Boukhara et à Samarcande, de même: qutf dans la provinae de
Hérat, du Séistan, dans le Khorassan et même à Tebriz, où
j’ai eu l’occasion d’examiner beaucoup dJindividus de cette race,
se rendant à la Mecque.
Généralement les Tadjiks sont d’une taille élevée; ils ont des
yeux, et des cheveux noirs; la tête est longue comme celle
des Persans ; mais l’os frontal chez eux est plus large entre les
lignes semi -circulaires temporales, ce qui leur donne aussi de»
figures d’un ovale plus large que celles des Persans occidentaux.
Le nez, la bouche et les yeux sont bien dessinés, mais le premier
est rarement recourbé; sa forme ordinaire est droite, beau*
coup plus proéminente que chez les races mon gh oie s, mais pas
autant que chez les Persans méridionaux et occidentaux. La bouche
est) assez grande, de même que les oreilles et les pieds. L’abon-
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l’ethnographie de la perse.
m
dance des cheveux est la même que chez les Persans, et, non-seu-
lement la barbe est touffue, mais souvent la poitrine et les bras
sont abondamment couverts de poils. Le squelette du Tadjik est
beaucoup plus massif que celui du Persan, ce qui donne h l’individu
vivant des formes plus lourdes. Les tailles fines et élancées, si
communes en Perse, ne se rencontrent guère chez les Tadjiks. Leur
peau est tout aussi blanche et fine que celle des Persans, aussi est-
elle très-susceptible, comme celle de leurs congénères de l’Occident,
de se hâler s'ils résident longtemps dans les climats chauds. Géné-
ralement les Tadjiks sont forts, supportent facilement de grandes
privations, et peuvent travailler longtemps sans se fatiguer; mais
ils sont beaucoup moins bons marcheurs que les Persans. Du reste,
cette dernière particularité semble être purement accidentelle,
et peut provenir simplement de ce que dans les pays qu’ils habi-
tent, les chevaux coûtent moins cher qu’en Perse, et que les
Tadjiks sont moins souvent forcés d’entreprendre de longues
courses à pied. Pour compléter cette description, je crois utile de
reproduire les photographies de quatre Tadjiks qui se trou-
vaient au Caire en 1864, et que j’ai obtenues par l’obligeante
entremise de M. Lagofsky, consul général de Russie en Égypte.
(Voyez planches I, Il et III.)
>De toutes les tribus de races iraniennes que j’ai eu l’occasion
d’examiner, les Hératiens, et surtout lesDjemchidis et lesGuèbres,
se rapprochent le plus du type tadjik ; mais, chez les premiers,
la bouche est généralement plus grande que chez ces derniers, et
Le nez beaucoup plus large a sa racine. Les Guèbres, identiques
presque en tout aux Tadjiks, ont cela de particulier que les nez
aquilins sont moins rares parmi eux.
A mesure que nous no us éloignons des pays dont les populations
ont gardé le type 4 national primitif, les formes s’ennoblissent
an détriment de la taille. Chez les Hindous, chez les Afghans, chez
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l'ethnographie DE LA PERSE. tes
les Persans méridionaux et occidentaux, la taille moyenne de
!*iiO c. à PjSO c. est beaucoup plus commune que celle de 1",?
et 1",6, constatée par M. Wood à Wakhan. Sur 1/1870 individus
habitants de toutes les parties de la Perse, qui se sont présentés?
en *857 au consulat général de Russie, à Tebriz, pour faire viser
leurs passe-ports, plus de» trois quarts ont été notés comme ayant'
des yeux noirs et une taille moyenne, c’est-à-dire de 1“,3 à 1",5. Le
crâne devient moins large dans la partie frontale, mais il est plus'
bombé; l’ovaledu visage est plus allongé, lesyeuxs’agrandissent, ils :
sont mieux fendus et les paupières sont plus longues. L'oreille est
plu» petite, demême que la bouche et le pied. Actuellement, comme
du temps d’Hérodote, le» cheveux sont très-abondants chez tous
les peuples de race iranienne; ils sont noirs, et lasection capillaire
transversale est, le plus communément, ovale. Les albinos sontrares
en Perse comme dans l’Afghanistan; je n’en ai rencontré que deux,
ou trois pendant mes voyages de près de quinze ans, et M. Masson,
qui a résidé très-longtemps dans l’Afghanistan, ne parle que d’une
seule femme, qu'on lui a montrée comme une curiosité, disant,
qu’elle devait être une Feringhi ou Européenne.
Tel est le caractère général des transformations subies par le
type persan que je considère comme primitif; mais ces variations
se font petit à petit, et si l’habitant de Chiraz se distingue beau-
coup du Tadjik de Boukhara, il n’en est pas de même des popula-
tions intermédiaires entre ces deux points extrêmes. Ainsi, chez
l’Afghan, la racine du nez est généralement assez large encore ;
cet organe ne se termine pas en pointe comme chez les Persans
occidentaux , mais il est tronqué par une surface sensiblement
étendue. La lèvre inférieure est pour la plupart du temps très-
épaisse, et les mains, mais surtout les doigts, sont très-longs.
Les yeux sont placés horizontalement ; la fente de l’œil est assez
loague, mais elle n’est pas aussi ouverte que chez le Persan, ce
vui. 14
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ttft L’jSWWOftlAPHIB m LA MUSE,
qui, joint'a d'épais sourcil*, donne au regard d’«o Afghan quelque
«hesede dur et do uiaJv*iU»at. Généralement leosu de l’A%hatf
nc&t^pas long, et . sa tête paraît être enfoncée dan» Im.-épatriess
mm chex en* bataille est plu* «nette -que cher le* Tiadjiks, .feu
pean de l'Afghan qui n’est pas «posé .aux intempéries de Pair
est veloutée» d’un éclat mat et d'une couleur légèrement bisUrée*i ■ • . .
Chez les Beluudj# rapproché* du SindL la jraeine iduaien Mi
nveôu» large, son extrémité est émoussée comme chez les Afghans;
mai* tout en étant tivèa-proéminent, leur organe olfactif est preo-
que toujours aquilin, mince et ayant une arête bien manquée. iLe*
peux sont moins profondément enchâssés dans le crfum que oeuq
des Afghans. JLe oeu est plus long, et la aonleur de k peafe
est d’un brun rougeâtre avec un éclat dc broiue. âe parle MÛ des
Qlehrouia, des iRhinds et des JMeghsis» qui ont subi, beaucoup
plus que les Brabaeis , L’influence des pQpulatian» indiennes.
Quant à ces derniers, je ne puis que répéter U description de
Pottings* (voy. Voyage dan* k BeloulcJùslan , trad. dlEjrriee, *. h
p. 133): « Les Braheuis* au lieu de la taille haute, du long rvimge
» et des traits prononcés de leurs compatriotes, ont les es courts
» r et gros» U figure ronde,. La face aplatie. » Personnellement je
n’ai -examiné de près qu’un seul individu de cette tribu, mais il
reproduisait sxsetcmeot les itraita notés par Le uoyagnnr anglais.
Lehr barbe, «sire etassex bien fournie. a dérouUéM..Pottinge*£<ii
dit qu’il n’a vu aucun peuple asiatique auquel ik mstembknfc;
mais, s’il avait eu l’ocoasisi» d observer que k mébuige d’une
mee turque avec d’autres nationalités a pour premier résultat
h apparition, r:he» les métis, d’un «en aqnihu et d’une ehevdbse
abondante, il n'aurait pas hésité à accorder anx Brahooia une
origine touranienae. M. Psuthier a nekvA, très à propos , nm
passage curiaux de Mnrco Polo, où le célèbre Vénitien parle des
Csroaoas «nés de mères indiennes et de pères tatares. » (Vnym
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C^ËTHN(WRAt»Hrt BÊLA W Wl
Et toe tHrUfttfctr Pôto, Ihtrod. , p. ttvitr). Je crois, comme le savant
tdnbfbgué, qu'il fttm chercher les restes de «es Càroaivas parmi
fer Bèlbfudjs; et, quoique M. Lâssen air établi que la< langue* deb
IWâbotihr est congénère awt idiomes du- Oekkhan» leur' extérieur
fOfnt-.mien indique évidemment? qu’ils ont dans les veines utte forte
dose de sang tnre. •
Après* tes 'fadjifcs et le# Gbèbres , les habitants du Kbonasèato
éont ceux qui ont gardé le- plus les traits du type primitif. (Üétté-
Wtetnent,. ihr sont plus petits que- les Tadjik», et- ont des traits
wwrns réguliers’ que tes derniers- jutais Hksoirt mieux faits ut ont
une- tournure pFUs élégante. 3Pt»ur se faire- une idée exacte 1 dU type
Kftotassanien, 11 ne faut pas se borner & Fexamen de là population
dé StecBred* et dh tterrttotre 1 environnant’. Les 100000' pèlerin s qtci
Viennent danr cette Ville chaque année, de tous les pays oh* L’on
professe le ritUd’Aty, ftmt quePbn trouve; parmi le# habitartts du
Meéhed', ét mètne parmi le? villageois dès campagttes'voiaiwe» de
fk Villb sainte, presque tous lès types db l'Asie centrale? mais
dans lès endroits éloignés des grandes roules, le type 1 Tadjîb se
rencontre très-souvent. A Yezd et à- Krrman» on commence déjà* h
apércevoirl'fnfluertce dutype des populations de là Perse oocidew-
tale sur Fcttérieuir de# 'habitants; les taille» sveltes, les yew*
taillés on amatidb, Iè* ; nez' proéminent» et- aquüifis, l'orale
aflbngé du Visage, s'y trouvent en majorité. A l’ ouest de- Ghira» et
tPTspahart, i’inftttence sémitique se fait fortement sentir, et, comme
lions Fhvons vtf,' c’est* surtout' sur* le crâne 1 que- se manifeste
dette action. ’ 1 1 ' • • - : <■,
ïi'ettéWteüè’des' Kutdes présente beaucoup d , analbgiè t avee celui
(tes 'A^KâUi'. 'Pïbrfs'rétroûVciUS chez' èukdeS' fi Ci * prùéfrii'nètttèt
ÜouVent' MrtèmeWt ’aqtffliu# ét obtus, quoiijuë momV larges if 'fà
èacfne-ei ayâWt* des aifes plus rapprbdHéfes. Ëa' cotifbrmatidn dé
Fèttrémifé dè cet’bvgane chez les adultes; diffibüè àf être ttëcpité
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4M
l'ethnographie de la perse.
d’une manière précise, a quelque chose de si caractéristique, que,
selon moi, elle forme l’indice le plus sûr pour reconnaître les
individus de cette nation. Généralement les yeux des Kurdes sont
noirs et plus grands que ceux des Afghans ; ils sont plus écartés
. que chez les Persans occidentaux, chez les Tadjiks et chez les
Pouchtous; mais, du reste, leur similitude avec ces derniers
est frappante. Ils leur ressemblent même dans la manière de
s’habiller. Les individus de ces deux peuples savent se draper
avec des haillons, d’une manière également pittoresque ; mais
on trouve plus de belles figures chez les Kurdes que parmi
les Afghans. Les vieillards du Kurdistan sont remarquablement
beaux : presque tous pourraient poser pour des têtes de patriar»
ches de la Bible, et souvent il est difficile de croire que cet air
digne, ces traits calmes et honorables, cachent les plus hardis
brigands et les plus habiles voleurs de grands chemins.
Il serait bien extraordinaire si, dans la distribution symétrique
des races d’origine iranienne, à l’est et à l’ouest du centre de la
population persane, nous ne trouvions pas quelque^peuplade
analogue aux Beloudjs. En effet, grâce aux recherches du coiii-
mandant Duhousset, nous avons le moyen de découvrir cette
partie importante du corps symétrique de la famille iranienne: ce
sont les Bakhtiaris. Les montagnes occupées par cette peuplade
turbulente ont été visitées en détail par MM. Rawlinson, Clément
de Bodc, Layard, et par la Commission chargée de la délimitation
des frontières de la Perse et de la Turquie; mais l’on chercherait
en vain, dans les travaux de ces différents explorateurs, la moindre
mention sur le physique de ce peuple, découvert, on peut le dire,
pour l’ethnographie, par M. Duhousset, qui les a étudiés en 1859
dans un régiment entier, placé sous son commandement au
camp de Soultanièh. Nous emprunterons à son mémoire souvent
cité (p. 2^-24) quelques détails sur cette peuplade : « Les hommes
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L 'ethnographie de la perse.
109
» »>t bac laiUe moyenne, une constitution très-robuste , et sont
r fort endurcis à la fatigue ; leur teint est brun, la chevelure
» noire k ondes longues; l’œil couvert ét ombragé de sourcils
«épais; le nez gros, aquilin et abaissé sur la lèvre; la mâchoire
» inférieure forte et carrée; les pommettes sont saillantes et
» avancées, le regard est dur et le cou maigre.... La boîte crâ-
» nienne présente des caractères fort singuliers, en s'éloignant
» complètement du type aryen par son iront fuyant et l’occiput
» taillé en pie. La longueur d’un de ces crânes, mesuré à la base
» du front, atteint an plus 480 millimètres, et 450 millimètres en
» la prenant à 3 centimètres au-dessus. Sa largeur, mesurée sur
» le front, marque 460 millimètres et sur les tempes 465 milli-
• mètres.-... Le tour de la base du crâne est de 560 à 570 milli
» mètres ; la courbe d'un conduit auditif k l’autre est de 320 k
» 340 millimètres, et la hauteur du crâne, en partantde l’insertion
• supérieure de l’oreille, atteint 440 millimètres. »
En comparant ces chiffres k ceux de la note A, nous voyons
que le crâne bakhtyari a le plus d’analogie avec ceux que nous
avons réunis sous le titre de Tehéraniens; et, comme il est incon-
testable que ces derniers présentent des spécimens de crânes ira-
niens fortement modifiés par l’influence d’un mélange avec des
races turques, nous devrons reconnaître la même chose pour les'
Bakhtyaris. Seulement, la grande dimension du diamètre vertical,
artificielle en partie, indiquerait encore une forte influence sémi-
tique. Ainsi les trois diamètres de leurs têtes seraient le résultat
de trois influences diverses, dans lesquelles la race produite par le
mélange aurait gardé l’élément le plus tenace de chacune de ces
races composantes. Le diamètre de longueur leur viendrait des*
Iraniens, le diamètre de largeur des Turcs, et le diamètre de hau-
teur, des , Sémites. Cette hypothèse, qui n’a rien de matériellement
impossible, est fortement corroborée parles traditions conservées
\
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$tQ b’gnnQGBikra» m t* «msè.
parmiles sunfout origine. Non» savons, df après Là fard
faU&Kfiptiov of Mibuzütm i Jourmt - af lhe R.Q. & L , i8É6^pl <7)t «pôles
Hindmuis*, actuellement lune, des tribus lead*mih8Knbmbneuse*>des
Baktltyariaj sont considérés comme aborigènes* et d’après la
tradition^ e’.est à, cette tribu. que. vinrent se joindre les Bakhtyaris,
émigré», det lii Syrie. En sua, nous savons »|iie les Dinarunis , une
autre subdivision, des Bakhtyaris, sont originaires dTspahan, et
que (es Gundevçlou sont une tribu turque, de la famille Ab bar,
dont eües’est détachée sons les Séfévules, ou même avant; enfin les
Djajiniki gçrm&ir et les Djenniki senlsir sont aussi Turcs d'origine.
On ne sait rien sur l'époque où Les Syriens vinrent s’établir avec
les Bindounis.} mais si l’on fait attention que ni llstakhri , ni Ibn-
ll.njkal, ni. même YakouS,,«em»mporiua db 'ïchingaizkhan; tout
en parlent dus Lnnris,, njs.fant) abonne . mân taon des Bakhtyaris,
il devient tBèe«prbbable>qna. Kén»fcgmtioni dent il s’agit ici n’a eu
lieu qu’après 1e xw* «jèda. db not*6ièreÿ.paaa-ewet.aenM><avua
Tamerlaji. ,, , , - •
Vvant.de quitter la, frontièrte actnddntalai«Un b> P«we\ je’ crtèü
devoir dire quelques mots sus Les JNestorierr» et 1er ühaWéeviS'
étaJblis dans les districts, d’Otuasnaik, da Salmaa, et dan» Les- « W i >»
tannes des sources duZaak. JeeorrameiKelw>paV‘i«*M <(»As«t*vètf
qjue ç’esl incontestable natnt b» .peuple de race sémitique', parlant un
dialecte de L’ançidn syriaque,. modernisé pau bt'purtv àa «peltpiM
formes gramanatioalfts, et par l’adasiassed d’une qeantité de tfiétS
persans, turcs,, arabes et* bondes Ml. Àaahel Gtant ar ttfukr deb
trouver, en. aux. le« resMai des. tndhisï-pirwrsi pewhiaé*; mtèt4 stx
preuves sont) bien foibles.,}, et. dJas. ootf dtd» ▼kwwêbaemwtt
réfutées; par MM». Robinson dt Itankarik HoutP »n f é ta n t etttd-
iranienne, cette; nation sei Itowtva, dopsri» neï#bf»- dte sièélfe», çtt
contact) intime affleç des peu pies d! é» iginop***«ùï e ç Ml WOftt'Wted les
Çncdefe'.&t sous, «te point. de vee< H- eat.; intécdSMt dt dfc stguafev
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L’««moçBAçpiE m ifK xmt- W4f
ljufluen<x^çx0réfc , par, , icçttr, ; *cMou élrapgèUè, -$m\,Uug ( ,wufj*r-
W»tian physique. ,bgsJ}içstarieue jît les -ÇbaHfoaw ne, foumeut
qu’un spuj peuple. Ce dernier nom est c\e cré^ti^n moderne,; ilq
éféduppliqué, par ordre des papes, àia.pnrtion delà nation nesto-
çiflWie qui jÇst convertie au qafhoUcisme fier les missiopnaipre*
jésuites, dan* Le courant du xvm* siècle. Va forme de leur crâne,
est parJàjtwcnt sémithpie,, -surtout. jwmi Isa. tribus çle Dw*<Jf>
I^Uar, de Perse, do iTeJUoub et des Tjarix, plus isolés que les habi-
te*#! des plaines j,mais l'influence iranienne s’estmanifestée chez
eqxpar rugraodissementdel’œil.Cetorgane est fendu chez eux tout
à bit' no mute chez le&Persa ns, -c’est-à-dire que son diamètre vertical
est à peu près lia moitié du diamètre horizontal; mais par leur
écartement respectif, leurs yeux -rappellent ceux des. Kurdes. Loin
d’être profondément enchâssé dans la boîte osseuse de laite te,
comme chez ia .plupart des sémites, l’ceildu JNestorien est presque
à Jour de tête* Le nez généralement test droite assez proéminent^
mais -court ; ia face est ovale., mais plus large que chez lçft
Persans occidentaux; -le cou Joug, l’oreille, 1a main et le ,pied
petits, et déformés élégantes. Us sont de haute stature, bien
faits, doué* d’une grande force musculaire et marcheurs infa 7
tigahlesv La couleur des cheveux et des yeux des JMesteripn*,
gépéffabttpept brune, est d’un noir beaucoup -moins foncé que
Celle des Persans ; on m’a dit même que parmi les mojite-
g nards on trouvait des individus blonds et roux. Cas points du
ressemblance desKestoriena avec les Persans n’ami pas éjbé acquis
per eux dans un -espace de -temps très-court, car quoique .leur der*
mère .arrivée dans les plaines de l’Aderbai^jan occidental ne date
que du xvi* siècle, il est incontestable que la première invasion
des BAonghols, sous .Tchinguiz, les y -avait d^jà trouvés, et que
ce sont les persécutions de Tamerlan qui les ont refoulés dans les
montagnes -du .Kurdistan,
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112 l’ethnographie de la perse.
An n6rd : des Kürde* et des Nestoriens, nous trouvons le peuple 1
Antique des Arméniens, sans le moindre doute congénère des
Iraniéns, mais fortement modifié, comme nous l’avons déjà ob-
servé, par un long mélange avec les Sémites et les Turcs. Pouè
établir le type arménien, nous n’irons pas en chercher les traits
caractéristiques parmi les populations de l’Arménie russe, turque 1
ou persane, mais nous les puiserons chez leurs compatriotes d’As-
trakhan, réfugiés au nord de la Caspienne depuis le xiv* siècle,
époque de leur émigration d’Ani, sous le règne d'Abousaid-Khen,
dernier roi Halakouide de la Perse. Entourés de populations sau-
vages et musulmanes, ils ont été isolés pendant plusieurs siècles
de tout mélange étranger et ont pu conserver ainsi leur type na-
tional dans la forme sinon primitive, du moins telle qu’elle existait
sous les premiers Monghols. Ils sont de haute taille, assez bienfaits;
mais enclins à l’obésité. La forme de la tête chez eux est décidé-
ment iranienne et dolichocéphale. Les yeux sont noirs et grands ï
mais beaucoup plus encaissés dans l’orbite que chez les Persans.
Le front est bas, le nez, presque sans aucune exception, est très-
proéminent, très-aquilin et d’une grande longueur. L’ovale du
visage chez les Arméniens est encore plus long que chez les Per-
sans. Le cou est long et sec, mais la bouche, les mains, les oreilles
et les pieds, généralement assez grands, et n’ont pas la forme élé-
gante des mêmes parties du corps chez les Persans. La peau est
blanche et fine chez les jeunes individus, mais elle est très-sujette
à devenir avec l’âge couperosée chez les hommes comme chez les
femmes, ce qui déjà a été observé par Chardin. L’illustre voyageur
attribue ce défaut à l’usage du vin, mais comme j’ai noté le
Même fait chez les villageois des hautes et froides vallées de l’Ar-
ménie proprement dite, et même dans l’Arménie persane, où
l'es campagnards ont peu d’occasion de se procurer du vin, je crois
que les habitudes bachiques n’ysont pour rien, on du moins pour
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l'ethnographie de la perse.
m
très-peu de ehose, doutant plus que chez les Persans adonnés
de père en fils à l’usage des spiritueux, comme par exemple a
Kirman, cette transforntation cutanée n’a presque jamais lieu.
- Encore plus au nord, comme nous l’avons déjà fait observer, vers
la limite nord-ouest de l’expansion des races iraniennes, se trou-
vent les Osseths. Dans la note A on lira quelques détails sur leurs
crânes, et 'je mécontenterai de mentionner ici l’impression que
m’a laissée leur extérieur quand je les ai visités dans les solitudes
élevées où ils passent leur vie à combattre les rigueurs d’une
nature inclémente et austère. Rien n’indique dans cet extérieur
leur parenté avec les Iraniens du Sud. Ils sont forts, trapus, lour-
dement bâtis, très-souvent blonds ou roux ; ils ont de petits yeux,
assez communément bleus, le nez aquilin et pointu, des oreilles, des
muins et des pieds de dimensions considérables; néanmoins ils
se nomment lron , et leur idiome porte des traces évidentes d’une
origine iranienne. Généralement d’une taille moyenne, il n’est pas
rare de rencontrer parmi eux des gens d’une stature très-élevée
et d’une force herculéenne; sobres pour la plupart du temps, ils
peuvent se permettre impunément des excès de boisson et de nour-
riture qui seraient fatals pour tout autre. Les hommes sont rare-
ment beaux, mais leurs femmes souvent sont d’une beauté presque
idéale. Ils supportent facilement toute espèce de privations. Accou-
Utmés'dès leur enfance à braver les phénomènes les plus terribles
des hautes régions alpines, ils passent d’un pied sûr au bord des
précipices les plus profonds, sous des avalanches prêtes à les en-
sevelir, et sur des terrains minés par des sources souterraines
que la moindre secousse peut précipiter dans des torrents impé-
tueux et roulant des rochers comme des cailloux. Sans le moindre
doute-, le milieu qui le* entoure influe beaucoup sur la modification
profonde qu’a subie chez eux le type iranien primitif, mais jé
erois impossible d’attribuer à cette seule cause le ch angeme n t
vui. 15
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114 L’Eiwosrurau m Là nm&
extérieur que je viens de signaler. Placés depuis des siècles en
contact immédiat avec les Lezghis, doués presque des mêmes
qualités physiques , les Osséthiens ont dû éprouver des trans-
formations radicales dans leurs traits et dans leur conforma-
tion. Mais c'est encore une question pendante et ouverte à la
recherche des ethnographes b venir. Les Osséthiens établis dans
la plaine au nord de la chaîne du Caucase paraissent reprendre
assez vite la forme du type iranien ; et il est très-remarquable,
si cela se confirme, qu’à la seconde génération déjà les nez aqui-
lins deviennent plus rares parmi eux que parmi les Osséthiens
montagnards, et que le nez droit du Tadjik reparaît chez eux,
La chaîne du Caucase a gardé encore une nationalité d’origine
iranienne dans les vallées de son extrémité orientale et dans les
plaines de la presqu’île de Bakou ; je veux parler des Tâts,
Transportés ici très-probablement de l’Aderbeidjan sous les Sas-
samdes, ils ont subi plus que tous les autres membres de la famille
iranienne l’influence des races turques au milieu desquelles ils
vivent depuis près de quinze sièeles. Ils sont de taille moyenne, ont
des figures rondes et joufflues, des yeux noirs beaucoup moins
grands que les Persans ; le cou est ramassé, le corps trapu et
«clin à l'obésité, les mains et les pieds assez petits, le teint
légèrement bistré, les cheveux noirs et assez abondants, quoi-
que beaucoup moins que chez les Persans et chez les Tadjiks. lia
sont robustes, bons travailleurs et aiment la mer, fait qui indiqué
suffisamment une modification radicale de leur nature iranienne.
Leurs voisins du Sud sont les Talyches, peuplade établie dans
le district de Lenkoran, des deux côtés de la frontière russo-per-
une Quoique ayant absorbé complètement la puissante tribu
des Kiptchaks, ils portent beaucoup- moins de traces d'une in»
fina nce étrangère que les Tâts. Comme leur dialecte et leur exté»
lieur sont parfaitement identiques avec celui des Ghilekis leurs
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115
l'ethnographie de la perse.
voisins immédiats, j’emprunterai le portrait ethnographique de
ces derniers à l’excellente monographie du Ghilan publiée par
M. A. Chodzko, dans les Nouvelles annales des voyages ( 18/i9-î850).
Nous lisons dans ce travail consciencièuxet éminemment instructif
(p. 78-79) ce qui suit : « Les indigènes du Ghilan s’appellent
» entre eux ghilec, ceux du haut Ghilan prennent les noms de
» leurs districts respectifs, comme Deilemi, ’Talychi, etc. Les
* habitants des plaines et des montagnes n’appartiennent qu’à
* une seule et même race, et la différence de leur physique
s ne doit être attribuée qu’à l’influence des circonstances lo-
» cales 'de leurs contrées respectives. La femme ghilèque, remar-
» quablement jolie, est aussi blanche et fraîche que son mari
» est hâlé et décharné; elle a les yeux noirs fendus en amande,
» des sourcils bien arqués, la chevelure noire et une bouche
9 vermeille garnie de belles dents... Le paysan ghilek est de
tr moyenne taille, les épaules et la poitrine sont généralement
» bien développées, mais il a peu d’embonpoint et son teint est
» olivâtre ou cuivré. L’expression générale de sa figure n’a rien
m de spirituel ni de méchant. On voit qu'il souffre en travaillant,
s mais qu’il est résigné et n’aspire point à une meilleure exis-
* tence. L’angle facial, le nez aquilin, l’ovale delà tête du Ghylek,
» ressemblent à ceux d’autres peuples d’origine iranienne, avec
* cette exception qu’ici on trouve plus de cheveux roux... Plus
» adroit que fort, il est excellent piéton. .. Le régime du Ghilek est
» d’une sobriété remarquable; il ne boit que de l’eau, quelquefois
» adoucie avec de la pâte saccharine ( ehiré ) du raisin. Sa nourri-
w ture consi te principalement en riz cuit à l’eau et en poisson
è salé (mahi-choùr) dont il se sert plutôt pour assaisonner son
» riz que pour sô rassasier... Chose étrange I l’usage du pain ré-
» pugne à un Ghilek pur sang, au point qu’au plus fort de leurs
0 disputes on entend souvent cette singulière imprécation : a Va-
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116
l’ethnographie or la perse.
» t-en manger du pain et crève »... De tontes le$ peuplades du
s haut Ghilan, les Galyches , ou les pâtres montagnards, pa-i
» raissenl avoir le mieux conservé la tradition du type national. »
11 me reste à parler des Mazandéraniens. Nous retrouvons en
eux le vrai type persan, la taille moyenne, une chevelure extrê-
mement abondante , d’une couleur noir de jais , la barbe trop
bien fournie , car souveut les cheveux envahissent les jouespres-
que jusque sous les yeux, qui sont grands et noirs avec de longs
cils et d’épais sourcils. Dans certains districts du Mazandéran.
on voit beaucoup de chevelures bouclées , ce qui est rare en Perse.
Le nez est aquilin la plupart du temps , mais toujours pointu
à arête bien dessinée et à racine étroite ; la bouche est petite,
les dents fort régulières et blanches. Moins fort que le Persan en
général, le Mazandéranien est bon marcheur, et dans un terrain
boisé et marécageux il ne se fatigue pas aussi vite que l’habitant
de toute autre province de la Perse, excepté le Talyche et le
Ghileki. Soit par l’effet du climat, soit par suite d’une nourriture
presque exclusivement végétale, le teint du Mazandéranien est
pâle, presque livide , ce qui fait encore plus ressortir l’éclat de
ses grands yeux noirs. Cette observation a déjà été, faite par Pietro
délia Valle (t. Il, p. 222, trad. française). Semblable au Ghi-
Iani et au Talych dans sa manière de vivre, le Mazandéranien
aime à se loger à part des autres , et cette isolation dans les bois
touffus lui donne, comme à ses autres voisins du littpral mén>
dional de la Caspienne, quelque chose de sauvage et* d’inquiet
dans le regard et dans toute sa contenance. Accoutumé dès son
plus jeune âge à combattre ses terribles ennemis, le tigre, le
léopard et le sanglier, le Mazandéranien est un chasseur intrépide
et infatigable; mais il redoute leTurcoman beaucoup plus que les
bêtes féroces, et ces hardis brigands attaquent souvent et impu-
nément en nombre très-restreint des villages entiers de Mazandé-
X
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l’bthnoçbaphie de LA P^SB. 117
ioniens et les emmènent captifs , soit pour en fairedes pâtres de
(egr^ troupeaux , soit pour les revendre à Khiya et à Sou^b^a.
Fraser (Winter journeyfrom Constantinople toTelteran, t. Il, p. 477)
e#t un des -rares voyageurs dans le Manzandéran qui ait fait quel-
ques observations sur le physique des Mazandéraniens. U dit :
a Le teint des Mazandéraniens qui restent au pied des moutagpes
». pendant la saison chaude est sans lo moindre doute plus jaune
» que celui des habitants de la haute Perse; mais néanmoins le
» peuple est, en général, fortement constitué et bien bâti, ayant
» un extérieur, d'une beauté peu commune. J'ai vu à Balfrouch
» quelques nains et quelques enfants difformes ; mais c’était une
» exception. Les entants sont très-beaux et surtout les . petites
» filles, qui se distinguent par des traits .d’une grande délica-
» tesse. » 11 confirme aussi l’observation faite par dédia Valle sur.
la beauté des femmes du pays. L’un des derniers voyageurs, dan?
le Mazandéran, l’ingénieur autrichien Gasteiger, qui a visité
eette province au mois de mai de l’année 1861 , observe, en par-
lant de la population des environs de Sari : a Tous les hommes
» ont des cheveux bouclés; ih saluent avec bonhomie et n’ont
» rien dans l’expression de leur figure de cette filouterie judaïque
» que Ton remarque chez le Persan (Reise der K. preussischen Ge-
» tandtschafl nach Persien 1860 und 1861, par von H. Brugsch,
» t. Il, p. 461). » 11 a été frappé comme son prédécesseur du
x* siècle, Istakhri, de l’extrême rapidité avec laquelle parlent les
Sfasandéraniens. Dernièrement, M. Dorn a publié dans les Nou-
velles annales des voyages un article intéressant sur le caractère
physique des Mazandéraniens et des Ghilauis. Le savant acadé-
micien de Saint-Pétersbourg confirme et rectifie en. partie, le?
informations communiquées par ses prédécesseurs, et nous ren
'Voyons le lecteur à ce travail instructif.
Ayant passé en revue sinon toutes les subdivisions de la grande
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148 L ‘ETHNOGRAPHIE DE CA PERSE.
famille iranien lie , du moins toutes ceHès qui présentent des dif-
férences physiques assez marquées pour servir à indiquer les
limites entre lesquelles oscillent les variations de leur caractère
extérieur, nous tâcherons d’éclaircir le côté historique de Petit»
nographie persanne , et voir si dans le courant des siècles les
types actuels ont beaucoup varié.
Déjà en examinant les sculptures des anciens monuments
persans , nous avons en Poccasion de remarquer que sous les
Achéménides, une certaine partie de la population de l’empire de
Cyrus avait acquis les traits principaux'qui caractérisent mainte-
nant encore les habitants de la partie occidentale de la Perse.
On chercherait en vain dans la littérature ancienne quelques faits
à l’appui de cette observation. Hérodote parle des Perses pres-
que aussi souvent que des Grecs; màis il ne nous donne aucan
détail sur leur extérieur. A peine si dans le livre VI, chap. xix,
il dit en passant que les Perses portaient une longue chevelure.'
Dtans le livre LXX1 , il observe que les compatriotes et sujets
dé Cyrus portaient des vêlements de cuir et qu’ils se nourris-
saient non de ce qu’ils désiraient, mais de ce qu’ils avaient,
car leur terre était stérile, et qu’avant l’époque de ce roi il» ne
connaissaient pas l’usage du vin. Plus loin (Kv. ill, chap. xxv),
l’illustre historien grec nous apprend que l’armée de Cambyse,
dans sa marché tué' PÉthiopie , se soutenait tant qu’elle pouvait
arracher quelque! chose de la terre, et que les soldats se nourrie
saient d'herbes. L'usage du vin s’introduisit généralement sous
Cyrua , dès que les Persans apprirent la manière de le préparer
avec des fruits du palmier, et nous voyons déjà figurer un tonneau
decétte boisson parmi les cadeaux envoyés par Cambyse au roi des
Éthiopiens (liv. 111, chap. xi); plus tard l’ivresse est devenue
même très-commune, car lès Perses ne délibéraient pour ht
première fois sur une affaire que 1 sous l’influence excitante du vin.
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l/nMOGBAraiBlDB&à’nKSE. 149
et ils reprenaient la. même discussion à jen»; Ammven âforaetiifl
«St de tous les «Meurs andaw le ptmlexplâeitèau sujet êel'extèriesÉ
dès Perses. Il dlit (irr,. 111, chép. n)<qu&totts'dat-leicorp*'Tftaigcrâ'
le teint basané ou olivâtre, le regard faosnche’, les sourcil» joints
et arqués. Leur longue barbe neabanque pas de grâce, matslenrb
cheveux Sont touffus et .hérissés. il» se livraient sans vnesuèe au
plaisir des sens, s’adressant pour satisfaire leur arflearaux deafc
sexes. Le seul régulateur de leurs repâa était l’appétit, et ils mao*
gesse nt à toute heure tout ce qui leur tombait sous la main. Leur
réserve en pays ennemi était incroyable ; Us traversaient des
vignobles et des vergers sans toucher à aucun fruit. D’après le
même auteur , rarement un Perse allait uriner debout , ou
même à l’écart, si on le voyait. A la nonchalance de leur
démarche , au laisser-aller de leurs membres , on les dirait
efféminés. « Cum tint aeerrimi belUtores » , ajoute l’auteur ro-
main. Les auteurs arabes sont beaucoup plus satisfaisants sous
certains rapports que les anciens, quoique aucun d’eux, autant
que je sache, n’ait fbitiin portrait aussi complet du Persan que
le contemporain de l’empereur Julien , usais iis voyageaint plut
souvent en Perse que les Orées et les Romains, et leurs remarques
sur les différences caractéristiques des populations qu’ils visitaient
sont plus instructives pour l’ethnographie. 1 /habitude des auteurs
o r ie n t a ux de se copier l’un l’autre nous oblige démons tenir k le
plue ancienne relation de ce genre* au livre des climats d’Istakri,
composé dans le milieu du x‘ siècle de notre ère par un Persan
voyageur, non moins intrépide que son contemporain arabe lbn-
Haukal. « Nous (apprenons de hn (trad. de Mordtmarm, p. 55)
que, de son temps comme de nos jours, la frontière de laPersè
et de la Mésopotamie était habitée par des Arabes et des Kurdes,
et que, dans le Kheuzistan (p. 58), on parlait le persan, l’arabe*
et tint, autre langue qu’il désigne par khouzi. L’extérieur des habs
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120
l’ethnographie de la perse.
tarais dé cette province était jaune et décharné, leur barbe peu?
fournie;' «tén général leurs cheveu! moins abondantai que ceuas
des antre» peuples. Le Fars, patrie de l’auteur, était si peuplé dé
Kurdes (p. 62), qu’il' renonce k les compter; ils étaient répandus!
dans toute la province au nombre de 500 000 tentes de laine. A>
Darahgnird même, il y avait peu de Persans (p. 67). Les habitant!»
des districts chauds du Fars étaient maigres, noirs (p. 70), et avaient
une chevelure peu abondante. Dans le» parties tempérées de eette
province, les habitants ont la taille élevée, la chevelure toufr
fue, èt sont très-blancs. Ils se servaient de trois langues. Le parti
était connu de tous, et on l'employait pour la conversation,
comme pour les correspondances et pour la littérature. Les
Mages qui résidaient parmi eux se servaient dans leurs écrits
du pehlevi, mais toujours accompagné d’un commentaire en
parsi; enfin , l’arabe était la langue officielle usitée dans lés
documents émanant des sultans , des chefs , des gens distingués
étdes émirs. 11 y avait aussi beaucoup d’esclaves noirs; ainsi un
certain lbn-Chirvan, riche négociant de Bàssorah, en perdfy
12 000 pendant un incendie. Les Beloudjs , alors comme aujour-
d’hui, étaient voisins du Kirman. lstakhri les décrit comme bruns
Ct maigres (p. 78), et l’on croyait qu’ils étaient d’origine arabe.
La plupart des Kirmaniens aussi étaient bruns et maigres (p. 70)-,
à 'cause de la grande chàleurde leur province. Us parlaient-persan
(p.*80), mais les habitants des monts Kofz (les Beloudjs) parlaient
en sus une autre langue. Passant au nord de la Perse , lstakhri
observe que le Modghan avait beaucoup de villages habités par
dès Mages (p. 89), que les citadins de Berda et de Chamkur sont
d’origme arménienne et qu’on las nommait, siahvatdié, ahl-e-abetfi
(peuple mélangé), qui ne valaient pab grand’ckoee et .étaient des
voleurs de grand chemin (p. 90). Les habitants -de iDeinavér
étaient plus beaux que les Hamadanis-(p. 93), et Ghehrexour était
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V
l’ethnographie de la perse. 124
habité par des Kurdes (p. 94). La langue de Deilem (GhiSan)
n'est ni le persan ni l’arabe; les habitants sont maigres, bruns,
et ont peu de cheveux; ils sont en même temps lents et indolents»
..et encore du temps d’Istakhri l’on y trouvait des infidèles nommée
Çharf (p. 97). Les habitants du Taberiatan ( Mazandéran ) avaient
la chevelqrç abondante et des sourcils épais ; ils parlaient très-
vite, et se nourrissaient de riz, de poisson, delentilles et de cannei
sucre (p. 100). Les Kurdes s’étendaient déjà à cette époque reculée
jusqu’au Khorassan, car Istakhri dit que Salèh, ville de cette
province , n’était peuplée que par des hommes de cette nation.
Le Gour, partie montagneuse de Hérat , était habité par des races
non converties à l’islamisme; leur langue différait de celle des
JKhorassaniens (p. 118). Istakhri loue beaucoup la beauté des
habitants de Boukhara (p. 125), et il dit que les Kharézmiens,
ou Khiviens actuels , parlaient une langue particulière différente
des autres , et qu’on y voyait beaucoup d’esclaves, amenés du pays
des Slaves et des Khazars, ainsi que des esclaves turcs.
. En comparant ces observations ethnographiques, recueillies
entre les années 935 et 966, au tableau que nous venons de tracer
de ceux des membres de la famille iranienne qui présentent des
différences physiques, nous verrons qu’en général leurs types
ont peu varié et que quelques-unes de ces variations s’expliquent
très-naturellement au moyen des renseignements fournis par
Istakhri lui-même. Ainsi on trouve maintenant, même dans la
partie chaude de la province de Chiraz, moins de populations à
peau noire ou foncée que du temps du voyageur persan ; mais aussi
on y rencontre beaucoup moins d’esclaves nègres et abyssins.
L’expulsion définitive des Guebres a arrêté la reproduction de l’an- 9 *
cien type national, et maintenant tous les habitants ont presque
le même extérieur que celui de leurs ancêtres sculptés sur les
anciens monuments de Persépolis Pour que la ténacité du type
vm. 16
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472
ï/ETHNOGRAPHIE m Là fgffSE.
persan soit encore plus évidente, nous emprunterons a un voya-
geur du xvi\ e siècle, au célèbre Oléarius, le portrait du persan
occidental de son temps. Il a visité la Perse en 16i7, et nous lisons,
page 462 de son voyage (édit, de 1647) : « Pour ce qui en est des*
» Persans en général, ils sont de taille moyenne, fortement bâtis;
* leurs visages sont bruns et jaunâtres; ils ont ordinairement des
• nez aquilins et proéminents. Ils portent une longue barbiche,
s mais pas de barbe. » Nous avons vu que Chardin, qui est venu
après le voyageur allemand, et Pietro délia Vallc, qui y a été
quelques années avant, parlent de l'extérieur des Persans presque
dans les mêmes termes.
Ainsi, d’après des documents datant de 500 ans avant Jésus-
Christ, de 350, de 950 et de 1635 après Jésus-Christ, nous voyons
que la physionomie générale du peuple n’a presque pas varié,
malgré l’extrême diversité des actions extérieures auxquelles les
populations de la Perse ont été soumises pendant cette longue
période de vingt et un siècles.
Cette stabilité du type dépend évidemment en partie de la sta-
bilité des propriétés physiques du milieu sous l’influence duquel
il s’est formé; mais cette raison seule ne suffit pas, selon moi,
pour l’expliquer complètement. Les plaines de la Russie orientale
et les vastes solitudes de la Mésopotamie ont certainement tout
aussi peu varié, dans la même période de temps, sous le rapport du
climat et de la constitution du sol, que les provinces occupées par
les peuples de race iranienne; comment se fait-il donc que la doiftv-
nation monghole ait laissé dans ces deux pays, jusqu’il nos jour**
des traces aussi profondes dans la conformation extérieure des
populations, tandis qu’en Perse, le passage des hordes turques
pourrait être ignoré de l’ethnographe, si l’histoire écrite ne le lui
rappelait pas? Dans la Russie orientale, comme parmi les Bédouins
des environs de Bagdad, il n’est pas rare de rencontrer des figures
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l’BIHMOGBAWHR DK Ut MME. tgj|
pl|b», des nez écraséfc.fpéwe de petite yeua». q uo i q ue placés heeiw
zontalemeot, en un. mot, presque tou» les irait» caractéristique»
du focies. djaghataï, qui, certes, n’est pas celui des Slaves ni de*.
Sémites. Au contraire, eu Perse* même à Chiraz, à Mer agis», k
Hamadan et sur la frontière occideutaleide l’empire, où, depuis les
Arsacides et sous les Seldjuukides comme sens les Halakouides, les
races turques s'établissaient de préférence, il est très-rare de ren-
contrer des individus à figure mongbole. La même observation,
s’applique avec encore plus du force à le Perse orientale là, depuis
un temps immémorial, les peuples. de. raco turque se sont ouvert un
passage vers l’Inde et ont depuis constamment occupé ce pays y
néanmoins, a Uérat, comme dan» le Séistau, dont le nom même
vient desSakes, la majeure partie de la population a gardé les traits
de l'ancien persan. Devant ces faits irrécusables, il faudra recon-
naître une nouvelle cause de conservation de type autre que l’in-
fluence du milieu. En même temps, U faudra admettre que dans 1»
race iranieune,celte cause agit avec plus d’intensité que, par exem-
ple, chez les Slaves et chez les Sé:nitesy et, selon moi, celte force
n’est autre que L'atavisme. Sanscette qualité. Userait, à ce qu’ième
paraît, absolument impossible d’expliquer la disparition du type
monghol dans la-Perse occidentale, oh, pendant huit cents ans, les
races turques r ont- toujours été dominantes). Considérablement amé-
liorées elles-mêmes au contact de la race iranienne, elle» n’ont pat
réussi à pervertir le beau, type national, dont la formation, comme
«eus l’avons vu, remonte À plus de Vingt siècles. Je suis* persuadé
que le type des Guèbres actuels, dont l'extérieur se rapproché
bçeqcoep du type primitif de la race, ne s’est pas conservé ton-
jours dans celte forme première, mai» qu’il y est revenu par l'ef-
fet de l'atavisme, dès <ÿaa les Ignicolcs se ront trouvés à l'abri «ht
mélange avec d’autres nations. Mais que ce soit l’action, du milieu
St l’effet de l'atavisme, ou oeUé première eausejokite à toute autre
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l’ethnographie de la perse.
13&
influence encore inconnue, il n’est pas moins certain que la téna-
cité du type iranien k garder sa forme une fois acquise est une
qualité inhérente k cette race, et beaucoup plus développée chez
elle que chez les antres races voisines de l'ancien monde.
La durée de la vie dans la race iranienne ne diffère pas de celle
qu'on observe, en général, parmi les nations d'origine indo-euro-
péenne. C’est encore k Hérodote que nous devons la plus ancienne
information k ce sujet. Dans le livre 111, chap. xxii, il fait dire aux
lchthyophages envoyés par Cambyse auprès du roi des Éthio-
piens, qu’en Perse, le terme d’une longue vie était quatre-
vingts ans. Ce chiffre est encore vrai de nos jours, quoique les*
cas d’une plus longue existence ne manquent pas. Sans ajou*
ter foi aux paroles de Schiltperger, serviteur de Tamerlan et de son
fils Chah Roukh, qui prétend avoir vu un santon âgé de trois cents
ans, j’ai vu moi-même, près d’Akhaltcikhé, un prêtre arménien
âgé de cent quinze ans, qui disait encore la messe et lisait sans
le secours de lunettes. En 1852, j'ai fait la connaissance d’un col-
lecteur d’impôts sous Agha-Mouhammed-Khan, qui ne pouvait
avoir moins de trente ans en 1795, et, par conséquent, devait
être âgé, k l’époque où je l’ai rencontré, d’au moins quatre-vingt
sept ans. En 1856, vivait encore k Tébriz un vieillard qu’on nom-
mait k tort ou k raison le djéloudar ou paifrenier du premier roi
Kadjar ; cet homme m’a répété plusieurs fois qu’il se rappelait
très-bien de Nadir-Chah. Or, en supposant qu’il n’eût k l’époque
de la mort du conquérant de l’Inde que trois ou quatre ans, il
devait avoir en 1856 cent quatorze ou cent quinze ans. En géné-
ral, une vieillesse avancée n’est pas une chose rare parmi les Per-
sans. Ainsi, dans une liste de vingt personnes prises au hasard,
ayant vécu en Perse entre 742 et 1528, et dont la durée de la vie
est exactement connue, nous trouvons deux centenaires, deux qui
ont vécu au delk de quatre-vingt-dix ans, cinq qui ont atteint ou
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l’ethnographie de la pbrse. 125
dépassé l’âge de quatre-vingts, deux âgés de soixante-dix, cin^
morts après soixante ans, et un après quarante (1).
' Nous' arrêterons là nos recherches sur les propriétés physiques,
des peuples de race iranienne; dans la partie historique et phi-
lologique de ce mémoire, nous les étudierons sous le rapport des
dialectes qu’ils parlent et du caractère national.
J’ai tâché de réunir dans cette partie tout ce que l’on sait dei
positif sur le caractère physique des peuples de race iranienne,
et ce tableau, aussi complet qu’il m’a été possible de le faire, n’a.
(1) Voilà celte liste extraite de.divers ouvrages orientaux : >
Uhak brahim e^Moussouli, né en Perse H. A. D. H. A. D.
(musicien) né en 425 (742), mort en 488 (803), âgé de 64 ans*
Son flls Ishak
Abou-Abdoullah Mouhammed bon Iimail
150 (767),
235 (849),
* t .
82
el Gafi, de Boukhara ....
194 (809),
256 ($69),
60
Abou-Abdoullah Mouhammed
À »
189 (804),
58
Ibn abi Tahir de Khorassan
Aboul Kassim Abdouilah ben Mouham-
204 (849),
280 (893), ’
74
med el Bagawi
214 (829),
317 (929),
100
Abou Djafer Mouhammed Tabrizi
224 (838),
310 (922),
34
Abou Bekr Mouhammed Abdouilah. • . .
Abou Maazer Djafar ben Mouhammed de
287 (900),
375 (985),
85
Balkb (astronome)
» a
272 (885),
100
Abou Àli-Sina (médecin), né à Boukhara .
373 (983),
427 (1035),
52
Abdouilah Ansari
399 (4008),
481 (1088),
80
Joussouf Hamédani
Khodja Ismail Ahmed ben Mouhammed
440 (1048),
536 (1140),
92
ben Hernié Souft
a a
441 (1049),
92
Hadji Hassan Andaki.
464 (1076),
652 (4157),
86
Imam Fakhr-Eddine
544 (4149),
610 (1213),
64
Ata-Melik Djouveini . *.
624 (4226),
681 (1282),
56
Le père de Séfi-eddine d'Ardébil
606 (1209),
673 (1274),
65
Séfi-eddine d’Ardébil
667 (1268),
735 (1334),
66
Behaeddine de Boukbara
718 (1318),
791 (1388),
70
Chah Ismail
892 (1486),
930 (1523),
47
Il ne serait pas difficile de rendre cette table be&uconp pins étendue, mais cepen-
dant, elle ne le serait pas assez pour donner un caractère de certitude aux résultats
qu'on voudrait en tirer.
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126
L’ETHNOGHAPHIE UE LA PERSE.
d’autre piérite que d’indiquer les nombreuses lacunes, que les
Voyageurs futurs auront à combler.
Les points solidement acquis à la science paraissentcomme des
Ilots dans cet océan de faits vagues et douteux. Les observation*
isolées, très-précieuses en elles-mêmes, ne peuvent acquérir une.
valeur véritablement scientifique qu’étant jointes à d’autres, ca7
pables de dévoiler l’influence mystérieuse du temps dans les trans-
formations physiques des peuples. Des mesures faciles à exécuter
et appliquées à un grand nombre d’habitants de toutes les pro-
vinces de l’empire, l’étude des raisons historiques qui amenèrent
ces populations dans les localités qu’elles occupent, et surtout une
riche collection de crânes et de photographies d’une origine au-
thentique, fourniront des documents irrécusables pour les généa-
logies des nations, et éclairciront la raison d’être de beaucoup de
faits, qui, actuellement, paraissent dépendre uniquement du ha-
sard', ou de causes inconnues désignées généralement par ce nom
collectif et obscur.
I
, i ■ ; ‘t.
%
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" ' P
• n . , -r ( ^ 't *
NOTE A
- * . ! , M < #
l
• - . ( ' )
, . , I ‘
Ayant exposé dans ce mémoire le résultat des mesures prises
par le commandant Duliousset sur les têtes d’individus vivants,
j’ai taché de montrer le parti que l’ethnographie pouvait tirer de
pareilles données recueillies avec .soin. Je me suis arrêté à. un
examen dêtailtê de la précieuse série de chiffres rapportés £e
^erse par le voyageur français, dans l’intime persuasion que là
science des races humaines ne pourra être rigoureusement basée
que sur des nombres fournis par l’observation des caractères phy-
siques dej individus vivants, tout en admettant que des mesures
prises sur des crânes et des squelettes, sont infiniment plus pré-
cises.
Riais ces dernières, je le crains, seront encore pendant long-
temps des faits exceptionnels dans la science. 11 est impossible de
supposer que le préjugé, commun à toutes les religions, consis-
tant b croire qu’on ne saurait mieux témoigner son respect pour
un défunt qu’en soustrayant ses dépouilles mortelles aux regards
des vivants, puisse être bientôt déraciné par la science. La masse
du public comprendra difficilement que la boîte osseuse du cer-
veau, ou ce cerveau lui-même, religieusement conservé dans un
musée scientifique, sont beaucoup plus à l’abri d’une application
irrévérencieuse, qu’étant enfouis dans le sol d’un cimetière, et
qu’un modeste vase de cristal du musée de Blumenbach k Goet-
tingue dont l’étiquette indique qu’on y conserve le cerveau dé
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128
l’ethnographie de la perse.
Gaus, si richement plissé, est plus éloquent qu’un somptueux
monument élevé sur sa tombe. Ainsi, les collections crâniologi-
ques seront toujours assez rares, et, dans chacune d’elles le
nombre des crânes appartenant à chaque groupe humain distinct
sera nécessairement très-limité. Autrement, des pays comme l’An-
rgleterre, la France et la Russie, ayant des possessions disséminées
-sur toute la surface du globe, devraient assigner d’immenses pa-
lais pour la conservation de nombreux échantillons de crânes de
leurs divers sujets. Ce n’est donc pas au moyen de ces collections
seules qu’on parviendra à obtenir les’ véritables dimensions
moyennes des têtes de différentes races humaines de la terre, c'est-
à-dire des chiffres indépendants de l’influence des variations in-
dividuelles et formant des véritables mesures normales ethnogra-
phiques. Ces données ne peuvent être recueillies en nombre suffisant
que par des voyageurs. Mais, je le répète, les piesures prises sur
des crânes, tout en étant moins nombreuses, sont précieuses par
leur exactitude, et donnent un moyen sûr de contrôler les obser-
vations ethnographiques recueillies dans les voyages. *
Dans ma position de chef d’une mission scientifique en Perse, il
m’a été absolument impossible de me livrer en personne à l’examen
des crânes, sans compromettre gravement la réussite de toutes les
autres recherches de notre expédition. Notre médecin, M. Bunge,
était aussi le botaniste de la compagnie, et sa spécialité l’occupait
trop pour lui laisser le temps de se livrer aux recherches ethno-
graphiques; aussi, me suis-je borné à recueillir cinq crânes guè-
bres, et à prendre des notes générales sur le caractère physique
des populations que je rencontrais et dont le présent mémoire
renferme la discussion détaillée. i;
De retour en Europe, j’ai visité six principales collections crâ-
niologiques, et j’y ai examiné les crâqes qui pouvaient contribuer
à établir l’ethnographie iranienne sur une base solide. Ces col-
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120
l’cthnogbamie ml la puise.
talion* semticelles de Huater lau collège des chirurgiens à Loti*
dsès, oelle du. Bvilish Muséum» et lapluè importante de toutes;'
•eKe.de Netley, .attachée au Royal-Victoria-Hospital près de Sou*'
thampton, connue jusqu’à l’année 1863 sous le nom de musée de
Chatham, puis la collection du Muséum d’histoire naturelle de>
Paris, la collection de Blumenbach à Goettingue, agrandie par scs
digne* successeur*!, et enfin cellé de Saint-Pétersbourg.
Je/. me propose d’exposer dans cette note' le résultat de mes
recherches^ et je profit* de cette occasion pour remercier publi-
aient les personnes obligeantes qui ont bien voulu m’accorder
toutes les facilités désirables pour profiter des trésors’ scienti-
fique? /éon&és'àiknrsl soins lédairésv Ce sont messieurs :
Le docteur Flower du Sürgeons College ; le docteur Gray et’
M. Cobùdu Briiiah Muséum, ainsi que Je célèbre orientaliste, doc-
teur Wright, qui nr’a reaonpmàndé b ses «avant* collègue* du
musée ;Ie colortel Wilbraham, C; B. y commandant de l’hôpital
royal de Victoria à Netley, voyageur distingué, explorateur de 4à '
Perse, de la Géorgie et de l'Asie Mineure, de môme que le pro-
fesseur de pathologie, William Aitkin, M. D., et M. Otto Stridin-
gor, (secrétaire de J’ hôpital» notre, saxo** président, M. Quotité-
■fit, Jo docteur ümswnil Rousseau, du Muoéum d’histoire
ducta*K#fewtaîn,pr©i**seur de soologie. à rUnâr>
vqr»i>4 de Goettingue» et MM^de Baer et Owsiannikoff, à Saintf
Pétersbourg.
-il ■*» * ’ ' U' >' > w <’
A 4^,,boi|e l ,qpaep#o4p cerveau a été étudiée dans ce* derniers*
tejppy* par.4au^4e^yeutO»et,*pu*de* points tfe vue telleuieot.dif-
fÿrenta^qn’iilan «est réoulté une grande diversité de méthodes pour i
Ig.mesqrçr. 4apa un but purement ethnographique, où d
n^, y’ugitj que, , donner ceRes des dimensions do crâne qui sont
^Fépr4*e*»ter exactement a* fermer extérieure, ih
vin? ' 17
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ISO i.’btonomahub m u mae.
me semble qu’en se lemnk d* 1» méthode reesmmendée par
M. Quatrefages k M. Duhousset; en y joignant quélques^hnea de*
mesurés que IM. deBaera> proposées datte la dernière réunion do»
«É&nielogistes allemande s Ooettingue^ en pourra awoir une idé*
anses complète de oettefeome. Ce» mesures sont : •
1. La longueur ductâneiou 4* diètnèlite anbérospoetérieer.
JL La largeur ou la distanoe rectiligne entée lee temporaux»!
lU. La hauteur distance rectiligne entre lis pjaq du trou oooi-«
pstlll et le haut du ciiâue. • : >' I - >•;
IV. Lireenférence horidontfab.’ i )* >-■»*»*• • 1 -
V. Arc médian Ion gâtudioah nuènré de- la^suture etasnle^ jupd
qu’au hord eqtémeut du trdu oceipctah
Yl. A rq yeciical* besudéi^n milieu; d’un cbndnit auditif k
l’gutre k e« passant par b-flùlbtudan pariétauxv ■
VIL La plus courte distance en ans, entre/ les lighes semi-cir-
cjqlatrae temporsles. j ^i -mr . >. •• . *• * **!•• ” «•»
.YJp. ‘ Longueur *n arc de l’os-froafal I> : 1
t * i 1 ' ’ ; )[ : | i ' t ; — ■ > * ’l *' •* *
i/aii appliqué «être méthode h la tneéui'e dé trettte*-'Sepfc Crâne»?
M'jdeBdeé a>tt in oemplaiaaneodo rèxéCOterànïa prière sur*le»cfnq
crânes guèhrdi'de 1» celbctféfi • de saifrt‘-Pétershénrg, 'dé fAdUièré
qu'en tout je^puis>contitiuniqder* leS dirhenftidns princqiates de
quarante-deux crânes.
Mon but, dans cette recherche, était non-seulement de présen-
ter au tiioyen do 'Chiffres la caractéristique dis tdïfftdeipéuplei
dé 'raèe iranienne seule, mais aussi cdlê dtesrafces : ’turqde 'ét' léihi- 1
tique, qui, ainsi (jue nous l’axons *tr, ont exerfcé aurlés/prenivèr»
dne grande influencé. Sous ce doroier rapport, j’ai pü Surtout*
profiter |de la richèstovb b collection du Muséum d’hièi'sirié iiatu:- 1
rUb on «rànes sémitiques, qui y sorit reprébnités tàM “pafrtîéhx*
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L’BpnUiOGSâpiHtyl DS iA «PAS*. ift
du* Arabes du nscd da If A fri que que par ceux des Juifs dp fppyuu
s^ey rares dans toutes les collections européenue»>fAussi je, u’ai*-
rai que peu de chose à ajouter a la table do chapitre I", ois j’ai
réuni iss mesures prises dans la collection du Jardin des plantes»
L* plus grand nombre de crânes tèuranien* ns'a été' fourni paria
collection de Blumeubach, et presque tout le reste par les colleor
tions anglaisas, sans contredit lès plus riches après celles dé
Paris, et<qui seraient encore plus -précieuses. Si k provenance des
boîtes osseuses y était aussi exactement connue qu’elle l’est pour
les pièces conservées dans la collection du Muséum d’histoire na*<
tutelle et dans telle dé GoettiugUe. PoUr plut de brièveté, je désw
gnerai dans les tables suivantes : le Muséum d’histoire naturelle,!
par MN j le musée britannique, par BM $ le collège des chirurgiens,
par CS; la collection de JNetley, par N; le musée de Blumenbaeh,
par Bl, et le musée crâniotogique de l’Académie des sciences de
Pétersbourg, par P. Enfin, les chiffres 1, H, 111, etc., désignent les
ineaures que je viens d’indiquer. Comme complément des chiffres
Consignés dans la table citée du chapitre I", je donnerai les dedx.
lé ries de mesure* suivantes, en prévenant que la moyenne est une
moyenne généasde de douze mesures.
SÉMITES.
I
U
m
IV
V
VI
VII
VUI
Iloyèrioes déi diltoetfdres
prîtes la M. N
175
m
406
500
359
323
104
‘«T,
twÿrlcn B.M. i.(
«s»
140
*29
87S
328
101
425
AMSe (S° SSM)’C. St . .
ISS
141
197
500
367
[ 1
318
110
420
lfojrMM* Se* foute me-
tarif TT.**. . «.
4 ‘
ISl.S
«M
4*3,3
S0M ,
366
321
105
4
J'observerai que le crâne assyrien est le in&ie que Celui que
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Ü2 l'ethnographie DE LA PERSE.
M. Layàrd a trouvé dans le palais de Sardanapale, et que Gliddon
a décrit dans l’ouvrage « des types humains », que j’ai cité dans
le chapitre I“. D’après lui, 1, serait 197; II, 137, et III, D53 milli-
mètres ; cette différence entre ses mesures et les miennes, provient
simplement de ce que M. Gliddon a pris les siennes sur un cro-
quis, et, malgré toute l'exactitude de ce dernier, il ne pouvait pas
lui donner la vraie dimension des trois diamètres crâniens.
, Les dimensions du crâne louranien se présentent ainsi :
TOUBANIENS.
I
II
III
IV
V
VI
vu
VIII
Turc d’Atie (n« 5563).
r as
178
ISO
1*0
524
367
341
118
138
Turc d’Oczakov (73)
(1791) Bl.
181
141
143
508
364
309,5
102
129
Id. (43) (72) B!
163
143,5
155
482
350
344
101
129
Id. (14), crâne difforme ,
la partie gauche est
plus dévelop. que la
352
105
129
droite
175
140
153
500
Z 68
Turc , crâne recueilli
dans le cimetière tutc
d'Athènes (XXI) Bl. .
165
138
143
483
341
326,5
116
118
Kirguise-kt lisait (21) Bl.
170
137
145
506
351
322
99
124
Id, (22) Bl
188
152
145
529
357
329
100
127
Moyennes
174,3
143,1
146,3
516
356,9
332
105,9
127,7
Avant de donner les mesures des crânes iraniens, j’observerai
qu’aucune collection européenne ne possédait de crâne persan
authentique avant que j’aie rapporté les cinq crânes guèbres dont
je vais citer les dimensions. 11 est vrai que dans le Muséum d’his-
toire naturelle il y a un plâtre de Persan inscrit au catalogue sou»
le n* 1301, et un buste, n° 2093; mais le seul renseignement
qu’on| possède sur le premier est qu’il a été offert par M. Retzius;
quant au second, c'est le buste de Mouhammed-Taghi, jeune
homme de Téhéran, sujet persan, envoyé à Paris il y a
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L’BTHNOfîRAPHlB DE Li PERSE. 1S3T.
quelques années pour terminer ses études, et moulé sur nature par '
M. Stafal, en janvier 1860; mais rien ne nous garantit qu’il n’ait
pas de sang sémitique dans les veines, ou qu’il ne soit pas fils dé
parents turcs de l’Aderbcidjan ou du sud de la Perse, établis danr
la capitale. Or, après que M. de fiaer a prouvé que le fameux crâne
persan de la collection de Blumenbach, ayant si souvent servi aux
ethnographes comme représentant du vrai type persan, n’était
qu’un crâne d’un sujet persan turc d’origine, on ne peut être assez
eirconspect 'a l’égard des pièces de ce genre. Du reste, voilà quel-
ques mesures prises sur le crâne n* 1301 : longueur, 169 milli-
mètres; largeur, 129; hauteur, 141. Ces chiffres me portent a
eroirc que ce plâtre n’est qu’une reproduction d’un crâne turc,
déformé par la fâcheuse habitude encore en vigueur en Perse, et
même en Géorgie, de serrer fortement la tête des enfants en bas
âge, ce qui contribue à la croissance de la botte osseuse dans le
sens vertical.
Passons maintenant à l’examen des crânes de peuples de la race
iranienne, et commençons par les Guèbres.
GUÈBRES.
I
U
III
IV
V
VI
VH
VIH
l* r crâne de Yeid P. . .
189
139
144
524
3S2
365
104
137
r — —
177
135,5
147
514
378
345
101
132
3 e — — ...
193
129
140
530
388
345
96,5
137
l* r crâne de Kirman P.
184
129
145,5
520
378
350
97,5
116
*• — — ...
185
126
139
514
377
342
100
115
Moyennes
185,6
129,7
143,1
520,4
380
349,4
99,8
127,4
En me communiquant ces mesures dans sa lettre du 1" octo-
bre 1863, M. de Baer m’écrit : « J’ai pris la distance II, un peu au-
* dessus du trou du conduit auditif. Ce n’est pas toujours la pins
» grande distance. Dans le premier crâne de Kirman, cette distance
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184 l’ethnographie, or la pose
b est sensiblement plus grande en arrière de ee conduit ; elle y «et
a au moins de 133 millimètres, a J’ai cru devoir citer ce panaage de
le lettre de l’illustre membre de l’Académie de Saint-Pétercbquig .
car dans les mesures que j’ai prises moi-même le 11 correspond
toujours a la plus grande distance entre les temporaux. Plus loin,
M. de Baer observe : « J’ai séparé un peu les crânes de Kirman
» de ceux de Yezd ; car, très-semblables entre eux, ils diffèrent de
a ces derniers par un front assez déprimé, ce qui se traduit par
a la moindre largeur de l’os frontal. Les crânes de Yexd sont
b mieux conformés dans la partie frontale, c’est-à-dire que l’angle
b du front s’élève sensiblement plus que dans les crânes de Kir-
» man; cependant, ils cèdent beaucoup pour la perfection de le
» conformation aux crânes européens de nos jours. Le visage
» aussi est plus proéminent dans les crânes de Kirman, de manière
» qu’on pourrait les nommer prognathes. Parmi les crânes de
b Yezd, les n°* 1 et 3 se ressemblent beaucoup, mais le n" 2 est
» sensiblement plus large, plus haut et plus court. »
Le crâne des Hindous vient se placer naturellement a côté de.
celui des Guèbres, et nous en allons donner les dimensions :
HINDOUS.
1
II
m
IV
V
VI
Vit
VIII
N» 5641 . C.8.
174)
129
139
474
352
3ii
tOÔ
120
’ N° 55*2. Thoug. .C.8.
«es
127
140
466
344
300
100
120
N° 5543. Hindou, delà
partie orientale de
l’Inde G 8.
ISO
147
144
SRI
382
343
99
13T
N° 3544 , jeune femme
C.S.
163
140
136
479
345
320
108
118
223 ? ...N.
ISO
125
139
490
36!
289
103
123
San»n°Chilliouwalli.N.
N° 234. Habitant dei
187
145
140
534
395
352
103
135
1 pfôvincès Orientales
de rinde N.
167
125
«45
470
322
340
«03
120
N* 249. Pariah N.
179
132
143
500
362
310
109
127
Maytimes .N.
«73,9
133,8
140,7
491,7
357,9
333,2
103,7
125
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. L'RRioeaAraiE tte t* mtM. fUr
Les ctftneBéfes Afghans m’ont #»nn^ les chifFres suivants :
AFGHANS.
I
II
m (
IV
V
1 ^ '
VI
VU
VIU
»• 5540 C
.S.
<65
134
143
-
483
337
316
108
120
H*
m
18T
142
B7t
308
110
127
R 8 224. Id. . .
.N.
175
135
137
549
351
308
118
120
N° 325. Id. . .
.N.
178
138
140
555
385
320
110
129
N° 235. Monlllh. .
.N.
165
140
129
480
389
316
100
122
N» 829
.N.
182
140
145
510
370
329
122
122
| Moyennes
...
173,7
137,3
139,3
512,8
358,7
316,2
111,3
123,3
, Les crânes des autres peuples de race iranienne manquent com-'
glétewent dans les collections que j’ai visitées, ou n’y ont que des
représentants uniques ; aussi je vais réunir les .mesures que j’ai
prises sur ces derniers dans une seule table :
NATION^.
..
11
111
IV
i i *c
V
VI
VII
VIII
-il
UM
* - * - -il
180
512
368
120
119
122
‘'ftriftémen, fapistfanns Bogda-
.
* 1
oowilz, mort en 1785, à l'Age
de 67 ans B1 .
176
127
136
' 507
350
297
100
118
J’ai trouvé dans la collection du collège des chirurgiens deux
crânes inscrits dans le catalogue sous les n" 5559 et 5560, dont
le premier doit appartenir à un musulman du Behar, et l’autre à
(4) Cette intéressante botte osseuse, unique en Europe, est malheureusement très-
détérioréo. La base du crâne manque complètement, et le temporal droit est si
endommagé que je n'ai pu mesurer que la moitié gauche de l'arc vertical lalitu-
dinal.
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ii* l'himogaaphie de u. peuse.
un musulman de Dplhi. Si, comme il n’est pas imposable, ces
deux individus sont des descendants des conquérants monghols
Tenus dans linde avec Baber ou pendant le règne d’un de ses hé»
fitien, ils sont intéressants comme spécimens des transforma-
tions subies par le crâne touranien par suite de mélanges avec
des individus de race iranienne, sous l’influence du milieu in-
dien ; , '
NATIONS.
1
II
III
IV
V
VI
VU
■ ■ 1
VIII
N® 5550. Musulman du Behar.
C.S.
187
1Î5
1S3
sto
367
■pït ,i - i
905
103
fvjj
N* 5160. Musulman de Delhi.
C.S.
160
130
136
*73
340
317
410
H
lia première de ces boîtes osseuses a tout à fait le caractère duj
crâne iranien, tandis que la seconde se rapproche beaucoup plus
du crâne hindou ; mais l’os frontal est plus déprimé<et plus i large!
entre les lignes semi-circulaires. En général, toute la tête a moins!
de c^paçjté que chez les individus de race hindoue.
Four mieux comparer entre elles ces différentes formes de;
crânes, réunissons les moyennes que nous venons d'obtenir dans
une seule table :
* . t ■ - - » l
t * * i
’ ‘ ' * ■ * . t f i * . . i
. l
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L’EXBNOOKABBIE de LA PESEE.
1W
NATIONS.
Longueur.
Largeur.
Hauteur.
Circonfé-
rence
horteon-
tale.
Are médian,
de la
suture nasale
Jusqu'au
trou
occipital.
Are vertical
du milieu
d'on conduit
auditif
à l’autre
par le milieu
des paridtaux.
La plus
courte
distance
entre
les lignes
semi-
circulaires
temporales
ùmgneur
de l'os ’
frontal
en arc.
Sémites . . .
181,3
139,3
133,3
509,3
366
321
105
124
TonrankDs,
174,3
143,1
146,3 !
516
v 356,9
832
105,9
127,7
Guèbres. . .
185,6
139,7
143,1
530,4
380
349,4
99,8
127,4
Hindous. . .
173,9
133,8
140,7
491,7
357,9
333,2
103,7
125
Afghans. . .
173,7
137,3
139,3
512,8
358,7
316,2
111,3
133,3
Si nous voulions décrire d’après ces chiffres les différentes formes
des crânes dont ils donnent les dimensions, nous devrions répéter
ce qui a été déjà dit à ce sujet dans le chapitre I ,r ; or, comme les
résultats que nous y avons exposés ont été obtenus exclusivement
à l’aide des mesures du commandant Duhousaet, œlanoo-seule-
rnent prouve l’exactitude des données rapportées de Perse pâr
le voyageur français, mais ce résultat établit aussi d’une manière
évidente l’utilité ethnographique de pareilles mesures prises sqr
des têtes d’individus vivants.
Pour conclure, nous réunirons dans une table les mesures des
trois diamètres de la tête que nous extrayons du mémoire du com-
mandant Duhousset, et dont nous n’avons donné que les moyennes
dans le chapitre I".
VIII.
18
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«SS
fi’srmnMiArau w la pbbse.
NATION AUTSB.
NOUS
DES SKOIVIOUS.
1
L0H6USUB
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LA1GSUB.
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Hindou .
■ i
/Ifooiuai, âgé de 22 ans
i On Delhi, — AS—
füoitîttni, — 20 —
Lukoowi,’ — 40 — • • * . •
iLahonri, — 3| — *.«»
PiehwraH, — SI — .
' Halderabidi, — 20 —
\ t ïd. 4è —
195
195
195
203
213
197
179
191
149
140
150
»
144
153
147
136
108
96
102
»
100
9é
106
97
f Kabouli, âgé de 35 ans. ......
185
141
98
Kandahan, — 25—
191
150
95
| U. - 20 - ,
182
137
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148
106
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137
103
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193
147
104
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195
152
105
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[Gnèbre de Yezd, âgé de 22 ans.
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136
103
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138
100
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Id. — 30 —
195
142
110
Amonli (llazand.), âgé de éOaos..*. ....
173
152
102
Persans de Tin-
i Savat Konhi (ld.), — 25 —
175
155
110
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Red*, —
197
152
110
Perse** . • • •
| tatrAhflrii, — 45 — . .......
183
151
107
Koramabadf (Mat.), — 3ë —
182
160
109
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185
165
103
i ld. rit Sonidibonlag > 31 — . .......
193
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171
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103
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157
103
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188
150
94
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mm
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110
| Bakhtfarl
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165
100
i ld. de Zerdkonh, âgé de 30 ans.»»*.
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»
[ ld. de Louristan..
m
163
110
190
154
109
Téhéran!* • . . . .
[ Mouhammed Taghi
200
164
128
r Goeklan, âgé de 56 ans
187
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101
Id. — 30 —
200
mm
113
) Tnrcoman de Khira
192
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110
Turc»
i Khoili, .âgé de 50 en*
197
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116
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187
152
116
.Marandli, — 60 —
194
145
90
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\
L’BTHROGRAPHIE DE tA PERSE. 139
N’ayant trouvé, dans aucune collection, des crânes d’Osséthiens,
j’ai profité de l’occasion que j’ai eue l’année dernière pour prendre
les dimensions de 1» tête chez quatre individus vivants de cette
nation. Ces mesures m’ont donné les chiffres suivants :
NOMS DES INDIVIDUS.
I
n
111
IV
V
VI
VII
"
Bek Mourra, âgé de 24 tôt
Mootaou, âgé de 39 ans, taille
4634 millimètres
Khansief, âgé de 35 ans, taille
4 556 millimètres
Begfai, Agé de 24 ans * . .
Moyennes
189
178
201
185
454
462
158
459
146
444
438
454
576
560
588
570
390
327,5
384
362
379
374
374
394
129,5
lit
424
429
488 . 457,5
144 | 573,5
358,4
379,5
426,4
En général, les Osséthiens ont la tète longue à occiput plat ;
leur firênt est élevé, et l'os occipital large et plat, en sorte que,
vos de profil, les contours de ces têtes forment des parallélo-
grammes allongés-
Je terminerai cette notera faisant observer queles mensurations
de la tête que je propose, non- seulement sont d’une exécution facile
en pratique, mais que leurs résultats sont tous réductibles aux me-
sures prises sur des crânes, à l’exception de la hauteur, qui, chez
un vivant, ne peut être rapportée au plan du trou occipital. Mais
comme l’ouverture du conduit auditif qui sert de point d’origine à
cette hauteur chez l’homme vivant occupe presque la tnême place
dans le crâne, il serait très-facile de transformer ces deux hauteurs
l’une dans l’autre, en ajoutant ou en retranchant à la valeur d’une
d’entre elles l’élévation verticale moyenne du trou de l’oreille sur
le plan du trou occipital, si cette moyenne ne variait qu’en passant
d’une race â une autre ; mais il n’ea est pas ainsi, comme on peut
le voir par les mesures suivantes, prises sur les crânes de la col-
lection de Saint-Pétersbourg. E désigne l’élévation verticale de
l’orifice du conduit auditif au-dessus du plan du trou occipital.
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l’ethnographie de la perse.
160
NATIONS.
Javwuu. . « , . n®* 40
— 41
TaUres de Khiva. . 1
— d« Kbokand 8
— de 81
— — ancien .... 81
— _ — — . 81
— de Blasait «85
fataro-Aanois : Becbkica .... 87
- - 88
— — 80
— — 00
— Tchotivache» ..... 85
— Theremieeea de Rata.. 84
— Ifeatcheriaks. 86
Onèbrea de Yezd .........
Gudbraa de Kirmao.
Nous voyons ainsi que les variations de É sont assee cdhsidé-
rables, car leurs valeurs oscillent entre 26,5 et 5,0 millimètres.
Même dans une race donnée, elles diffèrent quelquefois les unes
des autres de il millimètres ; et quoique ce dernier nombre ne
dépasse, pas les variations ordinaires des autres dimensions de la
tête chez les individus appartenant à la même race, il est évident
qu’il faudrait prendre beaucoup plus de mesures de ce genre pour
arriver à des moyennes dont les écarts de la valeur maximum et
minimum de E soient assez petites pour qu’on puisse les négliger,
et adopter cette moyenne comme une constante, propre à être
ajoutée a la hauteur de la tête de l’homme vivant, pour la réduire
à la hauteur de la boîte osseuse.
HH.
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TABLE DES MATIÈRES
*
INTRODUCTION.
Impossibilité de se borner au Khorassan pour établir le caractère ethnographique des
populations qui r habitent, p. 3. — Nécessité d’étudier la question ethnographique
de la Perse dans toute l’étendue de la région occupée par la race iranienne, 4. —
Nouveauté du sujet, 4. — Insuffisance des résultats obtenus par les auteurs qui
ont traité cette question, 4. — Causes principales de cette insuffisance : a.) Ma-
nière erronée d'envisager les relations de voyages ; b.) difficultés réelles du sujet ;
c.) rapports qui existent entre les voyageurs et la science ethnographique, 24 . —
Critique des appareils employés dans les recherches ethnographiques, 26. — Diffi-
cultés de représenter exactement, par un dessin fait à la main, le type d’une natio-
nalité autre que celle du dessinateur, 28. — Nécessité de remplacer ces dessins
par des moulages ou par des photographies, 29. — Immense avantage de la mé-
thode héliographique sur le moulage direct, 29. — Conclusion générale, 30.
CARACTÈRES PHYSIQUES DE LA RACE IRANIENNE.
Nécessité d’admettre l’existence d’une race primitive, 34. — Difficulté d’en retrouver
les traces parmi les peuples de race iranienne, 35. — Indications à ce sujet fournies
par les plus anciennes traditions de ces peuples, 35. — Le Vendidad, le livre des
Rois, l’inscription de l’obélisque de Nimroud, 36-42. — Traditions des différentes
populations établies sur les limites de l’habitation des Iraniens concernant leur ori-
gine, 40. — Les habitants de la Transoxiane, les Kafirs Siahapouch, les Bekradjs. les
Osséthiens, 40. — Endroit probable de la première formation des Iraniens, 44. —
Nécessité d’appuyer ce résultat théorique sur des faits matériels et existant de nos
jours, 45. — Ancienneté de l’opinion que les Guèbres sont les restes des anciens
Persans, 47. — Observation de don Garcia Figueroa à ce sujet, 45. — Opinion
de Chardin, 47. — Critique de cette opinion par Prichard, 48. — Manière erronée
de ce savant d’apprécier la valeur ethnographique de bas-reliefs des anciens monu-
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U2
TABLE DES MATIÈRES.
ments persans, 54 . — Application des études crâniologiques à l’ethnographie, 53.
— Opinion de M. Eckert, 53. — Travaux de Retzius sur l'ethnographie asiatique,
55. — Opinion de M. de Baer sur le crâne iranien, 57. — Conformité de cette opi-
nion avec les résultats des mesures du commandant Duhousset, 58. — Tables des
valeurs moyennes tirées de ces mesures, 59. — Discussion de ces moyennes, 60. —
Crâne persan dans l’antiquité, 63. — Opinion d’Hérodote à ce sujet, 63. — Expli-
cation de son étrange assertion sur la nature de la botte osseuse de ces crânes, 64.
— Crânes iraniens et sémitiques d'après les bas-reliefs de Behistan et de Chapour,
65. — Degré de confiance que mérite l’exactitude des artistes persans lorsqu’ils
reproduisaient des types des nationalités étrangères, 67. — Résultats fournis par
l'examen d’un des bas-reliefs de Behistau, 67. — Caractère du crâne sémitique
d’après les pièces conservées au Muséum d’histoire naturelle, 70. — Bas-relief de
Chapour, 72. — Récapitulation sommaire des résultats obtenus, 73. — Erreur de
Chardin et de ses contemporains sur la cause de l'amélioration du sang des Persans,
73. — Tableau des intlaeoces étrangères sur les populations de la Perse depuis
Alexandre le Grand jusqu’à nos jours, 74. — Tadjiks et Tats, 77. — Les anciens
connaissaient-ils les Tadjiks? 78. — Les Chinois sont les premiers qui donnent des
renseignements positifs sor ces Tadjiks, 78. — Détails sur les Tadjiks d après les
annales chinoises, 78. - Exactitude des renseignements fournis par les Chinois
sur la Perse de l’époque des Sassanides, 80. — Manière erronée d’expliquer l’ori-
gine des Tadjiks, 87. — Pourquoi les Tadjiks eux-mêmes prétendent descendre des
Arabes, 87. — Notions sur les Tadjiks fournies par Elphinstone, le baron de
Meyendorf et le lieutenant Wood, 93. — Mes propres observations sur les Tadjiks,
103. — Caractère physique des Tadjiks, 103. — Les üératiens et les Djemcbidis,
104. — Variation du type persan primitif: chez les Afghans, chez les Beloudjs,
chez les Persans occidentaux, chez les Bakhlyaris, les Kurdes, les Nestoriens,
les Arméniens, les Osséthiens, les Tats, les Talyches, les Ghilaniens, les Mazan-
déraniens et les habitants du khorassan, 105. — Renseignements des auteurs
anciens et des auteurs arabes du moyen âge sur l ethnographie persane, 118. —
Tableau ethnographique de la Perse extrait de l’ouvrage d’Istakhri, 14 9. — Stabilité
du type persan, 4 24. — Hypothèse pour expliquer cette stabilité, 4 22. — Lon-
gueur de la vie chez les peuples de race iranienne, 4 24. — Conclusion, 125. —
Note A, 427.
PIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.
Paris. — Imprimerie «le E. Martinet, rue Mignon, 2.
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Pari». — Imprimerie di* E. MartïNft, rue Mignon, 2.
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